13
Juil
05

ISF : Impôt de Solidarité sur la Fortune ou Incitation à Sortir de France?





En ce moment, il y a un début de polémique en France sur la réforme de l’impôt de solidarité sur la fortune. Cet impôt mis en place dans les années 1980 par les socialistes a pour but de taxer chaque année une partie de la fortune des français les plus riches résidant en France. En clair, cela revient chaque année à prélever un impôt correspondant à une fraction du patrimoine net de chaque contribuable. Par exemple, pour 2005, une personne ayant un patrimoine évalué à 732.000 euros devra payer une taxe de 0.55% soit 4026 euros. Cet impôt aurait rapporté un peu plus de deux milliards d’euros à l’état en 2003 soit une goutte d’eau dans le budget.

Le problème est que disposer d’un certain patrimoine ne signifie pas disposer des liquidités pour s’acquitter de l’impôt. En effet, avec la flambée des prix de l’immobilier depuis des années, quelqu’un possédant un appartement de taille moyenne dans Paris aura vite fait de se retrouver assujetti à l’ISF. Ceci ne veut pas dire pour autant qu’il dispose de plusieurs milliers d’euros pour payer l’ISF. De plus, est ce avoir fait fortune que de posséder un appartement qui a pris de la valeur? Non c’est juste avoir placé son argent en bon père de famille voire bien souvent avoir préféré acheter son logement plutôt que de payer un loyer exhorbitant.

Bien entendu, dès qu’on parle d’aménager cet impôt, il y a une levée de boucliers à gauche, un peu comme si c’était un tabou. Mais il faut regarder la réalité en face, cet impôt est mal fait et plutôt injuste. Les propriétaires de biens immobiliers sont taxés alors que par exemple, une personne possédant des biens professionnels comme des actions de son entreprise n’est pas taxée. Il y a également le problème de la fuite fiscale qui résulte de cet impôt entre autres. Des centaines de contribuables partent en Belgique, en Suisse, au Luxembourg ou dans d’autres endroits à la fiscalité plus douce. Ceci est un problème pour la collecte de l’impôt, pour la consommation mais aussi pour la vitalité de notre économie. En effet, un patron français est plus utile à la France en France qu’à l’étranger. Il faudrait donc trouver un moyen plus équitable de prélever cet impôt afin qu’il soit plus juste et ne pénalise pas certaines personnes pour au final ne rapporter que des bouts de chandelle à l’Etat. Je me prononce donc pour que l’habitation principale ne soit pas prise en compte dans le calcul du patrimoine assujetti à l’ISF. Bien entendu, les biens professionnels tels que des actions de sa propre entreprise doivent rester exonérés.







L'autre monde | Thème liquide par Olivier