27
Sep
07

L’emploi des cadres





Les cadres vont devenir une denrée rare en France. Vieillissement de la population, départ à la retraite des personnes nées durant le baby boom (après la seconde guerre mondiale), baisse du nombre de nouveaux entrants sur le marché du travail, autant de facteurs qui font que le marché de l’emploi des cadres recommence à connaître une tension importante depuis quelques mois. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter ces statistiques intéressantes sur l’emploi des cadres. L’emploi des cadres, à l’instar de certains secteurs comme le BTP, est donc amené à aller puiser des ressources à l’étranger de manière croissante dans les années à venir pour répondre à l’offre. Le problème du chômage reste cependant entier en France mais quand on y regarde de plus près, un meilleur alignement des compétences face aux besoins permettrait probablement de résoudre une grande partie du chômage.





11 commentaires pour “L’emploi des cadres”
  1. Gilles dit :

    Reste plus qu’à obliger les gens à bosser dans la bâtiment ou la restauration même s’ils ont pas envie.
    Et n’oublie pas Olivier : un cadre coûte cher à l’entreprise alors qu’un ‘tit jeune au SMIC…

  2. Olivier dit :

    Sans forcément les obliger, je pense que si l’on valorisait un peu plus certaines filières et qu’on développait dans notre système scolaire l’apprentissage de certains métiers plus tôt, on ne serait pas dans cette situation… La réalité est que depuis des décennies, faire des études menant aux métiers du BTP n’est pas valorisé comme il se doit alors les jeunes préfèrent s’entasser dans des filières sans aucune débouchée comme l’histoire de l’art par exemple…

  3. pascal dit :

    Je suis assez d’accord avec toi olivier.
    Il faut que les jeunes ( et leurs parents ) fassent concorder leurs désirs et les besoins de la société.
    L’éducation nationnale a aussi un grand rôle d’information à jouer….
    Les études demandent de gros sacrifices et d’efforts.
    Je me mets à la place d’un jeune qui,après de longues études se retrouve dans un emploi qu’il aurait pu occuper avec un CAP ( car il arrive un moment ou il faut bien bouffer !) c’est sans doute très frustrant.
    Non pas sur le métier qui peu lui permettre de se réaliser,mais sur toutes ces années perdues sur les bancs de l’école.

  4. Olivier dit :

    Oui c’est clair, surtout lorsque tu vois ce que l’on apprend au collège et au lycée, le système scolaire n’est pas adapté aux réalités d’aujourd’hui. Il faudrait beaucoup plus d’enseignements pratiques.

  5. dab dit :

    La valorisation du travail manuel n’est pas l’urgence,à mon avis.La valeur du travail manuel elle est ressentie par chacun de nous lorsque nous tombons en panne avec notre voiture ou un appareil électroménager et que nous ne trouvons aucun réparateur compétent, ni disponible. Dans de telles situations les gens sont prêts à payer n’importe quel prix.
    Je me souviendrai toujours de la question posée par cette dame bourgeoise ,plutôt genre intellectuel accourue à la loge du gardien, qui apprenant qu’à la suite d’une panne de chaudière dans mon immeuble à Paris en début d’hiver il était impossible,pour le gardien, de dire à quel moment celle-ci fonctionnerait ,en tout cas ni le soir même ni même le lendemain: « Comment,sans eau chaude, vais-je pouvoir me laver les cheveux? » Comme si le ciel lui était tombé sur la tête! Dans ce cas un historien de l’art n’aurait rien pu faire pour la consoler.
    Le problème de cette chaudière était tout simplement qu’elle était vieille,techniquement dépassée,et que dans l’immeuble, les copropriétaires , toujours réticents à payer les factures, ne savaient pas anticiper les évènements,retardaient au maximum des inévitables travaux de maintenance,espérant que ça ne casse pas, et n’arrivaient pas à comprendre qu’on trouve plus facilement des réparateurs de chaudières compétents quand il n’y a pas urgence en ce domaine,comme en été .
    Par contre ,tout à fait d’accord pour développer notre système d’apprentissage non pas de certains métiers,mais,si possible, de tous les métiers. Seulement l’apprentissage ,en plus d’une formation standard en école nécessite stage de travail en entreprise.Cela, les professeurs n’en veulent pas. Pourquoi? Parce que revenus sur leurs bancs les élèves leur objecteront que ce qu’ils se font enseigner en classe ne leur est d’aucune utilité pour le boulot lui-même.Ce qui est partiellement vrai.D’un autre coté,les stagiaires conseillés par leurs professeurs de ne pas faire n’importe quoi et de refuser de se faire « exploiter » n’intéressent pas les entreprises qui ne souhaitent pas avoir de problèmes.

  6. Olivier dit :

    Dab,

    Ton point de vue est intéressant. Aussi je pense qu’il faut réformer la manière d’enseigner pour qu’elle soit plus orientée sur la pratique et l’entreprise.

    J’ai fait 20 ans d’études (de la maternelle aux études supérieures) et finalement, au bout du compte, je crois que la seule chose que j’ai appris, c’est à encaisser une charge très importante de travail, savoir gérer des priorités et m’organiser. Tout le reste, les formules de maths, l’histoire-géo et compagnie, il ne m’en reste presque rien. J’ai bien conscience du fait que la connaissance se construit petit à petit mais je crois qu’on fait trop de bourrage de crane sur des choses ayant un intérêt limité.

    Et puis, j’ai croisé tellement de profs aigris et blasés par leur métier que cela ne donnait pas envie d’apprendre. C’est aussi pour cela que je crois que placer les jeunes dans des entreprises, au contact de gens qui pratiquent un métier qu’ils aiment au quotidien, c’est essentiel pour leur donner des perspectives différentes…

  7. pascal dit :

    L’exemple de dab montre bien que l’on peut être cultivé sans pour cela être très intelligent….
    Quelqu’un qui ne se sent pas à l’aise à l’école peut très bien réussir va vie professionnelle,les exemples ne manquent pas……
    Et ça les enseignents ont du mal à comprendre.
    c’est un peu normal aussi,ce sont eux mêmes d’anciens bons éléves….
    Alors,des gens qui réussissent sans études ça les dépasse un peu !!

  8. Olivier dit :

    On pourrait aussi disserter sur la notion de réussite mais c’est un autre débat 😉

    Quand à l’intelligence et la culture, ce sont heureusement deux notions bien différentes sinon il n’y aurait pas bcp de gens intelligents sachant combien il y a d’incultes lol 😉

  9. dab dit :

    Olivier,

    Vous avez appris aussi,ou vous l’avez plutôt découvert ,qu’autour de vous ces qualités que vous reconnaissez avoir ,par la force des choses,acquises ou confortées que sont la gestion des priorités et le sens de l’organisation faisaient parfois grandement défaut autour de vous chez des collègues ou autres personnages avec lesquels vous étiez en relation. Cela demande un effort personnel et une intelligence que tout le monde n’a pas,hélas.
    Pour ce qui est des maths,de l’histoire-géo et compagnie… (j’ajouterai les langues,physique- chimie ) ce sont là des connaissances générales qui font partie d’un tronc commun et qui peuvent toujours servir ultérieurement. Dans mon cas personnel j’ai eu besoin de tout cela,mais bien sur quand on m’a enseigné ces disciplines je n’en ai pas saisi l’utilité sur le moment. Un exemple:il vaut mieux savoir quand on va au Brésil ,pour ne pas paraître idiot sur place, que c’est une ancienne colonie portugaise,c’est pour cela qu’on y parle portugais, que c’est dans l’hémisphère sud et qu’il sera inutile si on y va en janvier de charger ses bagages de vêtements chauds.
    Par contre,parmi les choses ayant un intérêt limité je citerai les langues étrangères en maternelle. C’est même nul et surtout du temps de perdu,parce que avant d’apprendre les langues étrangères,il vaut mieux déjà bien connaître le français ,l’orthographe et la grammaire et savoir se servir d’un dictionnaire. Il m’est arrivé il y a une bonne trentaine d’années de recevoir une lettre d’un professeur américain que j’avais connu à Paris. Quatre pages d’un français impeccable. Aucune faute d’orthographe ni de grammaire. De quoi être ébahi!
    C’est vrai que voir des professeurs aigris et blasés par leur métier ne donne pas envie d’apprendre. S’ils sont ainsi c’est parce qu’ils n’ont pas conscience de leur utilité ,dans ces conditions il leur sera difficile de motiver leurs élèves. Le mal vient du fait qu’ils ne peuvent pas plonger dans la société,dans le monde du travail au réel. Il y a vingt-cinq ans j’avais été agréablement surpris d’apprendre que le conducteur d’une moissonneuse-batteuse,venu faucher la moisson dans mon village, était de son métier instituteur. Tous les étés il faisait ce job en extra durant quelques semaines. A l’attendre parler on réalisait qu’il avait tout compris de la vie. Il était très conscient qu’il fallait travailler jusqu’ à deux heures du matin quand il faisait beau pour finir de faucher un champ de blé et aussi qu’il n’avait pas à venir travailler s’il pleuvait le lendemain. Or cela est l’exemple même de la flexibilité du travail et en même temps l’explication concrète de la nécessité des heures supplémentaires. C’était source appréciable de revenus pour lui,à tenir un emploi utile et productif pendant ses vacances ,un emploi qui ,par ailleurs ,trouvait et trouve toujours difficilement preneur parce que saisonnier. Il a été obligé d’arrêter parce que les syndicats étaient contre cet état de choses!
    A propos d’heures supplémentaires je dirai que ce gouvernement n’a pas été très pédagogue pour justifier l’utilité des heures supplémentaires. Or il y avait au moment de la discussion au début de l’été un exemple très simple vécu pas très loin de chez moi(Les chiffres ont été arrondis ) .
    Soit une ville de province ,120.000 habitants. Les garages travaillent normalement,disons 35 heures par semaine. Le petit train-train.
    Un jour de juillet,gros orage de grêle. Deux mille voitures en l’espace d’une dizaine de minutes se retrouvent avec des carrosseries bosselées. Beaucoup trop de travail d’un seul coup pour les carrossiers. Fin février de l’année qui suit,plus de sept mois après il restait encore des voitures à réparer et repeindre! Les garagistes n’ont pas embauché de carrossiers ni de peintres ,ils auraient été obligés de les licencier une fois le travail fini et d’ailleurs il aurait fallu en trouver des formés sur place et sur le moment désoeuvrés alors qu’il n’y en avait pas.

  10. Gilles dit :

    Digression : il a été prouvé depuis un bout de temps que plus un enfant apprend une langue tôt, mieux il la connaît.
    Un jeune enfant bilingue parfait aura eu deux parents avec une langue maternelle différente.
    Si le français est mal parlé/écrit, cela vient que l’environnement le retranscrit mal ! Alors que la langue étrangère apprise à l’école (quelque soit l’âge) sera mieux apprise car la leçon sera « parfaite ».

  11. Olivier dit :

    Je suis aussi de ceux qui pensent que plus l’apprentissage d’une langue est précoce et plus il est facile et durable. Après, c’est aussi une question de méthode et de pratique régulière…

    Je pense également qu’il faut un socle minimum au niveau d’un certain nombre de matières mais quand je repense à certains cours très abstraits de physique, de mathématiques ou de biologie, je me dis qu’on fait vraiment perdre leur temps aux élèves. Il faut savoir éveiller l’intérêt en donnant suffisamment de connaissances sous un angle intéressant et utile et pas en faisant un bourrage programmé comme cela se fait actuellement.

    Je suis d’accord sur le fait que c’est extrêmement important d’avoir des bases en géographie et en histoire mais je ne crois pas que la manière dont ces matières sont actuellement enseignées soit très efficace. J’entends régulièrement autour de moi des énormités de la part de collègues ayant pourtant suivi un cursus scolaire normal. La culture générale peut s’apprendre à l’école mais il faut aussi que l’éveil intellectuel de l’enfant soit stimulé pour cela. Sinon il n’en reste pas grand chose au final.

    Concernant les heures supplémentaires, je suis bien d’accord… Maintenant, il n’est pas dans la culture française d’être très flexible. Là encore, c’est une question d’éducation, d’histoire, d’habitudes de société. J’ai régulièrement moi même les pires difficultés à trouver un garage pour faire entretenir ma voiture en région parisienne. Il y a toujours des délais de plusieurs semaines.



L'autre monde | Thème liquide par Olivier