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Nov
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La Grèce au bord du gouffre





Je n’aimerais pas être dans la situation du peuple Grec actuellement. Une fois de plus, les politiques ont manqué de courage et ont décidé de s’en remettre au peuple qui va devoir se prononce sur le plan d’austérité élaboré par l’union européenne. Ce plan très audacieux est inespéré puisqu’il leur permettrait d’effacer plus de 50% de leur dette tout en restant dans l’euro. Autant dire que même s’ils doivent faire beaucoup d’efforts en contre partie, c’est une aubaine.

Car si le plan n’est pas adopté, c’est la faillite assurée, la sortie immédiate de l’euro, le chaos et le chômage… Alors en clair, les grecs ont le choix entre un coup de bâton tout de suite ou un coup de massue dans quelques semaines. Ils peuvent toujours se raccrocher à l’idée qu’ils feront sans l’euro mais concrètement cela signifierait un recul de 30 ans.

En sortant de l’euro, les grecs ne pourront plus importer facilement car leur monnaie ne vaudra rien. Ils ne pourront plus emprunter d’euro car plus personne ne voudra leur en prêter. En clair, le pays sera contraint de fonctionner en autarcie monétaire avec des banques locales qui disposeront de peu de liquidités et qui n’auront aucune possibilité de se refinancer sur le marché extérieur.

Le problème de la Grèce, c’est que le pays a vécu très au dessus de ses moyens pendant des décennies. En maquillant les comptes, ils ont obtenu toujours plus de prêts et aujourd’hui, ils ne peuvent plus payer. La Grèce est devenue un pays moderne trop vite, il faut dire qu’ils partaient de très loin. L’Europe a tout donné à la Grèce qui dispose d’infrastructures incroyables grâce à la manne européenne. Il serait donc bon que ce pays où la corruption et la fraude sont des sports nationaux reconnaisse ses fautes et accepte la cure d’austérité européenne. Sinon, cela sera la porte…

Pour la France, une faillite de la Grèce serait une mauvaise nouvelle, surtout pour les banques qui ont une exposition assez forte à la dette grecque. Il faudra donc surveiller cela de près car certaines pourraient être entraînées dans cette chute. Pour information, une banque qui fait faillite, c’est la disparition totale des capitaux des personnes titulaires d’un compte. La France dispose d’un organisme censé couvrir les dépôts à hauteur de 100K€ par personne mais concrètement, ce fond ne pourra jamais indemniser tous les clients dans le cas d’une faillite d’une grosse banque car il ne dispose que de quelques milliards d’euros alors que l’exposition est 10 ou 100 fois supérieure…





3 commentaires pour “La Grèce au bord du gouffre”
  1. pascal dit :

    Effectivement c’est risqué mais pas si idiot que cela ! Et contrairement à ce que l’on peut entendre je trouve très courageux d’organiser un référundum.Le peuple est souverain et doit choisir ! Ils ne sont pas si bête que cela ! Arrétons de croire que le peuple est fait d’imbéciles et que l’élite doit décider pour lui !
    Le peuple choisira en connaissance de cause et à très bien compris les enjeux.
    De toute manière que deviendrait un président grec chargé d’appliquer des décisions europeennes dont personne ne veut? Un pantin sans pouvoir..
    Tout est probablement allé trop vite pour la Grèce.
    Ils n’étaient pas prêt à entrer dans l’union européenne,beaucoup de monde s’est trompé.
    pas seulement les Grecs !
    S’ils décident de reprendre leur autonomie,
    j’ai plutôt l’impréssion que c’est aux autres que cela fait peur…

  2. Olivier dit :

    L’impact, il va être pour les grecs, pas pour les autres…
    Si tu veux avoir une idée de ce que cela donne un pays en faillite, regarde ce qui s’est passé récemment en Argentine, c’est très instructif…

  3. Medorius dit :

    Au moment où j’écris, le référendum est – heureusement – abandonné. Il fallait faire vite et les élections permettront, un plus tard, au peuple de s’exprimer.
    Dans cette affaire, on peut reconnaître à Sarkozy un rôle positif, qu’Angela Merkel a endossé avec retard.
    François Hollande a beau jeu de critiquer. Mais les Français reconnaissent les efforts de Sarkozy, si l’on en croit les sondages.
    Hélas, la situation est de plus en plus problématique pour notre pays, qui doit à la fois résorber la dette et épargner la croissance.



L'autre monde | Thème liquide par Olivier