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Oct
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Le pôt de taire contre le pôt de faire





Non non, je n’ai pas fait de faute d’orthographe dans le titre de cette note. C’est juste un gros jeu de mots. Voilà ce que m’a inspiré le jugement de l’affaire Kerviel.

Près de 5 milliards d’euros de dommages et intérêts, la justice a eu la main lourde, très lourde. Jamais une personne physique n’avait été condamnée à payer une telle somme. Et je n’ai pas souvenir d’une telle condamnation pour une entreprise. Pourtant, elle est longue la liste des entreprises aux pratiques douteuses qui auraient pu être condamnées à des milliards pour le mal qu’elles ont fait.

Pour moi Jérôme Kerviel n’est ni un héros, ni une victime, c’est un gars qui s’est retrouvé pris dans un engrenage qu’il ne maitrisait pas, un peu comme un joueur pour qui la chance aurait très mal tourné.

Après, le condamner à une telle somme, cela semble aller complètement à l’encontre de la jurisprudence en France. A tort ou à raison, en France, les employés sont très rarement condamnés pour les dommages qu’ils ont pu causer à leur entreprise. Il y a une sorte de droit à l’erreur dans le monde du travail qui fait qu’une entreprise obtient rarement réparation lorsque l’un de ses employés a commis une faute, que celle-ci soit intentionnelle ou non.

Nous sommes ici dans un contexte très particulier, une affaire très médiatisée au coeur de la crise financière. Et voilà comment Jérôme Kerviel se retrouve responsable de tous les maux de la société. Comme si c’était lui qui avait fait ce système explosif. C’est lui prêter à mon humble avis des pouvoirs et des compétences qu’il n’a jamais eu.

S’il est certain qu’il a causé du tort à la Société Générale, je pense qu’elle s’est causé encore plus de tort par sa réaction complètement inadaptée. Et ce n’est pas fini! On entend à longueur de journées des directeurs de la communication nous ressortir un discours ultra formatté emprunt de malaise et de vanité. Il serait grand temps que cette banque réalise que nous sommes tous des clients, effectifs ou potentiels et qu’elle fasse profil bas. A cause de tout ce bruit, dans 10 ou 20 ans, lorsque l’on pensera à la crise, on pensera à la Société Générale. Et son histoire restera associée à jamais à celle d’une entreprise qui a fait payer un homme pour des errements dont la responsabilité ne saurait être que la sienne… Bref, cette banque n’a plus qu’à changer de nom, s’appeler SG par exemple (comme le LCL, souvenez vous).

En conclusion, heureusement qu’on ne demande pas aux hommes politiques de rembourser les déficits qu’ils ont creusé avec leurs politiques hasardeuses car ils auraient, à n’en pas douter, volé le titre de condamné le plus endetté de France à Jérôme Kerviel, ce qui eu été un comble pour un politique (de voler, pas d’endetter).





Un commentaire pour “Le pôt de taire contre le pôt de faire”
  1. Medorius dit :

    Dans la liste des coupables, il faudrait ajouter, au delà des politiques qui en deviennent les vassaux, la finance et surtout la finance mondialisée.
    Je fais un rêve: et si cette crise amenait enfin à tirer la leçon de ce que l’argent rend fou et à faire monter en charge la régulation de la spéculation?
    Hélas, je ne suis pas trop optimiste: il faudrait que cette régulation soit mondiale et il y a longtemps que les financiers ont pris le pouvoir!



L'autre monde | Thème liquide par Olivier