1
Oct
08

C’est après la guerre qu’on compte les morts





Actuellement, le monde est secoué par une crise financière, c’est une véritable purge du système bancaire qui est en train de se produire. Ce n’est jamais drôle mais je ne vais pas pleurer sur le sort de ces analystes financiers qui passent leur temps à faire et défaire le cours de bourse de certaines entreprises les mettant ainsi en grande difficulté parfois pour des raisons infondées.

Le plus grave, c’est de voir que certains analystes étaient payés pour orienter leurs analyses. On comprend vite pourquoi. En effet, quoi de mieux pour une entreprise A que de faire chuter le cours de bourse de son concurrent B? En faisant cela, il oblige B à prendre des mesures pour faire remonter ce cours de bourse afin de satisfaire les actionnaires. Ces mesures prises dans l’urgence ne sont souvent pas compatibles avec un développement serein à long terme de l’entreprise. Ainsi, on voit de grands patrons céder aux pressions du marché et arrêter ou brader des gammes de produits, vendre,fermer ou délocaliser des usines et licencier des employés alors que tout va bien et qu’il faut juste être patient.

On le voit bien, il y a un gros conflit d’intérêt entre la volonté du marché qui est une rentabilité forte et rapide à court terme avec les contraintes d’une entreprise soumise à des cycles, des hauts et des bas, qui doit surmonter les difficultés tout en restant armée pour les jours meilleurs. Prenons l’exemple de l’arbre qu’on taille, plus on le taille et plus il mettra de temps à redevenir grand et fort. Pourtant parfois, une bonne taille est nécessaire pour en retirer les branches mortes et permettre au bois vert de s’épanouir. Mais il faut trouver le juste milieu, celui qui permettra de mieux repartir tout en hypotéquant par les chances de succès du lendemain car sinon, on restera dans une course permanente à la bonne taille. L’arbitrage est d’autant moins évident que l’on a sur le dos la pression du marché.

L’histoire montre que demain ne ressemble pas forcément à aujourd’hui et que l’évolution du contexte peut représenter une opportunité à laquelle il faut se préparer. Le meilleur exemple en est Alstom, en grande difficulté en 2003, et aujourd’hui redevenue un fleuron de l’industrie française. Au passage, l’Etat a fait une très belle plus value en quelques années en entrant au capital dans un moment difficile. Je ne connais pas le détail de la situation de Dexia mais on peut penser que la présence de trois Etats au capital est une sérieuse garantie de pérennité et donc on peut espérer à terme une belle plus value même si le rôle des Etats n’est pas de spéculer sur des entreprises en difficulté.

J’étais amusé par le ton du ministre du budget hier qui disait : « surtout, ne retirez pas votre argent de vos comptes en banque ». Il est sûr que si les français, pris d’un vent de panique, retirent leurs économies, un certain nombre de banques vont se retrouver au plus mal très rapidement. Cependant, je ne suis moi même pas particulièrement rassuré. Certes il existe un fond de garantie mais il ne rembourse pas plus de 70 K€ (c’est déjà pas mal me direz vous) et je me demande dans quelle mesure il pourra jouer si trop de banques mettent la clé sous la porte. Enfin bon, nous n’en sommes pas encore là.

Tout cela doit nous faire réfléchir sur la grande dépendance de l’Europe vis à vis des Etats Unis. Il est quand même très embêtant que lorsque les Etats Unis toussent, l’Europe s’enrhume. J’ai une petite pensée pour ce pauvre W qui avait la tête des mauvais jours après le rejet de son plan de sauvetage, la fin est bien difficile pour lui, telle le réveil au petit matin après une bonne cuite…





3 commentaires pour “C’est après la guerre qu’on compte les morts”
  1. Gilles dit :

    Moi, ce qui me fait marrer, c’est que beaucoup, genre toi Olivier :), ont longtemps sorti des discours sur le capitalisme avec un marché qui s’auto-régule.
    Heureusement que je m’auto-régule pas comme ça, sinon bonjour les dégâts.
    Et on va nous dire qu’il faut renforcer les contrôles ? Ben déjà faire en sorte que les existants soit respectés…
    Mais bon, d’ici quelques temps tout le monde va tout oublier et on va recommencer pareil, à investir sur du vent…
    Au final, qui paye : le contribuable.
    Vais jouer en bourse sans filet tiens, combien de temps avant de payer la casse ?

  2. Olivier dit :

    Euh je me souviens pas d’avoir tenu un discours sur le fait qu’il n’y avait aucun problème avec le capitalisme…

    Aucun système n’est idéal mais le capitalisme est le moins mauvais de tous 😉

    Après, en matière d’investissement, le meilleur contrôle est celui que chacun s’impose. En ce qui me concerne, cela fait bien longtemps que je n’investis plus un seul euro en bourse, beaucoup trop soumis aux aléas divers et variés.

  3. seb du massif central dit :

    le système idéal c’est la démocratie qui peu maitiser le capitalisme.



L'autre monde | Thème liquide par Olivier