31
Juil
08

La France en vacances





En ce moment, la France est en vacances, elle tourne au ralenti. Il suffit d’aller sur les routes de la région parisienne pour se rendre compte du vide laissé par les vacanciers partis à la mer. Et encore, les 15 premiers jours d’Août vont marquer, comme chaque année, la période la plus creuse de l’année. Il est d’ailleurs intéressant de constater chaque année le même rituel. Les ministres partent en vacances, ma concierge aussi (mais elle reste à Paris car depuis les 35h, elle n’a plus les moyens de partir), La Poste réduit l’amplitude horaire d’ouverture des bureaux et même mon chef se barre! Bref, toute la France (ou presque) est en vacances.

Malheureusement, la France n’a plus les moyens de se payer des vacances. Je voyais hier un reportage à la télévision qui indiquait que les campings connaissaient un succès grandissant là où les hôtels subissaient une baisse de fréquentation. En cause? Le pouvoir d’achat bien entendu. Il faut dire que ce n’est pas tout d’avoir des congés, encore faut-il pouvoir financer les vacances. Savez vous que dans certaines boîtes, entre les congés conventionnels, les congés payés et les RTTs, on peut arriver à plus de 55 jours de congés par an soit plus de 11 semaines ou 1/5e de l’année! Quand on sait qu’aux Etats Unis par exemple, ils n’ont souvent que 2 semaines de vacances, ça laisse rêveur.

Pour se payer 11 semaines de vacances, il faut soit être cadre supérieur, soit habiter sur un lieu de vacances (sur la côte par exemple)! Ceci m’inspire la réflexion suivante : quel est l’intérêt aujourd’hui d’offrir des congés dont finalement les gens ne peuvent profiter pleinement? Est ce qu’il ne serait pas mieux de revenir à un contingent plus raisonnable tout en étant mieux payé ce qui permettrait de vraiment profiter de ses congés?

Je trouve le système actuel extrêmement injuste économiquement et socialement parlant. D’un côté, certaines entreprises en situation de monopole se permettent d’offrir plus de 11 semaines de congés par an. Ces entreprises ne sont souvent pas soumises à une rude concurrence et disposent parfois d’une perfusion régulière de l’Etat pour mener à bien leurs projets. Et je ne parle pas des prestataires qu’elles essorent à moindre frais faute de pouvoir pressurer les gens en interne. Je pense ici à La Poste, EDF, France Telecom, etc…

Et d’un autre côté, nous avons un grand nombre de petites et moyennes entreprises qui créent de la richesse et des emplois (là où les grandes entreprises débarquent régulièrement des milliers de gens) mais où l’on dispose souvent de moins de congés.

Aussi, je crois que pour équilibrer le monde du travail, il conviendrait de mettre tout le monde sur un pied d’égalité. Il faut sortir d’un modèle « à la carte » où l’on va choisir son entreprise en fonction de sa volonté de travailler un peu, beaucoup ou pas du tout. Il faut réhabiliter le travail. Il est quand même amusant de constater que c’est à une période où le travail est le moins pénible que l’on travaille le moins. Il y a un siècle, pour nos ancêtres, l’industrie et ses travaux pénibles étaient la norme. Aujourd’hui, c’est le service et le tertiaire qui dominent. On se plaint souvent de notre situation personnelle sans jamais imaginer que cela aurait pu être bien pire. Les français n’ont jamais aussi peu travaillé qu’aujourd’hui mais pourtant ils ne sont pas contents. Pourquoi? Parce qu’on leur a promis la Lune et qu’ils l’attendent toujours. Arrêtons les promesses, il faut se retrousser les manches, il n’y a plus de temps à perdre. Les vacances, c’est bien mais quand on ne peut pas en profiter, à quoi est ce que cela sert?

Comment réhabiliter le travail dans la société de la glande? Cela commence par l’éducation. Il faut permettre aux jeunes d’envisager l’épanouissement qu’ils pourront trouver dans le travail via des stages réguliers. Il faut également les confronter aux difficultés de certains métiers afin qu’ils prennent conscience du fait que rien n’est facile dans la vie et que pour arriver, il faut travailler dur!

Ensuite, il ne faut plus laisser le choix entre la maison de retraite, le club de vacances et les travaux forcés. Il faut que tout le monde fasse un effort minimum important pour pouvoir contribuer au même niveau au développement national. Il y a tant à faire en France. Notre pays est en retard sur bon nombre de secteurs : développement durable, logement et renouvellement urbain, recherche, etc… Il faut réinjecter des ressources pour redynamiser la société et nous remettre dans un système où le pays avance rapidement. Je suis toujours étonné de voir la lenteur avec laquelle les chantiers avancent en France. Cela prend toujours des années pour construire tel immeuble ou tel pont. Regardez les chantiers quand vous allez à l’étranger, vous verrez ce que c’est qu’un pays qui travaille. Je pourrais prendre l’exemple de Dubaï mais je ne souhaite pas cela pour notre société. Cependant, entre la lenteur française et la vitesse de développement de Dubaï, il y a un gouffre que l’on pourrait peut être combler un peu, non?





4 commentaires pour “La France en vacances”
  1. jbj dit :

    C’est vrai que c’est pas juste que certains aient plus de vacances que d’autres. Le problème d’avoir des congés mais pas d’argent est bien vrai aussi, même si personnellement je suis plus dans le club des « peu de congés mais salaire sympa ».

  2. Olivier dit :

    C’est un peu le problème en France. On a un peu trop un système « à la carte » entre les différentes conventions collectives et les accords d’entreprise qui aujourd’hui ne reflètent plus du tout des difficultés inhérentes au métier mais plutôt la prospérité d’un secteur d’activité…

  3. pascal dit :

    Beaucoup de congés ? c’est possible…..
    Mais cela peut aussi servir à rester à la maison et passer du temps avec sa famille ( ses enfants nottament ).
    Je ne vois pas trop l’intérêt de bosser 10 heures par jours,gagner beaucoup d’argent, mais ne pas voir grandir ses enfants.

  4. Olivier dit :

    Il y a quand même un juste milieu entre bosser 10 heures par jour, gagner beaucoup d’argent et avoir plus de 11 semaines de congés…

    Tu ne vas pas me dire qu’avant les 35 heures, toutes les familles étaient malheureuses et brusquement elles sont devenues heureuses grâce aux 35 heures grâce au temps gagné… Je reste persuadé qu’on a deséquilibré la balance sociale et économique avec cette histoire.



L'autre monde | Thème liquide par Olivier