28
Nov
09

Comment gagner la bataille de l’emploi?





De gauche comme de droite, ils ont tout essayé pour relancer l’emploi en France depuis 30 ans avec peu de succès. Pourtant, des solutions existent mais il faut prendre conscience que c’est notre modèle social qui est en cause. A trop vouloir créer de la sécurité, on a engendré beaucoup de précarité.

Aujourd’hui, lorsqu’une entreprise veut licencier, cela lui coûte très cher. Elle doit payer de lourdes indemnités, que le licenciement soit justifié ou pas. Elle va donc y réfléchir à deux fois avant de recruter et limiter les risques au maximum. Ainsi, beaucoup de contrats précaires sont proposés : CDD et intérim. Ils ont une durée limitée et permettent d’avoir une certaine souplesse. Le problème est que pour le salarié, ils représentent une grande précarité.

En facilitant les licenciements, on lèverait un très gros frein à l’embauche. Ceci permettrait de fluidifier considérablement le marché de l’emploi. Ceci permettrait également la prise de risque pour les entreprises. Aujourd’hui, elles sont très frileuses lorsqu’il faut créer un poste, elles s’assurent auparavant pendant des semaines voire des mois que c’est indispensable et couvert par un budget. De plus, elles ne prennent aucun risque dans leur recrutement et demandent toujours un diplôme et une expérience correspondant au poste et s’interdisent trop souvent de sortir de ce cadre. Ceci empêche à des milliers de personnes tout à fait compétentes et motivées d’accéder à des postes juste parce que le risque semble trop élevé par rapport au bénéfice potentiel.

Je suis toujours amusé de voir les annonces d’emploi où les entreprises demandent X diplômes et 25 compétences pointues. Elles recherchent le mouton à 5 pattes et oublient que le temps passé à chercher ce mouton qui n’existe pas est un temps non productif qui coûte très cher. Elles feraient mieux de revoir leurs exigences à la baisse et prendre quelques risques. De toutes façons, la plupart du temps, à moins de payer très cher, elles finissent par faire des compromis. Elles feraient donc mieux de les faire d’emblée. Ceci fluidifierait considérablement le marché de l’emploi.

Donc pour résumer, comme cela coûte cher et que c’est difficile de licencier, on ne prend aucun risque à l’embauche. Et comme on ne prend aucun risque à l’embauche, c’est très difficile pour beaucoup de personnes de retrouver un emploi après un licenciement. Il faut donc casser ce cercle vicieux en facilitant les licenciements et les embauches.

Il ne faut plus que le licenciement soit un drame correspondant à l’entrée dans le tunnel du chômage. Pour cela, il faut que la période de chômage soit la plus courte possible. Si l’on sait que l’on peut retrouver facilement un job après un licenciement, on aura moins de difficultés à accepter le licenciement qui correspond aujourd’hui souvent à une petite « mort ».

Mais le licenciement n’est pas le seul frein à l’embauche. Il faut également faire évoluer les mentalités en France sur les cases. Après sa formation initiale, chacun se retrouve dans une case dont il en peut que difficilement sortir. Il faut que cela cesse. Un diplôme ne doit plus être un facteur limitant mais au contraire, un facteur multiplicateur, véritable gage d’un savoir-faire et d’un potentiel.

Il faut enfin s’appuyer sur les nouvelles technologies pour mettre en adéquation l’offre avec la demande. Aujourd’hui, sur Internet, la plupart des sites d’emploi sont payants pour les entreprises. Cela peut coûter plusieurs centaines d’euros pour passer une seule annonce et plusieurs milliers d’euros pour consulter une base de CVs. Les PME ne peuvent souvent pas se permettre une telle dépense. Je milite donc pour la création d’un grand portail public pour l’emploi. Vous allez me dire qu’il y a le site de l’ANPE mais franchement, ce site n’est pas digne de l’ampleur du challenge, il n’est pas du tout fonctionnel. Il faut un vrai site web, facilement utilisable et accessible à tous sans aucune contrainte.

La France doit prendre des risques pour gagner la bataille de l’emploi. Le modèle social américain est souvent critiqué mais il permet à chacun de réussir. Il y est beaucoup plus facile de trouver un emploi et d’évoluer qu’en France. Pourquoi ne pas s’en inspirer au moins pour cette partie? Cela ne nous oblige pas pour autant à remettre en cause les acquis sociaux. Il s’agit juste de prendre ce qui marche pour le transposer chez nous.





18 commentaires pour “Comment gagner la bataille de l’emploi?”
  1. GUYARD Nadette dit :

    Combien vous avez raison…Pour avoir dirigé une entreprise avec mon époux je peux vous dire combien vous touchez une corde sensible…Vos êtes si jeune et vous raisonnez tellement juste…Nous nous retrouvons chaque fois dans vos propos,vous mériteriez une place de choix au gouvernement…
    Merci, continuez à nous enchanter, ça fait du bien d’entendre dire tout haut ce que très certainement beaucoup de personnes pensent tout bas.
    Ah, une chose encore, vos parents doivent être très fiers de vous, en tous cas, nous, on le serait.
    Très cordialement,
    Nadette & Jack

  2. Hadrien dit :

    Bel éloge!
    C’est beau d’entendre l’expression de l’estime, alors qu’on nous déverse à longueur de journée la haine,la négation de l’autre, lorsqu’il n’est pas de votre avis. Je ne suis pas sûr que les Français n’en aient pas assez de ces débats politiques insupportables d’irrespect, quand la situation pourrait appeler un minimum de consensus.

  3. Olivier dit :

    @Nadette & Jack : merci beaucoup pour votre commentaire élogieux qui me va droit au coeur. Je ne suis pas sûr d’avoir un caractère suffisamment politique pour réussir au gouvernement. J’ai un peu trop tendance à exprimer mes opinions de manière franche et tranchée… Ceci dit, si l’Elysée m’appelle, je pense que je relèverai le défi!

    @Hadrien : tout à fait d’accord!

  4. pascal dit :

    Dire tout haut ce que très certainement beaucoup de personnes pensent tout bas.

    Depuis que le front National,il y a déjà quelques temps,avait fait de cette belle phrase son slogan,j’avoue qu’elle me fait peur.
    Cela donne l’impréssion aux gens qui croient ne jamais avoir droit à la parole
    qu’ils ont enfin quelqu’un qui les comprends,qui parle enfin d’eux ,de leurs problèmes,mais tout cela est bien souvent empreint de démagogie.
    L’avantage d’habiter encore dans un pays démocratique c’est que cela permet de dire ce que l’on pense,c’est déjà énorme.
    Cela ouvre les débats,cela ne donne pas raison.
    Ceci dit ,je assez d’accord Olivier,tu es prêt pour faire de la politique.
    Aux côtés de Nicolas,bien-sûr !

  5. Olivier dit :

    Je te remercie de ne pas faire d’amalgames douteux entre ce qui est dit ici et le Front National. Il n’y a jamais eu ici de ma part comme dans les commentaires des visiteurs que des propos démocratiques.

    Inutile donc d’essayer de rapprocher cela de la position ou du mode de fonctionnement du Front National pour discréditer la position…

    Ce blog a toujours été un lieu de débat ouvert et respectueux du point de vue de l’autre. Donc comme je respecte ton point de vue et celui d’autres commentateurs, même si je ne les partage pas toujours, je te remercie de respecter le point de vue des autres en évitant de l’assimiler à des pensées qui ne concernent personne ici…

  6. GUYARD Nadette dit :

    à Monsieur Pascal qui ne dit pas son nom:
    purement gratuit et insultant que cette assimilation que vous faites à propos d’une phrase qui appartient à tout le monde et dont vous n’avez pas à avoir peur, car elle dit vrai.
    Faire une différence entre  » gens qui croient ne jamais avoir droit à la parole » et personnes qui ont le courage de leurs opinions et les disent.
    Des blogs comme celui d’Olivier permettent en effet d’amener des réflexions dans un contexte démocratique et à ce titre, vous qui soulignez que c’est ENORME de pouvoir s’exprimer en France, devriez mettre en pratique en commençant vous-même par respecter les autres.
    Nicolas, lui, fait preuve de démocratie en sachant s’entourer de personnes compétentes, de quelques bords qu’elles soient.
    Arrêtons de mettre les gens dans des cases, comme dirait Olivier !

  7. Olivier dit :

    Tout à fait d’accord avec Nadette, merci de ton point de vue.

  8. pascal dit :

    Monsieur Pascal qui ne dit pas son nom,simplement comme c’est le cas de la plupart des intervenants…Comme olivier par ex.
    @olivier :
    Merci a toi de ne pas jouer les vierges effarouchées pour une réflexion bien innocente de ma part.Tes propos sont souvent bien pires et insultants sur des gens que tu ne connais pas.
    @Nadette:
    Cette phrase fait peur ( et pas qu’a moi)
    et si le front national l’a reprise à une époque ce n’est pas pour rien.
    Elle renferme toutes les frustrations des sans grades et laissés pour compte de la société à tous les niveaux qui poussent à ce genre de vote extrême.
    Si vous l’avez pris pour vous au premier degré je le regrette, c’était sans doute mal formulé.
    Vous avez une bien curieuse conception du respect mais ce n’est pas grave.

  9. Olivier dit :

    @Pascal :
    Je ne joue pas les vierges effarouchées. Je te donne simplement les règles du jeu ici. Soit tu les respectes et tu es le bienvenue, même si je ne partage pas tes idées. Soit tu ne souhaites pas les respecter et dans ce cas, tu peux t’abstenir de laisser des commentaires…

    Tu juges que mes commentaires sont pires et insultants. C’est ton point de vue et dans la mesure où je suis l’auteur et le modérateur de ce blog, je suis libre de dire ce que je pense, que cela te convienne ou pas. Cela ne t’autorise pas pour autant à caricaturer ou déformer…

    Pour terminer, sache que toi aussi tu reprends des expressions chères au Front National : « les frustrations des sans grades et laissés pour compte de la société ». Je ne te considère pas pour autant comme proche de leurs thèses. La langue française n’appartient pas à tel ou tel parti politique… Chacun est libre de s’approprier ses expressions pour exprimer sa pensée sans devoir craindre que cela soit ensuite assimilé à une pensée collective…

  10. pascal dit :

    Eh oui, on peut ici ou là reprendre une phrase,une expression chère au FN sans pour autant adhérer à leurs idées.
    C’est tellement évident que cela ne me touche aucunement,cela me fait rire.
    Ceux ou celles qui l’on pris pour eux,se sont sentis visés,ont mal lu mon commentaire.Et bien tampis je ne suis pas dans leur subconscient.

    Non je ne quitte pas le paquebeau,je continuerai à placer ici ou là quelques commentaires, cela m’amuse trop.
    Même si tes papiers ressemblent quelquefois à des discours politiques,il faut relativiser leur portée , tu es bien d’accord.

    Mais si ceux-ci ne te conviennent pas, tu peux toujours les supprimer.
    Je finirai par me lasser,evidemment.
    Ton blog,on l’aime ou on le quitte,c’est ça ?

  11. Olivier dit :

    Je cite ton commentaire : « Depuis que le front National,il y a déjà quelques temps,avait fait de cette belle phrase son slogan,j’avoue qu’elle me fait peur. »

    Je ne vois pas trop où tu voulais en venir si ce n’est pour rapprocher du front national ce qui a été dit auparavant et ainsi discréditer…

    Sinon, pour répondre à ton interrogation, ici, tu peux lire sans commenter (ce que font 95% des lecteurs), commenter sans lire (là je n’ai pas de chiffres) et lire puis commenter (en gros moins de 5% des lecteurs). Nul besoin d’aimer ce que je dis pour commenter. J’attends juste que les commentaires soient respectueux du point de vue de l’autre.

    Comme tu l’auras probablement remarqué, je censure très rarement les commentaires et pourtant, ce n’est pas faute d’être critiqué à longueur de journée, comme quoi, je suis capable de laisser la critique s’exprimer…

  12. Gilles dit :

    Suis sûr qu’il a payé une ‘tite vieille pour venir commenter 😀

  13. Olivier dit :

    Pourquoi aurais je fait cela? Tu crois que je suis le seul à penser ce que je dis? Ouvre les yeux, Sarko a eu la majorité en 2007 et il n’a pas bourré les urnes contrairement à ce qui se fait dans certains pays ou certains partis…

    Et puis si j’avais besoin de soutien, il serait très facile pour moi d’écrire X commentaires différents sous différents noms. Je n’ai jamais fait cela, c’est pas aujourd’hui que cela va commencer.

    Si cela ne perturbe pas trop votre esprit étroit, essayez d’imaginer qu’il puisse y avoir d’autres gens qui pensent comme moi et osent l’exprimer… 😉

  14. Nadette GUYARD dit :

    Compte tenu de certains commentaires d’un niveau plus que bas, je suis confortée dans le choix que nous avons fait avec mon mari de nous expatrier…

  15. pascal dit :

    Quel dommage Nadette !!
    Après un tel hommage rendu à Olivier,je ne comprends pas une decision aussi brutale.Prenez le temps de réfléchir.
    Face à certains commentateurs, Olivier à besoin du soutien de tous ses amis.

  16. Olivier dit :

    Mon pauvre Pascal, tu pourrais faire un effort et essayer d’élever un peu le débat non?
    Je te rappelle que le sujet de la note est l’emploi… Là bientôt on va se retrouver à parler de la réalité du réchauffement climatique causé par les pets de vâche si cela continue…

  17. pascal dit :

    Désolé Olivier,je reconnais imblement que tu as raison.
    mais je n’ai pas pu m’empêcher de sourire quand j’ai lu « s’expatrier »
    j’ai failli ajouter que l’hiver lui paraitrait bien long à GSTAAD mais je me suis dit que cela serait sans doute mal interprêté…
    Pour tout de même réagir à ton article,je pense que prendre le modèle américain tout en préservant les acquis sociaux est assez utopique et m’étonne de toi.
    Malheureusement l’un ne va pas sans la casse de l’autre.
    Le modèle social américain est souvent critiqué mais il permet à chacun de réussir.Certes mais à condition de réussir !
    Et puis qu’est que réussir ??
    Avoir un emploi, simplement manger et avoir un toit,es-ce cela réussir ?
    Tout dépend ou l’on place le curseur.
    Je n’ai pas envie d’une société ou le monde du travail n’est plus qu’un vaste marché aux bestiaux ou les plus charpentés pouront tirer leur épingle du jeu.
    Je sais c’est pas gagné..

  18. Olivier dit :

    Pascal, tu démarres trop au quart de tour. S’expatrier ne veut pas nécessairement dire aller habiter dans un chalet à Gstaad. Tout le monde ne vit pas comme Roman Polanski ou Johnny Halliday…

    Un certain nombre de personnes sont amenées à s’expatrier parce que la vie en France est trop chère. Ce phénomène touche beaucoup les retraités qui partent notamment en Afrique du Nord ou plus loin, là où la vie est moins chère…

    Le problème du modèle américain réside essentiellement dans la couverture santé qui est assez inégale. Pour le reste, il offre une flexibilité qui permet à chacun de réussir pour peu qu’il s’en donne les moyens. Bref, je crois tout à fait qu’on pourrait avoir la même souplesse en France sans forcément réduire la qualité du système de couverture santé.

    Qu’est ce que réussir? Chacun aura sa définition. Pour certains, c’est de rouler dans une grosse voiture, pour d’autres, c’est d’avoir une belle maison, pour d’autres encore, de pouvoir partir en vacances où ils veulent quand ils veulent, pour beaucoup, c’est de pouvoir payer des études à ses enfants, bref, chacun a sa définition.

    L’important est d’avoir un système qui permette à tous de pouvoir réussir suivant leurs aspirations personnelles… En France, ce n’est pas simple. C’est beaucoup plus simple aux Etats Unis. Là bas, les personnes changent de poste très facilement, on fait beaucoup plus facilement confiance. En France, tu tappes très vite la tête à un plafond de verre et on te trouve toujours X excuses pour ne pas te donner ta chance.



L'autre monde | Thème liquide par Olivier