19
Oct
09

La crise et le chômage





Hier soir, j’ai suivi l’excellente émission « Capital » qui était consacrée à l’emploi. Aujourd’hui, le constat est simple : le chômage augmente assez fortement à cause de la crise qui détruit des emplois. Pourtant, grand paradoxe français, des centaines de milliers d’emplois sont à pourvoir dans des secteurs comme l’hôtellerie, la restauration et le BTP.

Alors quand est ce que la France va enfin changer son mode de fonctionnement? L’émission décrivait très bien le problème français : une mauvaise orientation au départ et un système qui enferme les gens dans une carrière bouchée et sans issue à terme. Beaucoup de jeunes se perdent dans de longues études sans aucun débouché possible faute d’avoir été bien orientés au départ. A quoi bon faire un bac + 5 pour au final faire un job sous qualifié et donc mal payé par rapport au diplôme obtenu alors qu’on aurait pu se contenter d’un bac +2 dans une filière offrant des débouchées supérieures.

C’est le paradoxe du plombier. Aujourd’hui, les jeunes ne sont pas très enclins à aller dans les professions manuelles réputées difficiles. Pourtant elles offrent de belles carrièresavec des niveaux de salaires bien supérieurs à de nombreux Bac + 5. Alors vous me direz qu’il n’y a pas que le salaire dans la vie. Et je vous répondrai que lorsque l’on passe des mois à chercher un job parce que l’on se trouve dans une voie complètement bouchée après des années d’études et que l’on finit par accepter un job ne correspondant pas à notre formation, on regrette le moment où l’on a choisi son orientation.

Tout le monde ne peut pas être comédien, archéologue, mannequin, responsable marketing dans le secteur du luxe, joueur de football professionnel ou pilote de formule 1! Il serait donc bon que d’une part, on détermine par secteur d’activité les besoins afin d’adapter les cursus et mieux orienter les étudiants et que d’autre part, on facilite au cours de la vie professionnelle les changements de branche. Aujourd’hui, notre vie professionnelle en France est beaucoup trop déterminée par le diplôme et la première expérience. Pourquoi? Parce que les entreprises ne prennent aucun risque lorsqu’elles embauchent car une erreur de recrutement coûte trop chère lorsqu’il faut ensuite licencier ou reclasser la personne.

Est ce que l’on préfère un système complètement verrouillé où les évolutions et les changements sont quasi impossibles qui certes est très protecteur mais tellement protecteur qu’il n’autorise plus aucune prise de risque ou alors on souhaite permettre aux individus de progresser et changer? Perdre son job, ce n’est pas dramatique lorsque l’on sait que l’on peut en retrouver un autre le lendemain ou la semaine suivante. En revanche, perdre son job lorsque l’on est dans un secteur bouché en fin de carrière, c’est la fin de la carrière avant l’heure! Il faut révolutionner ce système qui fabrique des chomeurs en puissance et engendre l’échec! En introduisant plus de souplesse dans le parcours des salariés à l’embauche et au départ, on permettra la prise de risque et on facilitera ainsi les changements de carrière qui sont une obligation dans une société en costante mutation.





5 commentaires pour “La crise et le chômage”
  1. Fabien Becker dit :

    Mon épouse est dans la restauration depuis 30 ans, c’est le métier le plus grand en « foutage de gueule » qui puisse exister en France !

    Le mois dernier 245 heures de travail et 169 de payer, si tu rale tu dégage et avec l’age qui arrive au 50 ans c’est très difficile de trouver du travail

    Mon fils, cuisinier, 9ème sur 95 au CAP mas 312 heures de travail en juillet et 300 heures en aout et 155 heures de payer, si tu l’ouvre tu dégage et ensuite tu ne trouve plus de boulot, les patrons se téléphones entre eux

    Un restaurateur peut se mettre entre 15 et 30% au « black » dans sa poche et il n’y a jamais de controle, ni des impots, ni de l’inspection du travail…rien de rien

    La TVA à 5,5% au ouiiiiiii, ils étaient content 11% de plus au « black » dans la poche

    Non, je déconseille à toutes et à tous de faire un métier dans le domaine de la restauration. Allez plutôt chez MCDO vous êtes mieux payer car chez eux les heures sont notées

  2. Olivier dit :

    A chaque fois qu’il y a un reportage sur le travail au black à la télé, ils controlent soit les restaurants, soit les chantiers de BTP 😉

    Ce sont des métiers où il est relativement « facile » d’avoir des employés au black. Pour ce qui est des heures supplémentaires. Il faut noter scrupuleusement toutes les heures non payées et au moment du départ présenter l’addition et si le patron veut rien entendre, l’inspection du travail et les prud’hommes lui feront retrouver l’ouïe… Le problème dans ces secteurs, c’est que le travail au noir est un sport national donc si un restaurant ne le fait pas, il est désavantagé par rapport à ses concurrents. Pareil dans le BTP. Pour empêcher cela, il faudrait des amendes et des peines beaucoup plus dissuasives.

  3. Gilles dit :

    Tu notes tes heures sup et c’est ta parole contre celle du patron ? Aucune preuve donc tu pleures 🙂

  4. Olivier dit :

    Il y a un certain nombre de moyens d’avoir des preuves : témoignages de proches, de collègues, pointeuse (un patron peut pas s’amuser à trafiquer les relevés de la pointeuse), etc…

  5. Adèle dit :

    Bonsoir, je suis actuellement en BTS fonderie dans les prochaines années ils demanderont 10 000 fondeurs. Je suis casi sûre de trouver du travail après mon BTS car ce métier est méconnu de tous et non saturé comme la restauration.



L'autre monde | Thème liquide par Olivier