19
Août
07

Goal Achievement





C’est la journée de l’ouverture, cette fois-ci, je passe la parole à Robert, dit « Medorius 1er ».

J’ai gardé le titre anglais car il n’est pas aisé à traduire en français : « goal achievement, goal attainment », c’est l’action qui conduit à réaliser l’objectif fixé. Je dois d’avoir connu ce concept, une fois de plus, aux Américains. Je pourrais déjà épiloguer, en rapprochant ce concept de la notion d’obligation de résultats, remise à la mode par notre nouveau Président de la République. Cette obligation de résultats s’oppose à l’obligation de moyens, à laquelle on se tenait communément, en particulier dans le domaine de la santé. Mais on observe, dans ce domaine aussi, qu’un glissement s’est produit, patients, et aussi avocats, exigeant de plus en plus que les médecins obtiennent des résultats aussi bons que ceux qui sont publiés par les meilleures équipes, dans telle ou telle maladie, avec tel ou tel traitement.

Un second concept, également d’origine anglo-saxonne, m’a vivement intéressé : « The self-fulfilling prophecy», littéralement la prévison auto-entretenue. En voici le principe : le chef passe la visite, entouré de son équipe. Au chevet d’un malade, il porte un bon pronostic. L’équipe, motivée par cet édit, se mobilise et le bon pronostic se vérifie. Inversement, si le patron, tel l’oracle de Delphes, fait la moue, exprime des réserves, il influera défavorablement sur l’engagement de ses collaborateurs. Et le mauvais pronostic, comme tout à l’heure le bon, se vérifiera dans le temps.

Pourquoi, me direz-vous, cette longue digression, qui nous emmène bien loin du sport? Je vais vous le dire. Tout sportif est un compétiteur dans l’âme. Et tout compétiteur aspire à se dépasser. Il a donc tendance à se fixer des objectifs toujours plus élevés, toujours plus exigeants, toujours plus difficilement accessibles.

Le « goal attainment » a une double face. D’un côté, en se fixant des objectifs élevés, le compétiteur stimule sa volonté, se donne les moyens, surtout en matière d’entraînement, d’atteindre ses objectifs. Il pratique ainsi la prophétie auto-entretenue. D’un autre côté, en se fixant des objectifs difficilement atteignables, il peut être victime du surentraînement, s’épuiser et, au bout du compte, aboutir à l’échec et, plus grave, à la déception, voire au renoncement.

Où est le bon équilibre ? Comme tout équilibre, résultat de l’action de forces contraires, il est individuel, donc difficilement généralisable. Et il est variable et évolutif, résultat de multiples facteurs. J’ai souvent observé que les marathoniens « mettaient la barre trop haut ». C’est ainsi que la grande majorité, même chez les vieux renards pleins d’expérience, part trop vite.







L'autre monde | Thème liquide par Olivier