27
Nov
08

Faut-il sortir les SDF de la rue par grand froid?





Certaines associations s’élèvent contre la proposition de Nicolas Sarkozy de contraindre les SDF à sortir de la rue les nuits de grand froid. J’avoue ne pas comprendre l’indignation de ces associations. Elles préfèreraient probablement que Nicolas Sarkozy ne fasse rien et ne propose rien, cela leur permettrait de continuer à hurler contre l’inaction des pouvoirs publics, ce qui constitue trop souvent pour elles le moteur de la contestation permanente. C’est un peu comme si les restaus du coeur criaient au scandale si le gouvernement payait un Mc Do à toutes les personnes démunies. Heureusement, les restaus sont plus dans l’action que dans la contestation contrairement aux Don Quichotte qui voudraient peut être que l’Etat réquisitionne les chambres inoccupées du Ritz pour y loger les SDF?

Sans aller jusqu’à la contrainte physique, je suis pour que l’on oblige les SDF à se positionner par rapport à l’hébergement d’urgence. Ceux qui ne veulent pas y aller doivent être recensés et il n’y aura alors plus lieu de crier au scandale pour eux en cas de drame puisqu’ils auront refusé la main tendue.

On peut trouver tous les défauts du monde à l’hébergement d’urgence qui est surpeuplé, sâle, non sécurisé et trop temporaire mais il a au moins le mérite d’exister. On ne va pas résoudre la crise du logement en quelques semaines puisqu’il faut s’attaquer pour cela à 50 années d’inaction politique concertée de la part de la droite et de la gauche. Alors face à l’extrême difficulté de cette situation, il serait de bon ton que certaines associations fassent preuve de raison afin de ne pas laisser penser aux SDF que l’on se fout d’eux. Cela faciliterait le dialogue et épargnerait des vies. Le problème est que pour certaines associations, chaque mort est une arme politique…





10 commentaires pour “Faut-il sortir les SDF de la rue par grand froid?”
  1. Gilles dit :

    Ça équivaut à les mettre en taule : un endroit où ils ne veulent pas aller avec interdiction d’en sortir…
    Ça va carrément en plus devenir de la chasse à l’Homme 🙂
    Ben ouais, tu les mets en centre en leur demandant gentiment avec un mégaphone ?

  2. Olivier dit :

    On peut pas d’un côté s’émouvoir de la mort des SDF et de l’autre rejeter des mesures d’urgence… Il faut savoir ce que l’on veut.

  3. Gilles dit :

    Aparté : le Sarkozysme = la politique de l’urgence, on ne s’émeuve d’un truc qu’après 🙂
    Retour au sujet : doit y avoir un juste milieu entre deux extrêmes non ?
    ensuite, sur les %age de gens étant OK avec la politique de Sarko, combien de % s’émeuvent des SDF ? 🙂
    Et si on réduisait le nombre de SDF (la majorité ne choisit PAS la rue) ?

  4. Olivier dit :

    Oui le juste milieu, c’est ce que je propose à savoir laisser le choix mais proposer clairement le choix, avoir une démarche volontariste par rapport à ça.

    Réduire le nombre de SDF, c’est pas gagné. D’abord parce que l’économie n’est pas à la fête en ce moment et ensuite parce que le logement est en crise et malgré l’explosion en cours de la bulle immobilière, il y a un tel chemin à faire pour revenir à des niveaux raisonnables que cela va prendre du temps, sans compter la pénurie de logements décents en dehors de toutes considérations sur le prix… Bref, à situation d’urgence, il n’y a qu’une réponse d’urgence pour le moment car on ne va pas construire des milliers de logements en deux semaines vu le temps que ça prend et que la tendance est plutôt à l’arrêt des chantiers.

  5. Vincent dit :

    Mettre les travailleurs sociaux dans le même panier et le jeter à l’eau serait une énorme erreur. Ils vous expliqueront tous que c’est à force de contact humain et de respect de la dignité des SDF qu’ils pourront les amener à se considérer eux-même comme des Hommes à par entière et donc accepter de réintégrer la société.

    Une chose me dérange dans cet article : « Ceux qui ne veulent pas y aller doivent être recensés et il n’y aura alors plus lieu de crier au scandale pour eux en cas de drame puisqu’ils auront refusé la main tendue ».

    Cette citation est criante de vérité. Ce qui vous gêne, Olivier, ce n’est pas la mort de ces personnes, mais le fait que vous ayez l’impression qu’il s’agit de votre responsabilité. À mon sens, cela prouve que c’est un problème de société qui vous préoccupe, ce qui est tout à votre honneur.

    Il est souvent préférable d’affronter la réalité et ses responsabilités de citoyen plutôt que de se cacher derrière son petit doigt ou une loi anti-scandale qui ne sert qu’à mieux dormir la nuit.

  6. Olivier dit :

    C’est pour cela que je ne rejette pas la loi de Sarkozy sur le fond même si je trouve la forme abusive, on ne peut contraindre physiquement quelqu’un à sortir de la rue. En revanche, la société ne devra rien à ceux qui refusent la main tendue…

    Je suis choqué par ces associations qui passent plus de temps à contester et dénoncer la moindre proposition juste par principe, parce qu’elle vient de Sarkozy, qu’à jouer leur rôle associatif. Cela ajoute un bruit inutile et injuste. Certains SDF risquent de se demander qui a tort et qui a raison dans cette affaire et ils seront tentés de suivre le point de vue associatif dont ils sont naturellement plus proches que Sarko qui représente le grand méchant loup de l’univers. Le salaud, il veut les sortir de la rue et pourquoi pas leur donner un boulot aussi pendant qu’on y est?! Qu’est ce qui va rester à Besancenot après s’il commence à lui couper l’herbe sous les pieds? Déjà que le PS n’existe plus, que va t’il rester de la gauche?

  7. Vincent dit :

    C’est une erreur de ne pas rejeter cette « évocation » de loi (le terme « proposition » se réfère à une loi présentée devant le parlement) car elle viole les libertés individuelles. Cependant les états de droit tolèrent de telles pratiques en deux cas distincts. Premièrement, dans le cas d’un individu dangereux pour les autres. Deuxièmement, dans le cas d’un individu dangereux pour lui-même. En tout état de cause, c’est à la Justice que revient cette décision et la porteuse de la balance ne se contente pas d’un bout de papier signé à la sauvette. La grande dame examine au regard de la loi les faits d’un individu dans un contexte global. C’est un peu plus compliqué, le principe est d’essayer d’être juste. Tient, c’est rigolo ça !

    Quoiqu’il en soit, vous êtes vous déjà demandé pourquoi beaucoup de SDF cherchent-t-ils à fuir la société ? Ils ne sont pas adaptés à la elle, ou alors elle ne l’est pas pour eux. Savez-vous que près de 25 % des sans-abris souffrent de dépression ou d’état de stress chronique (chiffre ancien à vérifier) et 5 % de troubles mentaux graves (idem) ? Pour eux, la solitude est un refuge.

    Le travail social est éminemment complexe, j’ose espérer que s’il en avait été autrement la question ne se poserait plus.

    Puisque j’arrive à la fin de mon papier et que cette page verse dans le commentaire gratuit (référence à Besancenot et au PS) pourquoi cette « évocation » intervient-t-elle près de deux ans après l’élection de Nicolas Sarkozy ? En faisant usage d’un peu de mémoire il s’agit d’une promesse de campagne. Certes le Président de la République veux nous faire entendre qu’il souhaite les tenir. Il n’en sait pas moins que la pseudo-proposition va soulever un tollé et qu’il l’a retirera à la faveur d’un autre mouvement médiatique.
    Finalement, le commentaire n’étais pas tout à fait gratuit.

  8. Olivier dit :

    Je vois pas trop comment faire appel à la justice pour étudier chaque cas même si d’un point de vue théorique, cela semble juste. En pratique, c’est impossible. Lorsque la justice commencera à regarder le dossier, l’hiver sera terminé depuis longtemps…

    Besancenot fait partie de ces gens qui passent leur temps à hurler mais refusent jusqu’à l’idée même de participer à l’exercice du pouvoir. Quand au PS, il a été au pouvoir pendant de nombreuses années et le moins que l’on puisse dire est que la situation du logement ne s’est pas améliorée durant cette période même si la droite n’a guère fait mieux…

  9. costume dit :

    Enfin, la grille du métro s’est ouverte. On s’engouffre. Dormir… une petite heure, assis sur des sièges en plastique dur, un duvet sur la tête. Tiens ! Le regard des autres. On fait peur.

  10. costume dit :

    Je suis dans la rue depuis 20 ans, avant j’étais cuisinier. J’ai été licencié à cause d’un problème de dos. Maintenant je touche le RMI. Je me dis que j’ai pas beaucoup de possibilités. Je suis toujours dans la rue des Archives, à côté du BHV. On se croisera peut-être?



L'autre monde | Thème liquide par Olivier