19
fév
11

Ca finira mal?





Petite note de réflexion du féroce Médorius à propos de notre cher Sarko. Je précise que je ne partage pas complètement ce point de vue mais comme ce blog est un espace de liberté, chacun est libre de s’y exprimer…

La prévision de François Léotard se vérifierait-elle ?

Le chef de l’Etat avait fait, de l’avis – presque – général, une campagne brillante. Il est vrai qu’avec une adversaire aussi instable, il avait quasiment course gagnée.

Il est aussi peu contestable que sa volonté ait permis d’indispensables réformes, dont certaines ont réussi: l’université, le service minimum, certaines réductions des dépenses publiques (l’armée, par exemple, le regroupement des tribunaux, une partie des niches fiscales), la réduction des taxes sur les entreprises, l’entrée au gouvernement ou à des places éminentes de nombreux et talentueux hommes de gauche (D Strauss-Kahn, JP Jouyet, M Rocard, D Migaud), une bonne présidence de l’Union Européenne et le traité de Lisbonne, sans lequel la situation aurait été encore pire.

Il est symptomatique que l’excellent Didier Migaud ait récemment, à la tête de la Cour des Comptes, recommandé une accélération dans la réduction des dépenses publiques, pour réduire la dette, ce que jamais la gauche n’a eu le courage de recommander, recrutant au contraire, comme jamais, des fonctionnaires des collectivités locales, dont la pertinence reste souvent à démontrer, mais non le coût !

Il est vrai que la crise n’a pas arrangé les choses.

Il y a une réforme qu’il n’a pas faite, à grand tort, à mon avis: réformer l’école primaire, en dédoublant les classes de CP, en restaurant l’apprentissage de la langue française et des mathématiques, en fixant, comme il en a la marotte, une obligation de résultat. Il aurait évité de toucher à l’enseignement secondaire, mieux doté l’école primaire, évité le non-remplacement d’un enseignant sur deux, exception légitime. Il avait des chances d’ébaucher une grande réforme, la plus essentielle probablement. Evidemment, le résultat était à plusieurs années, mais le jeu en valait la chandelle!

Las, c’est le comportement de Nicolas Sarkozy qui éloigne un nombre croissant de Français. Il est si impulsif, si provocateur et maladroit, si inattentif au ressenti et à l’opinion de l’autre, que le voila rentré dans un cercle vicieux infernal. Dès qu’il cède à sa nature profonde, il est attendu au tournant, suscite une levée de boucliers, qui l’amène soit à reculer = défaite, soit à surenchérir = défaite encore pire. Peu à peu, ce jeu pervers (en a-t-il bien conscience?) le discrédite, détruit la confiance, démobilise jusqu’à ses électeurs, souvent pour des motifs qui ne méritaient pas tant d’affrontements. Certains commencent à dire qu’il ne se représentera pas. Et peut-être est-ce mieux. Si la volonté et le courage réformateur sont indispensable, ils nécessitent aussi la confiance du peuple, faute de quoi l’échec est au bout du chemin.

On se plaît donc à imaginer un deuxième tour Fillon-Strauss-Kahn et un retour de la dignité du débat. De Gaulle ne disait-il pas à ses ministres: “Ayez le sens de la dignité de votre fonction!”





Un commentaire pour “Ca finira mal?”
  1. Effectivement, pour la réforme du primaire, M.Sarkozy aurait du s’abstenir. Voir mon blog. Les regroupements d’humains dans les grandes villes ne donneront rien de bien : toutes les grandes villes du monde connaissent systématiquement les mêmes problèmes: chômage, délinquance, drogue. C’est incroyable que les hommes politiques soient aveugles à ce point mais ces élites ne voient sûrement que leurs intérêts personnels et se fichent des conséquences pour le peuple.



L'autre monde | Thème liquide par Olivier