2
Jan
08

Damas à la masse





Liban

Nicolas Sarkozy a récemment indiqué que la France cesserait ses contacts avec la Syrie tant que le Liban ne bénéficierait pas d’un président de consensus. En réponse, Damas annonce qu’elle cesse sa coopération avec la France sur la crise libanaise. Pour être clair, Sarko a dit : « je raccroche le téléphone » et en réponse la Syrie dit : « il n’y a plus personne au bout du téléphone donc je raccroche ». Je doute pourtant que cela soit très efficace comme mode de fonctionnement et je pense que des contacts discrets restent établis entre les deux pays. J’en veux pour preuve que la France n’a pas rappelé son ambassadeur à Damas et vice versa pour la Syrie avec son ambassadeur à Paris.

Au délà du jeu diplomatique, la crise reste profonde au Liban et je me demande si Nicolas Sarkozy n’a pas rompu les contacts avec Damas, au moins de manière officielle, en préparation à une tension beaucoup plus forte des relations dans la région, notamment avec Téhéran qui est accusé de tirer les ficelles au Liban avec le soutien de Damas mais également de développer l’arme nucléaire.

Au fond, toute la question repose sur l’unité réelle du Liban. En proie à des tensions latentes depuis des années, le Liban n’arrive pas à s’auto-déterminer. Le peuple libanais rassemble un certain nombre des courants politiques et religieux de la région. La question est de savoir aujourd’hui si un pays dans cette région est capable d’évoluer avec des courants importants dont les intérêts et les visions sont très éloignés pour ne pas dire opposés. Lorsqu’il existe un courant très largement majoritaire, cela pose moins de difficultés mais la cohabitation de deux courants forts semble trop complexe dans la situation actuelle dans cette région du monde. Finalement, la solution ne serait-elle pas une scission du pays? Dans une telle configuration, il est probable que la Syrie annexerait rapidement la partie chiite. Cela représenterait également un poste avancé dangereux pour Israël. L’instabilité actuelle est avant tout néfaste pour le Liban mais elle permet de cristalliser les tensions régionales et donc d’éviter dans une certaine mesure un conflit peut être plus important…







L'autre monde | Thème liquide par Olivier