22
Oct
07

Les internes en grève





Et maintenant, une note de Medorius 1er, fidèle lecteur de ce blog.

Je pense aux patients moins vite et moins bien soignés, aux morts peut-être, car la phrase rituelle « Les urgences sont assurées » ne correspond pas tout à fait à la réalité, quelle que soit la volonté d’y parvenir. Car il n’existe pas un mur infranchissable entre d’un côté les urgences et d’autre côté les non-urgences. C’est bien un continuum, aux degrés successifs, qui nécessite attention, disponibilité, choix, toutes attitudes ébranlées par l’atmosphère d’une grève et, bien sûr aussi, par la diminution du personnel disponible, qui n’est déjà pas, dans bien des circonstances, à la hauteur de la demande.

La grève, pour quel motif ? Internes et chefs de clinique veulent préserver leur liberté d’installation, qu’ils estiment en danger. Pourtant, la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, a formellement démenti la remise en question de cette liberté d’installation.

Elle est cependant confrontée, comme les patients et leurs médecins, à un déséquilibre croissant de l’offre de soins, sur le territoire hexagonal. Ici, surpopulation médicale, comme à Montpellier ou dans les arrondissements de l’ouest parisien. Là, grave pénurie, comme à la campagne ou dans les petites villes, en Picardie ou en Creuse. L’égalité des chances, si chère aux Français, est loin d’être respectée et, dans le cas présent, l’inégalité est source de drames, car la santé et même la vie sont en jeu. Il s’agit donc d’une des inégalités les plus inacceptables, surtout dans un pays développé, dont la Sécurité Sociale, sinon le système de santé, sont donnés en exemple.Si la liberté d’installation est respectée, comme le clament en chœur les grévistes et la ministre, comment réduire ces inégalités ?

Les incitations financières des régions, des départements et des mairies ont fait long feu. C’est un flop !

Autrefois – c’est donc si loin ! – les jeunes Français donnaient un an, voire plus, à la nation, pour se préparer à la défendre. Le service militaire disparu, on a pensé, ces derniers temps, à le remplacer par un service civil et/ou civique.

Ne pourrait-on, dans le cas de la santé, le décliner sous la forme d’une obligation des jeunes médecins et, en particulier, des internes, de consacrer une année aux urgences ou à la médecine dans les régions de pénurie ?

La santé publique ne s’accommode pas très bien du libéralisme. Il y faut des compensations, un effort de solidarité.





4 commentaires pour “Les internes en grève”
  1. pascal dit :

    Les temps ont changé.
    Les jeunes médecins n’ont plus envie d’habiter dans un village paumé ( pour bien gagner leur vie certes ),mais aussi travailer jour et nuit sans profiter de ce qu’ils gagnent….
    Je pense qu’une solution serait de les aider à creer des cabinets médicaux à 2 ou 3 pour assurer des permanances et ainsi avoir plus de temps libre,en gagnant peut-être un peu moins,mais pour moi,je pense que cela serait interressant.
    C’est le cas pour les cabinets d’infirmières qui peuvent comme cela gerer leur travail et leur vie de famille.

  2. Olivier dit :

    Tu as deux catégories de médecins en gros : ceux qui ont choisi le métier parce qu’ils souhaitent aider les malades (ceux là s’en foutent complètement du fric et de l’endroit mais le système les a dégoûté) et ceux qui font cela pour faire du fric (donc ils choisissent les spécialités « chères » et les endroits agréables à vivre).

    Il y a un certain nombre de professions où il y a des quotas ou des places (notaires, police, etc…). On pourrait songer à mettre cela en place mais c’est complexe…

  3. pascal dit :

    Des gens qui font des études longues,demandant de gros efforts de toute sortes sans penser aux dividendes qu’il pourront en tirer plus tard,n’existent plus !!
    Et c’est bien normal.
    Par contre ces études difficiles les rend individualistes et ne les incites pas à s’organiser pour creer un cabinet à plusieurs…..

  4. Olivier dit :

    D’un autre côté, pour aller bosser en hôpital, se tapper des horaires énormes (vive les 2x35h) tout en touchant un salaire « moyen » pour un BAC + 12, il faut vraiment que le métier soit un hobby et donc on peut comprendre que les vocations ne soient pas énormes…



L'autre monde | Thème liquide par Olivier