19
Déc
09

L’échec de Copenhague





Et voilà, c’est fait, cela faisait des mois pour ne pas dire des années qu’on nous bassinait avec Copenhague, c’était le sommet de la dernière chance. Les politiques ont préféré laisser passer cette dernière chance, la planète va donc se réchauffer de manière inéluctable avec la bénédiction des politiques. Au moins, contrairement aux armes nucléaires, là, il n’y aura aucun contrôle et s’il y a un problème, on ne pourra pas dire qu’on ne l’avait pas vu venir.

Je pense que cet échec était malheureusement prévisible. En effet, aujourd’hui, ceux qu’il faut convaincre de faire des efforts n’en ont pas les moyens ou pas la nécessité immédiate. Le réchauffement climatique, notamment aux Etats Unis, est perçu par beaucoup comme un problème lointain, un peu comme la dette publique en France. L’opinion publique américaine a la mémoire courte. Elle a oublié la Nouvelle Orléans, submergée par les eaux il y a quelques années.

En fait, pour que les choses bougent, il aurait fallu une ou deux grosses catastrophes climatiques dans l’année qui touchent les Etats Unis et la Chine et là, ils auraient peut être été soumis à une pression autre de la part de leur opinion publique. Mais là, le climat n’est pas la priorité à cause de la crise notamment qui occupe le devant de la scène depuis 15 mois.

Ensuite, c’était vraiment une grosse erreur de casting que de faire ce sommet à Copenhague au mois de Décembre. Parler du réchauffement climatique quand on se gèle sous la neige, c’est vraiment contre productif. Si tu veux parler du réchauffement climatique, tu vas l’été dans le désert sans climatisation et là crois moi, tout le monde fait ce qu’il faut pour que la négociation aboutisse rapidement.

Comme il faut bien avancer, je suggère que l’on mette en place un système mondial de taxe au profit des pays s’engageant dans le développement durable. Ainsi, tous les pays ratifiant un accord contraignant sur les émissions de gaz à effet de serre pourraient taxer les produits entrant sur leur territoire en provenance de pays n’ayant pas ratifié un tel accord. Les fonds récoltés permettraient de miser sur le développement durable pour tenir ces engagements. Ils pourraient aussi être alloués à l’aide des pays en voie de développement. L’Europe peut tout à fait imposer ce genre d’accord au reste du monde dans la mesure où elle représente un marché énorme.

Il ne serait pas normal que ce soit toujours les mêmes qui fassent des efforts pendant qu’américains et chinois refusent de se montrer à la hauteur de l’enjeu. Malheureusement, encore une fois, il faut que certains pays montrent le chemin à suivre. Il faut donc que l’Europe joue son rôle. Les autres suivront. En attendant, la mise en place d’une taxe permettra d’accentuer la pression.





4 commentaires pour “L’échec de Copenhague”
  1. pascal dit :

    J’aime assez l’idée d’un sommet en plein désert sans clim……….
    Il parrait que c’était déjà pas si mal de réunir autant de chefs d’état en même temps.Sans doute attendions nous trop de sommet….
    Comme tu dit, malheureusement le réchauffement n’est pas encore assez palpable pour beaucoup de gens.

  2. Gilles dit :

    Mmm et qu’est-ce qui empêche de fixer l’Europe à -20% en faisant un bras d’honneur aux autres ?
    Si les pays OPEP, la Chine, l’Inde et les autres sont hyper pollés, qu’ils meurent 🙂

  3. Olivier dit :

    Le problème est qu’il ne faut pas plomber notre économie face aux autres. C’est pour cela qu’il est essentiel de pouvoir taxer ceux qui ne veulent pas agir, par un moyen ou un autre pour que tout le monde s’y retrouve.

  4. Gilles dit :

    On achète déjà aux Pays genre la Chine, si on taxe une entreprise FR, déjà qu’elle était pas compétitive, ça va pas l’enfoncer plus si elle était déjà trop peu rentable 😛
    Mais bon on devrait, ou plutôt l’Etat devrait, aider les entreprise à se moderniser pour moins polluer…



L'autre monde | Thème liquide par Olivier