26
Juil
08

Gérard Mulliez d’Auchan, le grand capital…





Je vous propose de regarder cette interview de Gérard Mulliez, fondateur d’Auchan, réalisée par le magazine Challenges. Beaucoup de gens critiquent le grand capital sans voir que le capitalisme est un système économique parmid’autres, avec ses nombreux bienfaits et ses quelques dérives. Je serais curieux d’avoir l’avis d’Olivier Besancenot sur la famille Mulliez, première fortune professionnelle en France.

La morale de l’histoire est qu’il n’y a pas plus de salauds chez les riches que chez les pauves. La seule chose, c’est qu’on parle plus des riches que des pauvres car un salaud de pauvre, on ne peut pas lui en vouloir mais la vraie question est : est-ce la richesse qui rend mauvais ou le fait d’être mauvais qui permet à certains d’être riche? Ni l’un ni l’autre, c’est l’éducation qui fait que l’on devient ce qu’on est avec bien entendu des critères génétiques au départ. Je crois que l’argent ne fait que renforcer certains traits de caractère. Les très gentils deviennent très généreux et les très méchants en veulent toujours plus, c’est tout, rien à voir avec le grand capitalisme décrié par Besancenot. Il faut bien voir qu’il y a des hommes et des femmes derrière la richesse. C’est en cela que la position de Besancenot est extrêmiste car il généralise et est radical et violent dans les mesures proposées…





10 commentaires pour “Gérard Mulliez d’Auchan, le grand capital…”
  1. jbj dit :

    Avant d’être informaticien, j’ai bossé dans une grande surface pendant un petit temps. 6 jours sur 7, dès 5 heures du mat tous les jours, pour 950 euros (à l’époque).
    Si le capitalisme à, comme tu le souligne, certains bienfaits, je doute vraiment que quelqu’un dans cette situation puisse s’en rendre compte.

  2. Olivier dit :

    Tu aurais probablement voulu faire moins d’heures pour un meilleur salaire? Mais serais tu prêt à payer plus cher tes produits dans les supermarchés pour que les employés y soient plus payés?

  3. jbj dit :

    Faire moins d’heures, pas spécialement. J’ai rien contre le fait de travailler. Seulement, 950 euros pour un travail aussi éprouvant, c’est un peu l’esclavage des temps modernes.

    Après concernant ta question, je te répondrais honnêtement que non. Pas par volonté, mai
    s parce que je n’en ai pas les moyens. Le supermarché, pour celui qui y travaille, c’est le mal en personne. Mieux vaut encore être au chômage que de bosser là bas. (Vécu)

  4. Olivier dit :

    Sans juger, je constate que ce que tu dis est assez grave. Tu te rends compte que tu penses qu’il faut mieux être sans job que de travailler dans un supermarché? Ce n’est peut être pas super valorisant et pas très facile de travailler dans un supermarché mais il y a bien pire comme métier : travailler sur une chaîne (tourner le même boulon dans un sens pendant X années), travailler dans une mine, etc…

    Le problème, c’est qu’on laisse trop le sentiment en France que le chômage est une alternative facile au travail. Le chômage n’est pas un métier. La norme est de travailler, même si c’est dur. Qui a dit que la vie était facile?

    Entendons nous bien, je ne veux pas jouer les donneurs de leçons. J’ai travaillé à la chaîne quand j’étais plus jeune. Je sais que ce n’est pas marrant. Simplement, c’est la vie, c’est comme ça et quand on n’a pas d’autre possibilité, il faut se retrousser les manches et y aller. Le chômage n’est pas une alternative…

  5. jbj dit :

    Ben, je te livre mon sentiment perso. Le chomage n’est ni un métier, ni une alternative, je suis d’accord avec toi. Mais je pense que pour lutter contre le chomage, il faut permettre aussi aux gens d’etre motivés.
    Les gens qui bossent beaucoup et qui sont motivés par leur travail ont tous un salaire convenable et un emploi moins soulant que la chaine ou la manut’ chez Auchan.

    Seulement, comment etre motivé quand on fait un boulot mal payé, pas valorisant et assez souvent ou on est traité comme de la merde car facilement remplaçable?

    Je ne serais pas contre baisser le chomage et augmenter les bas salaires comme mesure incitative à l’emploi et au travail. Qu’en penses-tu?

  6. Olivier dit :

    Le problème est qu’en général (je dis bien en général, pas dans tous les cas), les bas salaires sont sur les métiers à faible valeur ajoutée. En augmentant le coût de la main d’oeuvre, tu risques de faire augmenter les prix de manière quasi proportionnelle. En faisant cela, on soutient un peu le cercle infernal de l’inflation (tu augmentes les salaires, cela augmente le coût et donc les prix et donc il faut augmenter les salaires pour redonner du pouvoir d’achat et ainsi de suite…).

    Alors comment motiver les gens qui font un job difficile? Déjà en ne leur laissant pas penser qu’ils pourraient être chez eux à glander en vivotant avec X aides de l’Etat plutôt que de bosser. Je me mets à la place du gars qui se lève à six heures du matin, s’il sait que son voisin est au chômage et peut dormir tranquille avec des revenus similaires aux siens, il y a de quoi perdre sa motivation.

    Donc déjà, il faut arrêter ce système du chômage sans activité. Comment? C’est simple, pour chaque chômeur, il faut dès le premier mois obliger la personne recevant des indemnités à suivre un programme de formation pendant la moitié de son temps et à effectuer un travail d’utilité générale correspondant à ses compétences pendant l’autre moitié de son temps.

    Il n’y a pas assez de gens dans le bâtiment, pas assez de gens dans les métiers de la restauration, pas assez de gens pour s’occuper des personnes dépendantes, etc etc… Il n’y a qu’à occuper les chomeurs. Ainsi, ils seront très motivés pour retrouver un poste rapidement. Je suis convaincu que plus l’on reste longtemps sans activité et plus c’est dur de retravailler. On a vite fait de perdre le rythme et si le système ne nous pousse pas alors pour beaucoup, il ne se passe rien. C’est un peu à l’image de ce qui se passe à la fac en fait. Au départ, tu sais pas trop ce que tu vas faire, si tu n’es pas aidé et que tu n’as pas la motivation, tu erres, tu sèches les cours et au final, tu perds ton temps et tu ne t’en sors pas…

    Ensuite, pour remotiver les gens qui font un travail difficile, il faut revaloriser dans l’esprit collectif ce travail. Chaque métier a une utilité. C’est la première chose importante que de se sentir utile dans son travail. Ensuite, il faut être reconnu. Pour cela, il faut réhabiliter le travail dans l’esprit des français. Aujourd’hui, l’effort et la difficulté ont une très mauvaise presse alors que ce sont des valeurs essentiels du développement humain. On n’arrive à rien sans rien dans la vie. C’est un mirage véhiculé par certains que de croire que la vie est facile.

    Voilà un certain nombre de pistes. Pour résumer : combattre les inégalités, mettre tout le monde au travail, revaloriser l’idée du travail et de l’effort, …

  7. jbj dit :

    Je suis d’accord avec toi concernant tes pistes, toutefois je trouve qu’il y a quand même un problème à régler au niveau du salaire, car vivre avec 1000 euros de nos jours, c’est la merde.
    La reconnaissance de ces métiers (qui sont comme tu le soulignes utiles, bien entendu) doit également passer par une revalorisation du salaire, et une possibilité accrue de se former afin de pouvoir accéder à d’autres emplois plus rémunérateurs.
    D’où mon idée de diminuer le budget chômage, et de donner à la place une prime supplémentaire au bas salaires.
    L’entreprise continuerait à payer le smic au travailleurs, et l’état donnerait un coup de pouce. Pas d’augmentation des couts pour la boite mais train de vie correct et revalorisation pour le travailleur.

  8. Olivier dit :

    C’est un peu l’idée de la prime pour l’emploi même si elle ne s’applique que dans certains cas…

  9. glinatsi dit :

    Mr Mulliez , bonjour ,je m’appelle Glinatsi stephan je suis commercant depuis un peu moin de 20 ans,a mouscron en belgique je n’ai pas facile du tout pour m’en sortir pourtant je me donne a fond dans ce que je fait .
    en fait je voulais juste vous dire a quel poing j’admire là ou vous ête arrivé je trouve cela formidable .vous ete un exemple. avez vous un secret ?

  10. Olivier dit :

    Je tiens à préciser que je ne suis pas Gérard Mulliez, pas plus qu’un vendeur de Kebab (spéciale dédicace à notre ami d’Istambul).

    Voilà donc si tu veux savoir le secret de Gérard, le mieux est de lui demander directement. Je ne le connais pas personnellement…



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