29
Avr
08

L’emploi des seniors





L’emploi des seniors est un sujet sensible en ce moment. Je pense que depuis 2-3 décennies, la France s’est tirée une balle dans le pied sur cette question pour de multiples raisons. Le problème, c’est qu’en laissant un grand nombre d’entreprises réaliser de gros plans de départs anticipés à la retraite, on a petit à petit créé un état d’esprit qui veut qu’après cinquante ans, le départ anticipé devient finalement le bon plan qui permet de profiter plus tôt de jours tranquilles. Ce qu’on dit moins, c’est que cela ne sert pas à grand chose de pouvoir couler des jours tranquilles lorsque l’on perçoit une retraite très largement amputée faute d’annuités suffisantes. Car boucler les fins de mois devient alors compliqué et la débrouille devient de mise lorsque la société s’est débarassée de vous. Pour résumer, en France, on part du principe que l’on commence à travailler entre 18 et 25 ans et on finit entre 50 et 55 ans environ, peu importe l’âge de la retraite puisque dans la tête des employeurs, au delà de 50 ans, vous êtes sur le déclin et donc il faut mieux se séparer de vous pour embaucher un plus jeune qui lui ira beaucoup plus vite même s’il n’a aucune expérience. Ce problème d’état d’esprit est profondément ancré dans notre société au niveau des entreprises, des salariés mais aussi de l’administration et notamment l’ANPE qui dispense les seniors au chômage d’une recherche active.

On voit ainsi se créer une gaussienne qui est celle du taux d’actifs par catégorie d’âge. Elle est relativement parallèle à celle du rythme de travail. Cela démarre doucement, de 25 à 45 ans, c’est la montée en puissance et l’apogée. Puis à partir de 45 ans, c’est la descente et la fin de carrière. Pourtant en réalité, un employé n’est pas cuit à 45 ans. Il est peut être cuit dans sa tête parce qu’on lui a laissé penser pendant des années qu’à 55 ans, c’était la pré retraite et on a commencé à lui ouvrir le placard promis dans l’organisation mais en réalité, d’un point de vue intellectuel et physique, il est encore capable d’apporter.

C’est donc toute cette mentalité qu’il faut changer depuis l’entreprise à l’administration jusqu’aux salariés. Il faut adapter chaque emploi au stade de la carrière pour s’appuyer sur les forces de chacun. Je voyais hier Bernard Thibault de la CGT dire que c’était ridicule d’allonger la durée de la carrière à 41 ans tant que le taux d’actifs des seniors serait de 38%. Je suis assez d’accord avec lui là dessus. Il faut régler ce problème. On ne peut pas d’un côté dire à 38% de la population qu’il va falloir travailler plus longtemps et à 62% qu’il aurait fallu travailler plus longtemps mais qu’on ne leur en a pas laissé la possibilité…

Je suis contre l’instauration de quotas car je la trouve dangereuse pour la compétitivité (car qui dit quota dit amende en cas de non respect). Je suis plutôt pour une évolution globale des mentalités. Il faut que d’un côté, les salariés évoluent, aient la possibilité de se former régulièrement pour conserver une bonne employabilité et de l’autre côté que les entreprises établissent des plans de carrière sur 40 ans et non plus sur 30 ans comme c’est le cas actuellement.





6 commentaires pour “L’emploi des seniors”
  1. pascal dit :

    Il y a aussi toute une activité parralléle qui s’est mise en place petit à petit…
    A savoir des boulots peu rénumérateurs occupés par les séniors en retraite qui les fond pour améliorer leur pension.
    C’est ,je pense,un probléme car ces boulots pas forcément peu qualifiés n’évoluent pas,au sens salaire,conditions de travail ou primes, car ceux qui les occupe s’en contentent car c’est un salaire d’appoint.
    UN EXEMPLE CONCRET:
    Je connais quelqu’un (retraité ) qui à accepté un poste de gardien de nuit ( 3 nuits par semaine ) au smic sans qu’on lui paye d’heures de nuit……
    Qui est le plus gagnant dans l’affaire ??

  2. Olivier dit :

    C’est tout le paradoxe du système actuel. On pousse à la retraite des gens qui ne peuvent pas ensuite profiter de cette retraite car leur pension est souvent amputée faute des annuités nécessaires. Du coup, ils se retrouvent forcés de faire un job qui leur convient moins bien que ce qu’ils faisaient avant et qui en plus paye moins…

  3. pascal dit :

    Je ne suis pas sûr que ces jeunes retraités n’y trouvent pas leur compte.
    Leur retraite plus un petit job d’appoint moins stressant que ce qu’ils faisaient avant.Finalement cela leur fait les mêmes revenus avec du temps libre…..
    Mais comme je te le disais,tout cela est malsain. ( je ne parle même pas du travail au noir).

  4. Olivier dit :

    Mouais, je suis pas sûr que le retraité qui fait le garde de nuit trois fois par semaine pour boucler ses fins de mois payé au SMIC soit très content mais bon…

  5. pascal dit :

    De toute manière,je ne cherche pas à défendre cette façon de faire.Ce sont simplement des gens qui se sont adaptés à ce que la société leur impose.
    Il vaudrait mieux effectivement que ces gens restent dans leur emploi et laisse les places de gardiens de nuit à des gens sans diplômes qui en ont bien besoin plutôt que rester au chomage..
    Et ceux-ci se battrons (peut-être)pour avoir des primes de nuit!!

  6. Olivier dit :

    Je partage ta vision des choses sur le sujet…



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