30
Sep
09

Le retour du péage urbain





Galouzeau avait défendu l’idée il y a deux ans déjà. Il est aujourd’hui devant le tribunal pour s’expliquer sur l’affaire Clearstream. Et voilà qu’un sénateur, Louis Nègre, vient de rédiger un amendement pour permettre des expérimentations sur le péage urbain. Jean-François Lamour nous expliquait hier sur France 3 les vertus du péage urbain. J’ai cru que j’allais avaler ma télécommande…

En effet, voir Jean-François Lamour nous parler du péage urbain alors qu’il roule dans une grosse Peugeot 607 de fonction avec chauffeur (je l’ai vu il y a quelques mois un matin sortir de chez lui en partant au boulot), c’est un peu symptomatique de ces hommes politiques déconnectés de la réalité qui voudraient imposer aux gens un exemple qu’ils sont incapables de montrer au quotidien. Conclusion, tant que je ne verrai pas Jean-François Lamour sur un Vélib pour aller à la Mairie de Paris, inutile qu’il me parle du péage urbain, il n’a aucune crédibilité sur le sujet. Vous me direz, on est pas prêts de le voir sur un Vélib vu le bide qu’il a pris depuis qu’il est devenu homme politique…

Sinon, je suis toujours contre le péage urbain. D’une part parce que cela va coûter une fortune à implémenter et d’autre part parce que c’est une mesure aussi injuste socialement que contraire au sens de l’histoire et du développement économique. Comment vont faire les gens qui n’ont pas d’alternative à la voiture pour aller bosser? C’est sûr que quand on bosse à la Mairie de Paris et qu’on habite à côté, cela ne pose aucun problème mais quand on vit à Paris et qu’on bosse en grande banlieue, là c’est beaucoup moins drôle. Aussi, pour faire réfléchir nos chers élus, je propose qu’on délocalise les réunions du Conseil de Paris pendant six mois. Allez hop, on fait cela à 30 kms de Paris pour qu’ils se rendent compte de ce que sont les transports en Ile de France au quotidien. On fait cela dans un coin hors d’atteinte du RER (ce n’est pas cela qui manque). Ainsi, ils vont se tapper le quatuor infernal : métro, RER, bus et marche à pied. En plein hiver, cela devrait les faire réfléchir sur l’intérêt de la voiture.

Il faut arrêter de nous parler du développement des transports en commun pour permettre aux gens d’abandonner leur voiture. C’est une douce illusion. Il faudrait 20 ans pour ramener les transports à un niveau de service et de maillage acceptable. C’est juste pas faisable pour des raisons budgétaires mais aussi bureaucratiques.

Les hommes politiques feraient mieux de mettre la pression sur les constructeurs automobiles pour qu’ils sortent les véhicules propres qu’ils auraient dû sortir depuis des années s’ils n’avaient pas suivi de manière aveugle la stratégie dictée par le lobby pétrolier!







L'autre monde | Thème liquide par Olivier