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Sep
09

Le cancer du BTP





constructionHier soir, reportage sur le BTP dans l’émission envoyé spécial sur France 2! Je regarde donc avec grand intérêt. On y parle des malfaçons. Le reportage était très intéressant mais aussi très désolant. En France, n’importe qui peut s’improviser ouvrier du BTP. On voyait ainsi un responsable d’auto école qui faisait des chantiers à ses heures perdues. Manque de bol pour sa cliente, il l’avait laissé en plan en plein milieu du chantier. Elle se retrouvait alors avec une salle de bains inutilisable, un pseudo ouvrier injoignable et un assureur qui se planquait derrière d’obscures clauses pour ne pas l’indemniser.

Ensuite, il y avait le cas de la justice qui est d’une incroyable légèreté face à ce cancer français. Les procédures avec les expertises durent plusieurs années (entre 5 et 10 ans, parfois beaucoup plus). Au bout du compte, dans le meilleur des cas, l’entrepreneur doit payer quelques dizaines de milliers d’euros pour réparer mais ça s’arrête là. On ne parle jamais de prison, de dommages et intérêts ou de fermeture d’entreprise pour ces incompétents qui brisent des vies.

Autre passage intéressant, la certification Qualibat, censée protéger le client. En fait, on se rend très vite compte que c’est une certification qui n’a de valeur que dans le discours des promoteurs qui l’obtiennent. Il n’y a pas d’inspection sur site. La délivrance de la certification se fait sur simple dossier! Enfin, l’organisme certificateur se finance grâce aux cotisations des certifiés, autant dire qu’il a intérêt à en avoir le plus possible.

Aussi, je préconise les mesures suivantes pour en finir avec ce cancer du BTP :

  • Création d’un ordre du bâtiment sous tutelle du ministère de la justice et du ministère de l’économie pour réguler la profession. Toute entreprise souhaitant exercer dans le secteur devra avoir un quota de personnes inscrites à l’ordre du bâtiment. Pour s’inscrire, un employé devra justifier d’un diplôme approprié.
  • Toute entreprise ou personne réalisant des travaux devra souscrire une assurance couvrant intégralement et sans limite les dommages qu’il pourrait commettre. Le défaut d’assurance sera un délit puni d’une amende. En cas de récidive, l’entreprise sera radiée de l’ordre du bâtiment et ne pourra plus exercer dans le secteur.
  • L’assurance de l’entreprise devra indemniser le client de l’entreprise sous 30 jours et sans attendre le jugement. Charge à elle ensuite de se retourner contre l’entreprise si elle souhaite récupérer sa mise en cas de faute manifeste. Le montant de l’indemnité sera fixé par un expert mandaté par le tribunal et bien entendu agréé par l’ordre du bâtiment.
  • Création d’un label européen de qualité, cela pourrait tout simplement être le marquage CE appliqué au bâtiment. Toute entreprise souhaitant l’avoir devra se faire certifier et subir des audits réguliers sur site. Cela changera des évaluations sur dossier.
  • Enfin, pour les spécialistes de la faillite et des chantiers abandonnés, il faudra envisager des poursuites au pénal. Les assurances devront s’organiser pour financer un fond de garantie afin de couvrir les chantiers abandonnés.

Le but de ces propositions est de réguler la profession et d’inverser le rapport de force. Aujourd’hui, les particuliers sont complètement démunis face aux assurances et aux constructeurs et on ne peut pas dire que la justice leur soit d’une grande aide. Il faut donc que les assurances jouent leur rôle. Ensuite, elles se retourneront contre les constructeurs et in fine, n’assureront plus ceux qui génèrent trop de litiges. Ceci permettra de réduire rapidement le nombre de litiges puisque ceux qui ne font pas un travail de qualité seront radiés par leur assurance et ne pourront plus travailler.





Un commentaire pour “Le cancer du BTP”
  1. Barbosa dit :

    Le problème, c’est que le bâtiment est un secteur d’activité non délocalisable, créateur d’emplois. Malheureusement, le coût élévé du travail en France entraîne une proportion énorme de travail au noir.
    Alors l’Etat n’est pas trop regardant.
    Globalement, je suis d’accord sur la nécessité de moraliser la profession.



L'autre monde | Thème liquide par Olivier