2
Oct
09

La récidive dans les crimes sexuels





Le sujet revient régulièrement à la une de l’actualité, trop souvent à l’occasion d’un nouveau crime sexuel perpétré par un criminel libéré prématurément. Cette semaine, c’est l’assassinat de Marie-Christine Hodeau par Manuel Da Cruz qui ravive la polémique. Il est d’ailleurs intéressant de constater que l’on ne parle plus de l’arrestation de Roman Polanski en Suisse, comme si brusquement, certains intellectuels ne se sentaient plus le courage de défendre l’indéfendable. J’ai été vraiment consterné par l’intervention de certains cinéastes qui tentaient de faire passer les Etats Unis pour des bourreaux et Roman Polanski pour une victime. Je leur propose d’ailleurs de reparler de cela lorsque l’un de leurs proches leur avouera 15 ans après les faits avoir été abusé par un délinquant sexuel. Je ne dis pas que Roman Polanski est un délinquant sexuel, je ne suis pas habilité à le juger. Je dis juste qu’on ne peut se soustraire indéfiniment à la justice.

Mais pour revenir à l’affaire du jour, la polémique oppose les politiques qui versent parfois dans la démagogie et les syndicats de magistrats qui estiment comme toujours que la justice est parfaite et n’a pas failli. Entre les deux, il existe un juste milieu qu’il faut trouver. Oui il y a eu une défaillance puisqu’il y a eu une victime mais la vraie question est de savoir quelle société nous voulons.

Est ce que nous voulons une société qui enferme à vie les délinquants sexuels pour éviter toute récidive? Il n’y aurait certes plus de récidives mais la population carcérale exploserait avec les coûts associés. En outre, il n’y aurait plus de droit à la deuxième chance ce qui est un peu gênant du point de vue des libertés individuelles même si je crois qu’il faut penser aux victimes avant de penser aux criminels. En fait, en France, on accepte un certain niveau de risque, que l’on tente régulièrement de minimiser via de nouvelles lois toujours plus contraignantes mais le risque zéro n’est pas possible dans notre société dans la mesure où son coût est inacceptable aussi bien financièrement que moralement. Alors on vit avec un certain niveau de risque. A chaque fois qu’il y a un drame, on crie au scandale mais au fond, il n’y a rien de vraiment nouveau à chaque fois.

On a toujours l’impression que quelque chose de nouveau s’est produit, qu’il y a une prise de conscience, que les choses vont changer. Mais une fois l’émotion passée, chacun reprend ses activités et accepte de vivre avec le risque. Au fond, c’est un peu l’histoire du « ça n’arrive qu’aux autres » jusqu’au jour où l’on finit par être touché de manière plus ou moins directe et là on ne réagit plus de la même manière.

Moi je crois qu’il ne faut plus tolérer une seule seconde de vivre avec ce risque. C’est trop grave. Combien de vies, de familles brisées? Quelle angoisse pour les victimes de savoir que leur bourreau est dehors? Il faut placer les victimes au coeur de notre réflexion judiciaire pour les protéger et empêcher toute récidive.

Je ne sais pas bien si la castration chimique est la solution miracle mais il faudrait peut être l’évaluer. Si cela règle pas définitivement la situation, cela ne sera pas négatif, au moins pour les victimes. Après, il faut certainement une prise en charge médicale plus adaptée. J’entendais le chiffre hier d’une demi-journée de consultation hebdomadaire en prison pour 400 détenus, c’est bien peu, surtout lorsque l’on sait que plus de 25% de la population carcérale est liée à des crimes sexuels.

En clair, il faut se donner les moyens de réduire le risque. Il n’y a qu’à rogner sur le budget de Frédéric Mitterrand, lui qui défendait Roman Polanski. La culture, c’est bien, mais franchement, en ces périodes de vâche maigre, je préfère qu’on assure déjà l’essentiel et le fait de ne pas croiser un délinquant sexuel me semble bien plus essentiel que l’organisation de n’importe quelle exposition…







L'autre monde | Thème liquide par Olivier