3
Oct
08

La fin des parachutes dorés





Effet de mode ou vraie tendance, l’avenir nous le dira. Quoiqu’il en soit, il semblerait bien que nous nous approchions de la fin des parachutes dorés, vous savez, ces primes énormes qu’on accorde aux mauvais patrons pour les remercier d’avoir plombé leur boîte. Le premier à hériter d’un parachute de plomb, c’est Axel Miller. Nicolas Sarkozy a fait du nonpaiement de cette prime une condition sine qua non à la recapitalisation de Dexia par l’Etat français. Beaucoup vont dire que c’est normal, que c’est la moindre des choses. En ce qui me concerne, si je trouve cela tout à fait normal, j’y vois là un symbole très fort.

En effet, d’aucun s’étonnera que cela soit un gouvernement de droite et à fortiori conduit pas Nicolas Sarkozy qui prenne ce virage à 90° dans la moralisation de la vie économique. C’est d’autant plus courageux que l’on sait ses nombreuses amitiés au sein du patronat. Mais je crois qu’il s’agit de réhabiliter la performance et le succès. A reconnaître à un niveau équivalent les fossoyeurs et les créateurs de valeur, on a fini par créer un amalgame nauséabond dans la tête de beaucoup de français : « bons ou nuls, riches ils sont, riches ils resteront ». Et bien il faut croire qu’une page est en train de se tourner et je ne vais pas m’en plaindre.

S’il est inutile de livrer plus longtemps Axel Miller à la vindicte populaire pour qu’il devienne le martyr du capitalisme, il me semblait intéressant de constater que c’est un gouvernement de droite qui a fait le ménage dans cette affaire. Qu’en pense François Hollande? Rien, il a malheureusement oublié de négocier un parachute doré en échange de la libération de son poste au PS et donc il ne pourra pas se glorifier d’avoir bénéficié (ou fait les frais suivant comment on voit les choses) de cette mesure.





18 commentaires pour “La fin des parachutes dorés”
  1. Gilles dit :

    Et pourtant il voulait pas le lâcher son parachute le patron de Dexia, il a fallu une réunion « secrète » pour le « convaincre. Me demande s’il a pas eu autre chose en échange (genre un autre poste ?).
    Sinon, on n’a pas encore entendu le MEDEF pleurer, donc va falloir atetndre pour vior si Sarko tient ses dires. M’étonnerai que ça vienne comme ça genre « Plus de parachute doré en cas de souci de la boîte » sans compensation inavouée.

  2. seb du massif central dit :

    et oui Sarko est il en train de changer ?
    il faut absolument supprimer ses parachutes c’est inadmissible, mais n’es pas l’arbre qui cache la foret.
    Les salaires sont encore beaucoup trop élevés entre un smic et le Pdg d’une boîte.
    Des sommes injustifiées par rapport aux revenus des patrons de PME.
    Pas de commentaires du MEDEF ça m’éttone pas !

  3. Gilles dit :

    Ben ils auraient dû raler…

  4. Olivier dit :

    Je pense que le MEDEF va plier sur les parachutes dorés, il n’a pas trop le choix là…

  5. Michel dit :

    Le fond du problème n’est pas là : parachute doré ou non, ce ne sont pas les quelques millions d’euros encaissés par les dirigeants sur le départ qui sèment le trouble économique et financier actuel.
    Il est cependant vrai que « moralement », c’est difficile à accepter que de voir un responsable en situation d’échec percevoir de telles rémunérations !

  6. eric dit :

    « Ton  » gouvernement de droite il ne l’a pas fait par conviction mais par obligation, nuance, nicolas n’est pas devenu un anti capitaliste ou anti ultra-libéraliste du jour au lendemain, nuance.

    Ne déconnons pas pas non plus, ce mec s’est fait du 155 000 €/mois, à ce tarif là je veux bien être victime de la vindicte populaire.
    Et puis on parle beaucoup des « golden parachute » , mais il existe aussi des « golden hello » non négligables.
    L’ultra libéralisme sans la moindre régulation ne peut QUE apporter les conneries que nous sommes en train de vivre. Ces pourris se sont gavés sur notre dos pendant des années, et maintenant ils faudraient que l’on mettent la main à la poche, et encore sans conditionnalité , pour sauver leur cul merdeux…..autrement dit on socialise les risques et on privatise les bénéfices, elle est pas belle la vie?

    Et malgré la merde économique auquel on assiste suite au règne absolue des actionnaires et leur seul profit comme objectif , on nous parle de la privatisation de la poste, cherchez l’erreur….

  7. Olivier dit :

    Ce n’est pas « mon » gouvernement de droite. Ce n’est pas moi qui l’ait désigné. Moi j’ai juste voté pour Sarkozy. Ensuite, il ne m’a pas consulté pour choisir son gouvernement (sinon, certains n’y seraient pas).

    En ce qui concerne le capitalisme, tout n’est pas blanc ou noir… Il ne faut pas rejeter un système dans sa totalité pour quelques errements dans une situation difficile. C’est toujours la même chose, l’amalgame…

    Cela me fait penser à ces salariés de grosses boîtes françaises récemment privatisées tout content de voir leurs stock options augmenter et qui surveillaient plusieurs fois par jour le cours de bourse puis un jour où l’action dévisse suite à une annonce de résultats calamiteux, l’action dévisse et voilà que ces nouveaux actionnaires pourtant si contents la veille de leurs formidables stock options découvrent la dure réalité du marché. Le fonctionnaire devenu actionnaire voudrait que son action fasse un carton (comme tous les spéculateurs) mais il refuse les risques associés à l’économie de marché et en particulier tout ce qui est licenciement et chute du cours de l’action.

    Mais quand on ne veut pas perdre, il ne faut pas jouer, c’est aussi simple que cela. Mais quand tu joues à un jeu, il faut en accepter toutes les règles. C’est comme si tu jouais au loto et que tu accusais la française des jeux de t’escroquer parce que tu n’as jamais eu les six bons numéros.

    Ce n’est pas le capitalisme qui est en cause, ce sont quelques personnes que l’on a laissé jouer avec un argent qu’ils n’avaient pas. 99% des dirigeants d’entreprises sont des personnes honnêtes et compétentes. Après, tu as 1% de tocards incompétents qui prennent de mauvaises décisions et font couler leurs boîtes.

    Il faut également bien voir que dans la crise actuelle, le déclencheur est le secteur de l’immobilier. Aux Etats Unis, ils attribuaient des crédits à des personnes insolvables. En France, on fait un peu plus attention mais les banques n’ont pas assez anticipé le retournement du marché et donc beaucoup de gens se retrouvent dans une situation difficile notamment avec les prêts relais car ils n’arrivent pas à vendre leur bien.

    En attendant, je peux te dire que nous ne sommes pas prêts d’arrêter de passer à la caisse. Oui les impôts vont augmenter (que cela soit de manière directe ou indirecte) et non le pouvoir d’achat ne va pas augmenter. Quand on est dans un pays qui vit largement au dessus de ses moyens, il faut passer à la caisse pour que le pays puisse continuer de vivre au dessus des moyens. Tu peux remercier « ton » gouvernement de gauche, grâce aux 35h, tu as du temps libre pour réfléchir à comment tu vas dépenser l’argent que tu n’as plus 😉

  8. Medorius dit :

    Je partage globalement l’analyse d’Olivier.Je crois néanmoins le mal plus profond.1% d’indélcats ne suffisent pas à expliquer la crise.La dérégulation est beaucoup plus enracinée et libère les irresponsables et les profiteurs.L’argent rend fou!

    Je regrette l’échec de la convention européenne de 2005, qui aurait donné les moyens d’une concertation européenne de nature à éviter le chacun pour soi. Je suis surpris du comportement de donneur de leçon de Laurent FABIUS,un des grands responsables de cet échec historique.

    Peut-on encore espérer, Sarkozy fait tout pour celà,arriver à une décision européenne protectrice des banques, donc des épargnents? Celà ne peut se faire que dans un climat de justice sociale.

    La « gauche »,est toujours inaudible ou cacophonique, tiraillée par les clowneries de Ségolène(heureusement qu’elle n’a pas été élue!), la fracture entre sociaux démocrates et nostalgiques du marxisme et l’absence d’un leader émergeant et disponible, si ce n’est Strauss-Kahn qui, bien qu’occupé ailleurs, est en tête des sondages!
    Il me paraît le seul crédible pour une alternative.

    Quoiqu’il en soit, refuser la récession et la baisse du pouvoir d’achat est illusoire. Et la relance de l’économie par l’augmentation des salaires l’est elle aussi, au risque de creuser encore les déficits.

    L’ojectif, c’est restaurer la compétitivité des entreprises, naguère brillament exportatrices. C’est sur elle qu’il faut abaisser les cha, pour autant qu’elles recrutent. Enfin, une idée politiquement incorrecte, peu appliquée, mais qui s’est avérée salvatrice. Est-ce choquant de demander à un jeune de 25 ans, en dehors des travaux pénibles, de travailler 39h sans augmentation de salaire, si c’est le prix à payer pour éviter les licenciements?

    Pas d’avantage sans contrepartie!

  9. eric dit :

    S’il n’y avait que 1% de pommes pourris on n’en serait pas là, faut pas dire des anneries pareils. Le capitalisme ultra libéral auquel on a assisté ces dernières décénnies ne s’intérrésse qu’aux bénéfices des actionnaires, bénéfices qui sont pas re-injectés dans l’économie des entreprises mais dans la spéculations pure.Ce qui nous arrivent aujourd’hui n’est pas un accident de parcours, mais un phénomène inéluctable, au début des années 2000 on étaient déjà passés pas loin de la catastrophe, faudrait pas avoir la mémoire courte.Je rapelle, pour ceux qui sont trop jeunes, que pendant les 30 glorieuses, où l’état régulé l’économie, aucune merde comparable, n’est jamais arrivé.
    Aujourd’hui tel grand groupe annonce des bénéfices record et en même temps délocalise et dégraisse des unités de production, pour générer encore plus de bénéfices aux actionnaires, où est la dimension sociale et humaine dans tout ça, l’ultra libéralisme c’est la politique de TPMG (tout pour ma gueule ) des actionnaires, et là je ne parles pas du petit actionnaire employé qui a quelques dizaines d’actions, celui là il ne compte même pas dans ce milieu. Quand aux banques françaises se sont de telles « couilles molles » qu’ils se regardent tous en chiens de fiances à se demander lequel d’entre eux est vérolé, et plus aucun argent ne circulent entre eux, résultat les cours continuent de s’effondrer, ces mecs de la haute finance qui se sont gavés sur notre dos pendant des années PANIQUENT comme des moutons apeurés, ça fait froid dans le dos, non?
    Pour ce qui est de la privatisation de la poste, rapellez vous celle de france telecom, elle ne devait générer aucune suppression d’emplois ni aucune augmentation de tarif, regardez aujourd’hui.Le jour où la poste est entre les mains des investisseurs privés, c’est la fin de la poste en milieu rural, et dites vous bien que c’est pas sur les courrier qu’ils vont chercher à faire leur beurre mais sur les livrets A and Co, je vous laisse deviner le matelas en question.L’ultra libéralisme c’est le pied continuons, 95% des richesses aux 5 % de la population que forment les actionnaires majoritaires, et quand ils font trop les cons, que leur systeme se casse la gueule, les 95% de connards se voient priés de raquer c’est un monde idéal n’est il pas vrai 🙂

  10. Olivier dit :

    Je maintiens ce que j’ai dit… Le patronnat ne se limite pas aux quelques PDGs du CAC 40. Il y a des centaines de milliers de patrons en France. On en parle jamais. Arrêtez de ne voir que la partie émergée de l’iceberg, celle dont on parle dans les médias…

    Quand à France Telecom, l’entreprise s’est modernisée. Je me félicite de cette privatisation. Aujourd’hui, les tarifs du téléphone fixe, du téléphone mobile et de l’internet sont bien meilleurs qu’avant la privatisation. Et je ne parle pas du service, rien à voir, c’est le jour et la nuit.

    Alors pour la Poste, cela ne peut que leur faire du bien. Y en a tellement marre de leur mauvaise qualité de service et des temps d’attente aux guichets…

  11. seb du massif central dit :

    et ben oui avant le 12 c’était gratuit de n’importe ou maintenant c’est hors de prix !!

    air france achète des trains le gaz te vends de l’électricité je ne parle même pas des prix a Carrefours.

    Y a un moment faut arreter de faire n’importe quoi y a juste a regarder le pouvoir d’achat.

    pour l’instant le tarif du timbre est le même pour toute la France a voir dans quelque temps, évidement je suis pas contre la privatisation mais quand chez nous ce sont les communes qui payent la boucherie, l’épicerie et le point poste et crédit agricole c’est un formidable retour en arrière

    quand j’était petit c’était la Coop!!!ceci dit dans quelque temps elle sera moins chère que les grands groupes Danone et compagnie

    la roue tourne …

  12. Gilles dit :

    Plus de 1% de pourris quand même 😉
    tu as vu Capital Olivier dimanche sur cette crise ?
    Pas mal 🙂
    Et les gens ne pensent pas aux emprunteurs via prêt-relais car ce n’est pas la majorité des emprunteurs, mais s’il y a bien une partie des gens qui vont l’avoir bien « profond », ce sont ceux-là : les banques finiront par saisir leur bien car leur ancien bien ne s’est pas vendu.

  13. Olivier dit :

    @Seb : Le 12, c’était peut être gratuit mais tu payais à un moment pour (soit par les impôts, soit par l’abonnement sur la facture FT). Rien n’est gratuit dans la vie, il faut bien payer à un moment…

    J’ai vu en partie Capital (surtout la seconde partie sur l’immobilier). Pour les gens qui ont fait des crédits relais, c’est malheureux mais bon, ils auraient dû être plus prudents. Maintenant, ils n’ont qu’à baisser leur prix et brader leur bien pour limiter la casse.

  14. Gilles dit :

    Ben baisser le prix = rallonger le crédit du deuxième bien. Compliqué.
    La 1ère partie expliquait bien le problème (USA = on prête plein de sous, même aux pauvres, au lendemain du 11-septembre, pour relancer vite l’éco américaine, mais au bout d’un moment…).
    Je suis pas sûr d’être propriétaire dans les années à venir.

  15. Olivier dit :

    Oui mais il faut mieux baisser le prix et ralonger la durée du crédit ou augmenter ses mensualités que se faire saisir le bien qui sera alors vendu aux enchères à un prix très inférieur à ce que la personne aurait pu en retirer en baissant le prix sans attendre la saisie…

  16. Gilles dit :

    Heu le crédit relai, vu le taux, tu as pas trop envie de le prolonger je pense 🙂

  17. Olivier dit :

    C’est sûr mais bon, faut bien trouver des solutions…

  18. Gilles dit :

    Ben si au final tu es bais*… grâce tout ça à un système banciare américain.



L'autre monde | Thème liquide par Olivier