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Sep
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Flying Blue





Flying Blue, c’est le programme de fidélité d’Air France. Je voyage assez peu, entre 0 et 10 fois par an. Il se trouve que cette année, j’ai pas mal voyagé. Je me suis donc penché sur ce programme de fidélité pour en savoir plus. Ma conclusion est qu’il est relativement correct au niveau des rébributions pour des billets gratuits (billets primes) mais vraiment très injuste en ce qui concerne les différents paliers avec les services associés.

En effet, pour arriver au palier Silver qui est le premier niveau, il faut faire 15 vols dans l’année calendaire ou obtenir 30.000 miles statut. Seul problème, tous les vols ne sont pas pris en compte dans le décompte des 15 vols. Par exemple, si vous faites 8 allers retour Paris-Marseille, ça fait donc 16 vols dans l’année mais 0 vols qualifiants car Air France ne compte pas les vols en France dans ce décompte! Côté miles, les vols domestiques ne rapportent pas le solde réel de miles. Alors qu’on imaginerait qu’un Paris-Marseille rapporte autour de 500 miles, il ne rapporte en fait que 250 (cela semble varier suivant la classe de tarification)! Donc vous faites le calcul, si vous ne faites que des voyages en France, il faudra faire plus de 100 vols pour arriver au seuil de 30.000 miles ce qui est juste improbable…

Si vous voyagez à l’étranger, là ça peut aller beaucoup plus vite. Avec trois allers-retours lointains dans l’année, vous parviendrez au status silver. Si vous les faites en classe affaires ou première classe, il ne vous en faudra même que deux. En effet, là c’est la distance réelle en miles qui est calculée et donc ça monte beaucoup plus vite que sur les vols domestiques. On arrive facilement à faire des vols de 5.000 à 10.000 miles.

Côté avantages, le statut silver qu’on obtient avec 30.000 miles récoltés dans l’année n’ouvre pas le droit à grand chose d’intéressant. La seule chose, c’est le comptoir prioritaire et le parcours Sky priority pour la passage en douane qui est assez utile à Roissy notamment où au lieu de passer 30 à 45 minutes pour le passage en douane, vous aurez le droit à une file dédiée. Bref, vu la difficulté pour accéder à ce status, on s’attendrait à un peu plus d’avantages significatifs.

Si vous voyagez souvent et très loin, vous pourrez peut être accéder au status gold (30 vols qualifiants ou 60.000 miles) ou platinum (60 vols ou 90.000 miles). Les status gold et platinum permettent d’avoir accès aux salons. Ils offrent aussi des priorités supérieures sur les listes d’attente et des excédents de bagage.

Les trois niveaux offrent des réductions chez les partenaires d’Air France (locations de voiture et hôtels). Bref, au niveau des services, ça casse pas la baraque.

En revanche, au niveau des billets prime qu’on obtient en échange des miles accumulés, là c’est plus intéressant. Autant vous le dire tout de suite, c’est peu intéressant si vous les utilisez pour des vols intérieurs. Vous pourrez faire un Paris – Marseille avec 20.000 miles mais sachant que le miles vaut environ 0.025€, cela vous fait le Paris – Marseille à 500€ ce qui n’est pas du tout compétitif. Donc mieux vaut garder vos miles pour de plus longs trajets. Par contre, un Paris – Johannesburg en classe éco, c’est 60.000 miles soit l’équivalent de 1.500€. Là on se rapproche un peu plus du tarif réel. Il faudra souvent payer un peu d’argent en plus pour certaines taxes qu’on ne peut pas régler avec les miles mais bon, cela rend l’affaire quand même intéressante.

Je vous laisse malgré tout imaginer ce qu’il faut faire comme vols pour accumuler 60.000 miles. On est probablement pas loin des 15 K€ dépensés. Cela veut dire qu’en gros, Air France vous reverse en miles environ 5 à 10% de ce que vous dépensez. Toute la force de leur système est qu’il faut beaucoup voyager pour se retrouver en situation de les dépenser de manière intéressante. Ils récompensent donc les clients très fidèles.

Dernier souci, les miles expirent au bout de 20 mois si vous n’avez fait pas effectué au moins un vol dans la période. Donc si vous voyagez peu, soyez vigilants là dessus.

Si j’étais Air France, je rendrais tous les vols qualifiants car le système actuel pénalise beaucoup leurs clients français qui constituent pourtant par essence le plus gros de leur clientèle.

Ensuite, je ne ferais que deux niveaux : le gold et le platinum. Le gold serait accessible au bout de 20.000 miles et le platinum au bout de 50.000 miles. Avec leur système actuel, je ne sais pas combien de personnes arrivent au status platinum mais cela ne doit pas courrir les rues. En gros, ce status permet de bénéficier par défaut de certains avantages offerts aux classes affaires et première mais comme pour atteindre ce niveau, ça va beaucoup plus vite en voyageant avec ces classes là, en gros, le status n’est pas hyper intéressant car il revient à offrir des avantages à des clients qui en bénéficient déjà.

Après, je donnerai plus d’avantages dès le premier niveau : des surclassements à prix réduit, des billets à prix préférentiel, un accès aux salons, etc…

Niveau service chez Air France, si vous êtes en classe éco, c’est vraiment pas la fête. Et si vous n’êtes pas en classe éco, là c’est très bien mais ça coûte super cher. Vu la concurrence, ils feraient peut être bien de revoir leur copie et repenser leur positionnement. Avoir une classe éco digne de ce nom ne serait pas du luxe. Sur les longs courriers, le voyage peut sembler très long vu le peu de confort des sièges. A côté de ça, le gap en prix par rapport à la classe affaires ou même ne serait-ce que la classe premium économie est souvent rebutant pour la plupart des passagers. Il faudrait donc peut être avoir une gamme de prix un peu plus alignée. A la SNCF, on ne paye pas 4 fois le prix entre la seconde et la première classe (même si côté services, c’est pareil, c’est juste le fauteuil qui change).





2 commentaires pour “Flying Blue”
  1. Medorius dit :

    Le système est à la limite de l’incompréhensible. Il y a souvent un obstacle à accéder à un avantage.
    Lufthansa est plus fiable, avec des avantages plus simples et supérieurs.

  2. Olivier dit :

    Vrai et faux. Le premier niveau chez Lufthansa n’est accessible qu’à 35.000 miles contre 30.000 chez Air France. Par contre, il donne accès aux salons directement alors qu’il faut le niveau supérieur pour y parvenir chez Air France.



L'autre monde | Thème liquide par Olivier