30
Mar
09

Il y a un pilote dans l’avion. Faut-il le « dézinguer »?





piloteNotre président de la République n’a plus la côte! Il suffit qu’il ouvre la bouche – et Dieu sait s’il l’ouvre souvent – pour qu’un déluge de critiques de plus en plus acerbes se déversent sur la tête de celui qui est devenu un vrai « bouc émissaire ». Il est vrai qu’il y a largement contribué en se saisissant de presque toutes les commandes et en déclarant, logiquement, « assumer ».

Il est vrai aussi – et souvent navrant – qu’il n’est pas avare de critiques qui font mouche et lui mettent à dos jusqu’à des groupes qui ne lui sont pas forcément hostiles a priori. « Le karcher…on ne voit plus les grèves…les enseignants inefficaces…l’homme Africain passé à côté de l’histoire… » Je crains qu’il n’ait ainsi contribué, par son impulsivité incontrôlée, à mobiliser contre lui et les réformes, même celles qui étaient au départ acceptées ou bien enclenchées.

Ainsi de la réforme des Universités, élevée au rang de plus grande réforme du quinquennat. L’autonomie, qui a fait ses preuves dans la quasi-totalité des autres pays, approuvée par les présidents d’Université, mise en oeuvre, en quelques mois, par la majorité des Universités, les milliards promis et engagés: a-t-on oublié ce démarrage plein de promesse, autour d’une jeune et efficace ministre?

On se prenait à espérer qu’enfin une réforme essentielle allait relancer l’enseignement et la recherche Françaises, qui s’essoufflaient face à la concurrence internationale. Nos prix Nobel étaient l’arbre qui cachait la forêt: un taux élevé d’échec et de chômage chez les étudiants, une recherche publique insuffisamment ouverte sur le monde scientifique et entrepreneurial international, une évaluation pas assez fondée sur des avis extérieurs et sans grande conséquence, peu valorisante pour ceux qui innovent, peu regardante sur les rentes de situation.

Enfin, peut-être, le cycle infernal ne se reproduirait peut-être pas: un ministre et ses réformes balayés par la rue!

Hélas! Il se reproduit. Maladresse, précipitation du côté du pouvoir – encore qu’il faut bien un jour terminer les interminables négociations – absence effarante de contre-propositions costructives des opposants, bloquage illégal de certaines universités aux étudiants qui veulent travailler et voient leurs examens compromis ou bradés, jusqu’au boutisme qui aboutit à refuser les amendements au profit d’un retrait complet de la réforme, méconnaissance ou malhonnêteté vis-à-vis de la réforme elle-même, bref conservatisme de l’autre côté.

Alors se pose la question: Quelle alternative? Le roi est-il nu? Faut-il l’abattre, le désaisir? Au bénéfice de quel autre projet, de quel autre chef?    

J’ai beau chercher dans la presse, dans l’expression de ceux qui sont le plus concernés, je ne vois pas de projet alternatif, de leaders à même de le mettre en oeuvre.

Celui-ci propose une évaluation, mais plus timide, évitant à l’évidence une discrimination, une concurrence – ah! le pouvoir des mots – inévitables dans un monde mondialisé et qui bouge à grande vitesse et marginalise les tièdes et ceux qui recherchent stabilité et protection. Tel autre veut – dans certains cas à juste titre – tempérer le rôle du pouvoir local par le pouvoir national, aboutissant à des procédures si complexes qu’elles deviennent inapplicables et favorisent en fin de compte le copinage à juste titre dénoncé.

Et les politiques? Ségolène fustige toutes les initiativres du gouvernement, sans jamais proposer un autre modèle de réforme dont la nécessité est très majoritairement admise. Martine AUBRY, heureusement plus solide, mais limitée par un parti qui se cherche et ne s’est toujours pas trouvé, après 11 ans de direction prudente, pour ne pas dire orientée vers le plus petit commun dénominateur qui évite les conflits mais dont le résultat est affligeant et qui tarde à construire un projet crédible, au delà du « toujours plus », qui assèchera encore plus les caisses déjà vide et alourdira la décroissance!

Pourtant, nous aurions bien besoin d’une confrontation constructive et non cantonnée dans la tentative de destruction systématique de l’adversaire.

Note rédigée par Médorius 1er







L'autre monde | Thème liquide par Olivier