22
Fév
17

L’abdication d’Aquilino Morelle





Je ne lis pas souvent. Cela m’ennuie et je me perds très vite dans mes pensées, celles-ci étant probablement plus prégnantes pour mon cerveau que ce que je lis…

Mais j’ai décidé de lire le livre d’Aquilino Morelle intitulé L’abdication. Quel titre accrocheur! J’avais envie d’en savoir plus sur François Hollande et aussi sur celui que l’on nomme Quiquilino…

Je n’ai pas été déçu du voyage. La première partie du livre parle de la campagne. Aquilino nous raconte comment Hollande a été élu grâce aux voix de Montebourgeois. Il raconte l’élan qui a suivi le fameux discours du Bourget. Le rythme est agréable, c’est bien écrit. Ensuite, on sombre dans un rythme que je qualifierai de Blayrausien, en hommage à Jean-Marc Blayrault qui a foutu en l’air la première partie du quinquennat si l’on en croit Aquilino. C’est long, très long, j’ai cru que j’allais laisser tomber.

Heureusement, la fin est plus agréable. Aquilino raconte comment il a été excommunié et son intime conviction que tout cela a été savamment organisé par François d’Hollande. On sent l’homme blessé, meurtri, celui qui a donné son amitié sans réserve et a reçu en retour François d’Hollande, cet être singulier qui a ébloui des millions de français puis les a écrasé sur son pédalo qui tangue et avance doucement mais sûrement sur les eaux mouvantes.

Il revient sur l’épisode du cirage de pompes, reconnaît son erreur mais ne semble pas comprendre pourquoi cela a autant choqué. Il se pose en victime. Il y a là quelque chose d’indécent. Je suis un simple citoyen et j’ai été choqué par son comportement. Lorsque l’on est à l’Elysée, on se doit d’être exemplaire. Etre exemplaire, c’est ne pas s’octroyer du fait de ses fonctions un mode de vie déconnecté de ce que vit la population. Se faire cirer les pompes, cela ne passe pas. Pas plus que prendre le jet pour des déplacements politiques ou se faire servir un room service comme si on était à l’hôtel. Aquilino pense peut être que comme il travaille beaucoup, il a le droit à certains privilèges mais c’est tout l’inverse. La haute fonction publique impose beaucoup de devoirs mais ne devrait octroyer aucun privilège!

Je lui accorde tout de même le fait que sa présomption d’innocence a été lourdement bafouée. Fort de cette expérience, on aimerait entendre son point de vue dans le débat actuel sur la situation de Fillon. Est-ce qu’il se livrerait à la curée, cette même curée dont il a été la victime expiatoire il y a peu de temps, probablement organisée par les mêmes personnes…

En finissant le livre, il m’en reste un sentiment mitigé. J’ai appris quelques informations sur Hollande. Quand il a été élu, j’ai eu peur mais j’ai vite compris au bout de quelques semaines qu’il n’y avait absolument rien à en attendre ou à en craindre. Il ne ferait rien car il ne savait rien faire et la suite m’a donné raison. Aquilino donne un certain nombre d’explications, de ce point de vue, le livre est intéressant. La partie plus personnelle sur son enfance et son évolution est aussi intéressante, Aquilino a l’air sympa. On passerait bien un dîner à refaire le monde dans ce lieu Italien où il passe ses vacances et qu’il décrit si bien. Il est cultivé et semble être quelqu’un de fidèle en amitié. Malheureusement pour lui, être fidèle à François Hollande, c’est comme être fidèle à une prostituée, tu payes la passe mais tu sais que tu seras cocu dans la seconde. Si l’attrait du pouvoir a pu le rendre aveugle, il aurait pu retrouver la vue un peu plus rapidement, notamment en lisant mes chroniques!







L'autre monde | Thème liquide par Olivier