17
Août
08

La crise





Pour la première fois depuis des années, le PIB de la France a connu une décroissance au deuxième trimestre 2008. On pourrait se consoler en se disant que c’est toute la zone euro qui est touchée. Seulement voilà, toute la zone euro n’a pas un déficit budgétaire similaire à celui de la France donc ce qui n’est pas génial pour certains est catastrophique pour nous.

Tout le monde est tranquillement parti en vacances la conscience tranquille et aujourd’hui, ils vont rentrer à la va-vite pour tâcher de trouver des solutions demain lors d’une réunion de crise à Matignon. Malheureusement, la France a elle seule ne pourra pas endiguer la crise actuelle qui touche l’économie mondiale. En revanche, on peut amortir le choc et préparer l’avenir. J’espère simplement que le gouvernement ne va pas céder à la tentation facile de l’augmentation des prélèvements. Cela serait donner un coup d’arrêt brutal à la dynamique actuelle et cela sonnerait probablement le glas de la relance attendue de l’économie française dans les années à venir.

Selon moi, il n’y a pas 36 solutions. La première est de réduire de manière drastique le rythme de vie de l’Etat. Il faut très clairement rationnaliser tout ce qui peut l’être et réduire les frais de fonctionnement. Toute entreprise internationale avec un déficit comparable à celui de l’Etat français ne tiendrait pas plus d’un an. Il n’y a donc plus aucune raison de maintenir l’Etat sous respiration budgétaire artificielle. La France vit au dessus de ses moyens, cela ne peut plus durer. On ne peut continuer de vivre à crédit.

La seconde mesure, j’en ai déjà parlé plusieurs fois, c’est de remettre tout le monde au travail. C’est simple, à partir de maintenant, une indemnité doit être égale à un travail, que cela soit dans l’assistance aux personnes dépendantes, dans les grands travaux (je suis ulcéré de voir tous les chantiers publics à l’abandon au mois d’Août) ou encore dans l’encadrement et l’accompagnement des jeunes. Les indemnités ne doivent plus être données gratuitement sans rien attendre en retour. Il ne s’agit pas de culpabiliser les chômeurs mais de les maintenir dans le rythme du travail et donc d’assurer leur employabilité tout en rendant un service indispensable à la communauté.

Ensuite, il faut réformer l’organisation d’un certain nombre d’échelons administratifs. Clairement, il faut supprimer l’échelon départemental qui ne se justifie plus. Il faut conserver et renforcer l’échelon régional, cela suffira amplement et cela ajoutera de la clarté dans les responsabilités de chacun.

Dernière proposition, il faut simplifier l’entreprenariat. Il n’est pas normal qu’en France, pour pouvoir créer et mener à bien son entreprise, il faille avoir : de bonnes connaissances en comptabilité, de solides compétences juridiques et fiscales, un bon talent de manager et accessoirement pas mal d’argent (les banques ne prêtant qu’aux riches, c’est bien connu).

Voilà, la France peut encore s’en sortir mais pour 2008, c’est mal parti. Ce n’est pas la faute de Sarkozy mais si d’ici 2012, les choses ne s’améliorent pas radicalement, cela le deviendra en partie.





5 commentaires pour “La crise”
  1. jbj dit :

    C’est très juste ce que tu dit au niveau de l’entrepreneuriat: C’est n’importe quoi de dire au gens « travaillez plus » et d’un autre coté que ce soit autant la merde pour un mec qui veut monter sa boite.

    Autre truc que je trouve injuste au possible, c’est que les impôts sur les benefs d’une société sont de X%, (33 je crois) peut importe le chiffre d’affaire et le bénéfice brut de la dite société.
    Entre Carrefour et le kebab du coin, y’a un gouffre…

    D’accord avec toi concernant les dépenses publiques aussi: Au passage, faire passer TOUTES les administrations sous Linux ferait économiser des millions d’euros…

  2. Olivier dit :

    Je crois que certaines administrations ont signé un accord avec Microsoft pour payer moins cher… De toutes façons, les dépenses informatiques sont un gouffre, quelle que soit l’entreprise ou l’administration…

    Après pour l’entrepreunariat, je pense que bcp de gens ne se lancent pas à cause de la complexité admninistrative.

    Pour l’imposition des bénéfices, je ne connais pas exactement les règles. Je pense qu’il y a peut être des exonérations au début (mais pas sûr). Après, c’est sûr que le Kebab ne peut pas être comparé à Carrefour. Mais bon, il faut aussi ramener cela au bénéfice par employé…

  3. Gilles dit :

    Pour Linux, il y’a d’autres considérations : si on laisse la diffusion d’infos en .DOC, on peut considérer qu’une grosse entreprise américaine est la seule permettant d’ouvrir les fichiers diffusés par l’État par exemple 🙂 et ça ne réjouit pas trop certains Ministères je pense 🙂
    C’est aussi ça la philosophie du Libre.
    Ca rejoint le fait que le gouvernement ait interdit d’utiliser un Blackberry car les e-mails envoyés passent tous par une plateforme : celle de la compagnie américaine 🙂 donc côté sûreté…

  4. FrédéricLN dit :

    4 suggestions fort intéressantes. Pour qu’elles soient appliquées, il suffisait de voter en 2007 pour le seul candidat qui faisait ces 4 propositions…!

    « Ce n’est pas la faute de Sarkozy », certes, c’est celle de ses électeurs ! Le peuple est souverain.

  5. Olivier dit :

    A titre personnel, je ne regrette pas du tout mon vote pour Sarkozy. Voter Bayrou aurait été un non sens, il ne représente pas la dynamique et l’avenir dont ont besoin notre pays. C’est un homme avide de pouvoir qui appartient au passé. La plupart des personnes compétentes qui l’entouraient l’ont d’ailleurs bien compris et se sont ralliés à Sarkozy.



L'autre monde | Thème liquide par Olivier