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Juin
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A Marie-Georges et Olivier : paroles… et actes!





Deux éléments m’ont paru manquer, dans le débat référendaire de la semaine dernière : votre crédibilité et les nouveaux entrants dans l’Europe.

Quelle crédibilité avez-vous, lorsque vous nous annoncez,avec le non,des lendemains qui chantent?

Madame, vous êtes communiste : vous portez le nom d’un régime qui a suscité un grand espoir, qui s’est effondré dans l’horreur de ses crimes, la privation de liberté et l’appauvrissement des peuples qui l’ont vécu. Que nous proposez vous aujourd’hui? Vous vous dites européenne, mais vous et votre parti avez milité contre toutes les étapes de l’essor de l’Europe. Vous susciteriez un grand élan populaire? Contre l’immense majorité des syndicats européens, contre les pays de l’Est, qui ont tant aspiré à quitter l’empire soviétique pour rejoindre la maison commune? Pour quoi faire? La vérité, c’est que vous n’avez aucun plan B et que votre ritournelle -généreuse et sympathique au demeurant- est bien loin d’un programme à soumettre aux peuples européens.

Monsieur, que nous proposez-vous, avec une incontestable éloquence? Remplacer le capitalisme -dont les soit-disant communistes chinois sont les hérauts les plus efficaces- par la révolution communiste? Les peuples n’en veulent plus. Est-ce un nouvel avatar séduisant de cette idéologie? Vous proposez de donner sans délai le SMIC français aux polonais : ils savent bien que ce serait ruiner leur pays, alors que l’entrée dans l’Europe leur permettra d’y accéder dans un certain nombre d’années, comme les espagnols et les portuguais.

Quittons le protectionnisme réactionnaire que vous nous recommandez, hélas!… comme l’extrême droite! Ecoutons les nouveaux entrants que sont les pays de l’Est, qui ont choisi, entre le communisme qu’ils ont vécu, eux, et l’Europe que vous décriez tant. Leur enthousiasme, leur espoir, leur richesse qui s’accroît, fruit de leur travail et de leur liberté nouvelle, vous montrent le chemin, à vous qui voulez encore travailler moins et protéger nos privilèges. J’ai honte du refus des français de travailler un jour de plus pour les handicapés et les personnes âgées.

Si la France va moins bien, qu’elle ne s’en prenne pas à l’Europe : que serait notre agriculture sans elle? Qu’elle saisisse la chance d’une avancée qui s’efforce de remédier aux injustices du capitalisme par plus de démocratie, au prix, c’est vrai, d’un effort de travail et de générosité. Qu’elle tourne le dos à ceux qui n’ont rien à lui proposer que démagogie et négativisme et n’aboutiront, en voulant sanctionner le gouvernement, qu’à faire sanctionner notre superbe par des peuples qui perdront ainsi confiance dans notre pays . D Strauss-Kahn l’a dit avec pondération, écoute et respect de l’interlocuteur… et arguments à l’appui. Lui était crédible.







L'autre monde | Thème liquide par Olivier