28
Déc
05

Contrôle des chômeurs : réflexions (2)





Suite au débat engagé sur différents blogs par rapport au contrôle des chômeurs, j’ai passé un peu de temps à réfléchir afin d’affiner ma propre position. Et oui, parfois, c’est bien d’écouter les avis de chacun, cela permet de se remettre en cause, de mieux préciser sa position. Alors voici les précisions que je souhaitais apporter parce que je les crois fondamentales pour la qualité du débat. D’une part, il est vrai que d’une manière générale, c’est plutôt négatif de s’en prendre à des populations situées dans une position de faiblesse. Le chômage est un état difficile à vivre, qu’on ne choisit pas. Certaines personnes profitent de cet état mais elles sont très minoritaires.

Et c’est là d’autre part où je souhaite également préciser un autre argument. Lorsque l’on fait partie d’un groupe visé par une mesure coercitive ou sur lequel pèse une suspicion, c’est très désagréable. L’absence de clarté au sujet du nombre des fraudeurs et des conditions de cette fraude joue aujourd’hui en défaveur de l’image des chômeurs en général. Je m’explique, prenons un autre exemple, parfois, tel ou tel pays est visé par un autre de manière violente. Je me souviens par exemple qu’en 2002, nous passions tous pour des racistes à l’étranger parce que Le Pen était au deuxième tour. Heureusement, l’amalgame a vite cessé puisqu’au deuxième tour, la victoire de Chirac a été assez énorme. C’était juste pour l’exemple, inutile de commenter plus celui-ci. On comprend donc bien que lorsqu’il y a un amalgame qui est fait, le seul moyen d’en sortir est de proposer des chiffres fiables. Et le contrôle des chômeurs permettra cela.

Une fois que ce contrôle sera en place et qu’il sera efficace, nous n’entendrons plus l’amalgame terrible qui veut que le chômeur est nécessairement un fainéant ou un fraudeur. Il y aura d’un côté les chômeurs ou plutôt les demandeurs d’emploi et d’un autre côté les fraudeurs. Ces deux groupes seront bien distincts et cela sera bien mieux, ne croyez vous pas?





5 commentaires pour “Contrôle des chômeurs : réflexions (2)”
  1. Draky dit :

    Non je ne crois pas car dire que certains chomeurs sont des faignants fait partie d’un plan communication, surtout politique, permettant un bon tour de démagogie populiste du genre « diminuons les allocs chomeurs » ou équivalent, tu ne crois pas ?

  2. Olivier dit :

    Justement, le but est de bien dissocier les fainéants et les chômeurs…

  3. Draky dit :

    sauf que je m’interroge : à la base, on peut pas savoir qui est un « vrai » chomeur ou non, non ? Donc on suppose des contrôle aléatoire de la part des agents de l’ANPE ? Donc une surcharge de boulot pour eux, au détriment du reste du travail ? Je trouve quand même qu’il y a un risque de surcroît de travail pour au final un TES FAIBLE pourcentage de gens…

  4. Olivier dit :

    Je ne suis pas très d’accord avec ton analyse. Je pense que cela consiste surtout à donner plus de moyens pour contrôler quand il y a une fraude supposée. Maintenant qu’est ce qu’une fraude supposée? Est ce que le type qui se pointe tout bronzé en Ferrari alors qu’il est depuis trois ans au chômage est un supposé fraudeur? je ne sais pas trop mais bon, aujourd’hui, les agents de l’ANPE n’ont aucun moyen de contrôle. Ils vont peut être avoir plus de boulot pendant une petite période mais ensuite cela va s’équilibrer quand les fraudeurs auront été radiés des listes car ils n’auront plus à s’occuper d’eux…

  5. Olivier,
    Effectivement, la situation de recherche d’emploi est suffisamment fragilisante comme cela. Ajouter un climat de suspiçion ne fait donc que renforcer le sentiment de culpabilisation et de dévalorisation des demandeurs d’emploi.
    Heureusement, il me semble que les fraudeurs visés par le récent décret ne représentent qu’une part très marginale des demandeurs d’emploi …

    Bonne continuation
    Christophe



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