26
Nov
07

Capital sur l’immigration





Capital

Hier soir, j’ai regardé l’excellente émission Capital sur M6. Je suis assez fan des émissions de reportages du dimanche soir sur M6. C’est toujours un moyen d’apprendre des choses, d’avoir un autre point de vue sur la réalité. Et puis, vu la prestation du PSG à Nice, je n’avais pas vraiment de raison de rester sur Canal +. Le thème de l’émission était l’immigration clandestine en France. Brice Hortefeux était présent sur le plateau pour commenter les reportages et répondre aux questions. Il a été assez malmené par le présentateur et a failli commettre quelques dérapages sémantiques.

Au niveau des reportages, j’ai été très étonné du coût des expulsions. Cela coûte un argent fou à la société (apparemment plus de 10 K€ par reconduite entre les billets d’avion et l’escorte). La procédure administrative est extrêmement lourde. Le vrai problème du système actuel est qu’il coûte très cher et qu’il n’est pas vraiment dissuasif (ils montraient un clandestin qui organisait son retour avant même son expulsion).

Entrer sur le territoire français sans disposer des papiers est un délit passible de la prison. Le reportage ne parlait que de reconduites à la frontière souvent sous un angle polémiste à tel point que parfois, on avait un peu l’impression que c’était le jeu du chat et de la souris avec des policiers qui vident à la petite cuillère un océan qui ne cesse de déborder sans une réelle possibilité de modifier durablement la situation. Je ne sais pas si le fait de mettre en prison les clandestins avant leur reconduite à la frontière serait très utile mais cela serait peut être mieux que ces centres de rétention administrative qui sont des prisons sans en être vraiment ce qui fait que dans la tête du clandestin, c’est un peu comme le terminal avant le décollage mais pas vraiment une sanction.

Et puis, il y a cette grande ambiguïté française sur le chômage. Il y aurait plus de 2 millions de chomeurs en France. Pourtant 350.000 emplois seraient occupés pas des clandestins et 500.000 emplois seraient à pourvoir dans un certain nombre de métiers « difficiles » (BTP, restauration, …). Le plus terrible dans la situation actuelle, c’est que ceux qui font tout le processus pour travailler de manière légale en France rencontrent de gros problèmes de chômage (22%). Il était d’ailleurs suggéré qu’il était plus simple de trouver un job en étant clandestin plutôt qu’en situation régulière.

Je crois qu’il est temps de regarder la réalité en face. Nous ne sommes plus au « temps béni des colonies » où l’on utilisait une main d’oeuvre bon marché pour des travaux pénibles. La France ne peut plus se permettre de laisser rentrer sur le territoire des personnes à qui elle n’est pas en mesure d’offrir un emploi et une situation stable. C’est comme cela qu’après on se retrouve avec des sans papiers qui dorment dans la rue. Laisser venir des gens juste parce qu’ils répondent à un besoin que l’organisation locale actuelle du travail n’est pas en mesure de combler me semble immoral et injuste vis à vis de ces personnes. On leur fait miroiter un eldorado alors qu’en réalité, ils vident nos poubelles et ravalent nos immeubles à peu de frais pour le compte de patrons véreux. Et tout cela pourquoi? Parce que l’on n’arrive pas à trouver en France parmi les 2 millions de chomeurs des personnes capables de faire un travail que des étrangers sans aucune formation arrivent à faire. Quelle différence entre nos chomeurs et ces clandestins? La faim peut être. Certains ont faims de vivre, envie de s’en sortir et feraient n’importe quoi pour y arriver. Les autres ne souhaitent pas faire ces métiers et préfèrent attendre qu’une hypothétique place se libère comme conservateur de musée suite à leur formation d’histoire de l’art qui est bien connue pour générer des chomeurs en puissance faute de pouvoir leur offrir des débouchées. Je n’ai rien contre les gens qui suivent des études d’histoire de l’art mais bon, l’histoire de l’art, c’est un hobby bon pour son temps libre, il y a peu de possibilités de pouvoir en vivre. C’était juste un exemple et je ne veux pas non plus généraliser. Mais il faudrait quand même qu’à un moment, on fixe des quotas pour toutes les formations et qu’une sélection s’opère dès la troisième pour diriger vers les filières professionnelles ceux qui ne pourront trouver un emploi via une filière générale complètement obstruée. Il faut fixer un numerus clausus réaliste pour chaque filière à l’université comme cela se fait déjà pour certaines filières.

Ce n’est pas un diplômé d’histoire de l’art qui va réparer les problèmes de plomberie. Et pourtant aujourd’hui, il y a plus de problèmes de plomberie à régler que de musées à gérer. On voit bien là qu’il y a une inadéquation forte entre la formation des ressources et le marché de l’emploi qui pousse la France à laisser ses portes entrouvertes à des clandestins à qui elle n’a rien à offrir d’autre que le retour au pays au bout de quelques mois ou années à trimer dans le froid. Alors posons nous les bonnes questions? Qu’est ce qui est le plus inhumain? De laisser rentrer ces étrangers en leur laissant croire qu’ils pourront rester ou de les empêcher et les dissuader de venir car il n’y a pas de possibilité? Je crois que la seconde solution est la plus réaliste et la moins immorale. La France doit régler l’inadéquation entre ses chomeurs et le marché de l’emploi plutôt que de vivoter sur une ambiguïté qui coûte chère et donne une image peu reluisante de notre pays. Une terre d’accueil n’est pas celle qui te laisse venir et te renvoit chez toi au bout de quelques temps. Une terre d’accueil te laisse venir si elle peut t’offrir une vraie perspective à long terme.





5 commentaires pour “Capital sur l’immigration”
  1. Gilles dit :

    Bon OK, on ferme les études qui n’aboutissent à rien.
    Mais heu… tu vas, le fusil à la main, envoyer ces étudiants en BEP ou CAP plomberie de force ? 😀

  2. Olivier dit :

    J’ai pas dit qu’il fallait les fermer, j’ai dit qu’il fallait instaurer des numerus clausus. Cela sert à quoi de laisser des milliers d’étudiants se former sur un domaine qui n’offre que quelques dizaines de poste?

    Quand aux BEP et CAP, je pense que si on en parlait plus positivement et qu’ils étaient présentés dans les collèges, il y aurait plus de candidats… Ces formations ont été longtemps dénigrées alors qu’elles offrent des jobs stables et rémunérateurs.

  3. Gilles dit :

    Ce ne sont pas des vases communiquants et il y a plus de postes libres dans ces métiers « dénigrés » que d’étudiants en voie de garage…
    Same player shoot again 😉

  4. Olivier dit :

    2 millions de chomeurs et 500.000 emplois à pourvoir… Cela fait déjà 500.000 chomeurs de moins potentiellement.

  5. cocoan dit :

    Dans les stations de ski, les restaurateurs, village de vacances embauchent des africains (marocains, tunisiens, algériens…) qui ne connaissent pas les termes ni la cuisine.
    Ils viennent et retournent chez eux en avion tout frais payé. Ils sont payés comme les français, nourrit, logés, blanchit, ils ne dépensent rien. Leur salaire va directement au pays. De plus, certains inventent un enfant non né pour bénéficier des allocations et ça marche.
    J’en suis témoin.
    L’état ferme les yeux, alors que de jeunes français cherchent désespérément du travail en station de ski.
    C’est HONTEUX. Un jour, l’immigration nous prendra tout, nous perdrons notre liberté, et nous serons obligé de nous plier à leur religion…. Ils sont de plus en plus nombreux en France, et ça viendra mais ce sera trop tard, les français ferment les yeux. Nos prisons sont pleines de cette immigration qui nous coute très très cher. Plutot que de manifester pour des bêtises, nous ferions mieux de manifester pour ces choses qui prennent de l’importance.



L'autre monde | Thème liquide par Olivier