14
Fév
10

Les retraites: une grande réforme à ne pas rater!





Je passe la parole à Nasa San pour un article sur les retraites.

Une grande majorité se plaint de la menace qui pèse sur les retraites, quand l’espérance de vie augmente d’un trimestre par an. Une grande majorité se plaint de l’endettement accéléré de la France, comme dans de nombreux pays, il est vrai pour une bonne part à cause de la crise.

Où trouver l’argent?

L’incantation à la croissance, qui résoudrait tout, me rend sceptique. Ce n’est évidemment pas la relance de la consommation qui résoudra le problème, car elle entraînerait, on l’a vu dans le passé, une augmentation des importations de produits peu chers – de Chine en particulier – et un effondrement des exportations lié à la chute de la compétitivité liée à l’augmentation des salaires, qui sont déjà parmi les plus élevés. Même s’il faut veiller à maintenir, en priorité, le pouvoir d’achat des plus défavorisés, ce qui a été en partie réalisé l’année dernière par le recul de l’inflation. Ce n’est pas le moment d’augmenter le pouvoir d’achat des classes moyennes et, encore moins, des plus hauts revenus. Donc, sus aux niches fiscales, à l’évasion fiscale et pas d’augmentation des salaires pour ceux-là.

Diminution des dépenses excessives?

Oui et il faut aller plus loin! Poursuivre la diminution du nombre, jamais atteint dans les pays comparables, des fonctionnaires. Et pas seulement des fonctionnaitres de l’Etat, les seuls à diminuer depuis 2007, mais aussi et surtout ceux des collectivités locales (+ 75% en 20 ans et ça continue) et de la fonction publique hospitalière (+ 65% en 20 ans).

Là, j’entends tout le monde hurler en criant au manque de personnel dans les hôpitaux. C’est exact pour les CHU et les hôptaux généraux. Mais – et personne n’en parle – celà fait 40 ans qu’on sait que la France a beaucoup plus d’hôpitaux locaux qu’aucun autre pays européen, qui font double emploi et n’ont plus les moyens modernes de soigner correctement les malades. Remplaçons-les par des maisons de retraite et transférons le personnel ainsi libéré dans les hôpitaux dignes de ce nom. Il restera encore la possibilité de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux. La revendication de proximité est un non-sens pour l’hôpital : que de morts en sont la rançon, quand nous avons les routes et les moyens de déplacement pour rejoindre les hôpitaux correctement équipés. C’est un des meilleurs moyens de combler le trou de la sécu!

Et, pour les collectivités locales, supprimons les départements et les petites communes, comme le recommandait J. ATTALI. Seules les réformes ambitieuses ont des chances de pas être détournées par le lacis des complexités, des grèves à répétition en période pré-électorale et les défaites en rase campagne qui les suivent.

Je sais bien, hélas, que ce n’est pas près de se faire et que le gouvernement a choisi le grignotement interminable, qui sera interrompu si une certaine gauche revient au pouvoir. Seul, D. STRAUSS-KAHN est un espoir en ce domaine.

Il faut donc chercher ailleurs, car il y a urgence!

Je suis ahuri par les discours que j’entends ou que je lis, y compris dans le très séreux journal « Le Monde ».

Oui, il faut augmenter les cotisations, en protégeant les moins favorisés : mais chacun est d’accord pour les autres. Et ça ne suffit pas. Oui, il faut augmenter le nombre d’annuités pour avoir une retraite à taux plein  mais il faut réduire ce nombre pour les métiers les plus pénibles : agriculteurs, pompiers, ouvriers travaillant dans des conditions éprouvantes. Ce n’est pas simple, chacun voulant en bénéficier. Surtout, cessons de barguigner! Il faut augmenter rapidement l’âge légal de la retraite : d’un an tous les ans jusqu’à 67 ans, comme en Norvège ou en Espagne.

Je suis scandalisé par les contorsions démagogiques de Martine AUBRY, qui dit qu’il faut d’abord commencer par empêcher les retraites précoces (58 ans en moyenne en France; je ne sais pas où elle a été chercher le chiffre de 61,5 ans). Il faudrait pour celà avoir des carnets de commandes dans les entreprises, qui perdent constamment en compétitivité du fait des charges excessives, que le gouvernement fait bien de diminuer, même si certaines, comme Total, mériteraient d’être taxées ou contraintes à en faire bénéficier leurs employés, quand elles ont des bénéfices confortables.

Je suis scandalisé par le cynisme de BLONDEL, qui maintient sa recommandation de ramener tout le monde à 37,5 années de cotisations, sans bien entendu argumenter le moins du monde cette folie provocatrice!

S’il faudra longtemps pour faire remonter l’âge moyen réel de la retraite, qu’y a-t-il de choquant à faire travailler jusqu’à 67 ans la grande majorité des fonctionnaires, dont la RATP et la SNCF, les cadres? Ils auront encore 12 ans de retraite pour les hommes et 17 pour les femmes. Et qu’y a-t-il de choquant à faire travailler plus de 35 heures la plupart des cadres et des employés, surtout ceux qui ont la sécurité de l’emploi, quand des agriculteurs, des commerçants, des médecins sont capables, jusqu’à 65 ans et plus, de travailler plus de 50 heures par semaine.

Voilà une grande réforme, juste et efficace, qui honorerait le gouvernement qui la fera, enfin! Hâtons-nous, avant d’être frappés par un déclin inexorable et des lendeamins qui déchantent où la note sera beaucoup plus salée! En avons-nous conscience? Derrière les revendications dangereuses que relayent les media, je crois que la majorité – silencieuse – en a pris conscience.
Là où le bât blesse, c’est que la valeur travail a beaucoup baissé depuis 20 ans. Il faul lire le remarquable livre de Christian BAUDELOT « Travailler pour être heureux? ». Dans cette période, la proportion de ceux qui se déclarent heureux au travail a baissé de 34 à 17%! Les loisirs, les nouvelles technologies devenues des toxicomanies (internet, TV, mobile, video) occupent de plus en plus le temps. Je suggère au gouvernement de convoquer C. BAUDELOT pour les négociations sur les retraites.





9 commentaires pour “Les retraites: une grande réforme à ne pas rater!”
  1. Annie dit :

    j’arrive sur ce blog car des visites chez moi viennent d’ici, j’ai cherché d’où… pas trouvé
    surtout qu’il s’agit d’un blog sarkoziste me semble-t-il…
    lu celui-ci pas en désaccord sur les grandes lignes… et taxer les riches vous en pensez quoi ?

  2. Olivier dit :

    Vous avez fait un trackback sur un vieil article ce qui explique les visites.

    Je pense que les riches sont déjà trop taxés en France. Il faut un équilibre par rapport à ce qui se fait chez nos voisins sinon la richesse part et on a alors tout perdu, les taxes et la consommation liée à cette richesse…

    On ferait mieux de réfléchir au malaise engendré par cette richesse dans l’inconscient de certaines personnes. Comme si la richesse était une maladie, une tare… Pourtant, dans 95% des cas, cette richesse est le fruit du travail et de l’excellence et non du vol ou de la magouille…

  3. Annie dit :

    1_ effectivement j’avais oublié

    2- croyez-vous vraiment qu’un dirigeant d’entreprise vaut 400 ou 600 fois plus qu’un ouvrier ? Même si le chef d’entreprise travail 10 heures par jour 6jr/7, a fait des études conséquentes, à une intelligence supérieur à la moyenne (ce qui est loin d’être prouvé vu les erreurs d’appréciation qui mettent leurs salariés à la rue) et ci = x400 fois un smic ? qui produit ? d’où vient la richesse ? de celui qui produit et de personne d’autre. IL s’agit donc d’un vol dans ses poches.
    évidemment nous ne pouvons être d’accord.

  4. Olivier dit :

    Les exemples que vous citez correspondent à une infime minorité de dirigeants de très grosses sociétés particulièrement bien payés.

    90% des patrons ne touchent pas les salaires dont vous parlez et prennent des risques sur leur patrimoine.

    Personnellement, je n’ai aucun problème avec le fait qu’une personne qui crée de la richesse et de l’emploi soit très bien rémunéré à partir du moment où c’est une vraie réussite et pas un fiasco comme on en a vu dans un certain nombre de cas ces dernières années.

    Tout le problème vient du fait qu’il y a quelques canards boiteux qui touchent des salaires énormes alors qu’ils ont fait n’importe quoi. Après, des canards boiteux, il y en a à tous les étages de l’entreprise. Cela choque plus quand ils sont bien payés mais on vit dans un monde imparfait où le salaire n’est pas toujours en relation avec la compétence. Par conséquent, on peut être très bien payé en étant particulièrement mauvais ou à l’inverse être très mal payé en étant pourtant très compétent. La performance d’un individu est quelque chose de très subjectif, surtout dans une grosse entreprise où les responsabilités sont dilluées.

    Donc je suis d’accord pour dénoncer les abus de ces patrons incompétents qui touchent le jackpot. Je ne m’en suis d’ailleurs jamais privé ici sur ce blog. En revanche, je refuse et je rejette le discours populiste qui voudrait qu’on taxe la richesse, d’où qu’elle vienne et qu’on montre du doigt tous les patrons comme des personnes prêtes à tout pour gagner le moindre euro au détriment des salariés. C’est juste scandaleux et cela ne sert pas les intérêts des salariés croyez moi car beaucoup de boîtes étrangères y réfléchissent à deux fois aujourd’hui avant de s’implanter en France…

  5. Nasa San dit :

    Annie et Olivier, vous êtes donc d’accord sur l’objectif!
    Je suis tout à fait d’accord sur le caractère scandaleux de l’enrichissement indécent de certains dirigeants, surtout lorsqu’ils ont conduit leur entreprise à la ruine. Je suis même scandalisé par l’enrichissement excessif de certains qui ont réussi. Pourquoi un homme, déjà comblé par la réussite, doit-il acheter une troisième résidence secondaire, un deuxième yacht, un bijou « hors de prix » pour sa femme? Savez-vous ce qu’un chef d’entreprise, très engagé dans l’aide aux plus démunis, m’a répondu quand j’évoquais ce scandale? « Ce que tu penses de ces très riches, c’est ce que les très pauvres pensent de toi. » Je n’ai pas oublié la leçon, qui rejoint pour une part ce que dit Olivier. Rassurez-vous! Je suis loin d’être un très riche. J’ai attendu la fin d’une carrière de travail à 70 heures par semaine, pour pouvoir acheter un appartement.
    Mais cette leçon nous apprend que nous sommes tous concernés par cet écart injuste entre riches et pauvres. ATTALI, que tout le monde raille, a raison de stigmatiser ce consumérisme souvent inepte, qui ne touche pas que les plus riches.
    D’un autre côté, même si, surtout en période de crise,qui touche les plus démunis, la justice sociale est plus que jamais à l’ordre du jour, taxer encore les plus riches est-elle la solution pour assurer les retraites et réduire la dette? Hélas non! Comme le dit Olivier, les taxer plus que dans les autres pays (c’est déjà le cas) les fera fuir de France. Et même si ce n’était pas le cas, l’argent récupéré ne suffirait évidemment pas à remplir ces deux objectifs.
    Mais cela n’empêche pas de protéger les plus démunis, dans la répartition des retraites. En outre, l’interessement des salariés au bénéfice des entreprises, déjà prôné par le Général de Gaulle, devrait bien, 45 ans après, être beaucoup mieux mis en oeuvre.
    Mes propositions sont-elles sarkosystes? Lisez attentivement. Je ne verrais pas d’un mauvais oeil Dominique STRAUSS-KAHN se présenter en 2012 et être élu. Je note que François HOLLANDE soutient l’allongement des cotisations et de l’âge de la retraite.
    Mais faut-il, dans ce débat, systématiquement le ramener à l’opposition droite-gauche? Ecarter toujours et encore un consensus sur des objectifs aussi cruciaux, pour lesquels les Français seraient probablement plus consensuels que les politiques?

  6. Olivier dit :

    Tout le problème vient de l’amalgame qui est fait entre les patrons qui profitent du système même lorsque leur performance est catastrophique et les patrons qui réussissent et retirent les bénéfices de cette réussite.

    Comme l’a dit Sarkozy, cela ne me choque pas que Bill Gates soit très riche. Que serait aujourd’hui le monde sans Windows? En plus, il utilise la plupart de sa fortune pour de bonnes oeuvres…

    Les médias ont tendance à se focaliser sur ce qui est scandaleux mais c’est loin d’être objectif et représentatif. Ils ne parlent jamais des patrons qui bossent comme des tarés pendant toute leur vie et sont sous la menace d’une saisie des banques à la moindre difficulté. Ce sont pourtant les vrais héros de notre société, à contrario des Thierry Henry et autres danseuses de l’équipe de France de football.

  7. pascal dit :

    Evidemment Bill Gates ! Le contre exemple !
    Sans doute un des rares grands patrons intelligents de ce monde.
    Sans doute parcequ’il l’est devenu par hasard..
    Contrairement à ces types qui veulent être patrons uniquement par appas du gain.
    Ces héros ne me font ni chaud ni froid.ce sont des gens qui passent à côté de leur vie.
    Ce n’est pas un signe de grande intelligence.
    Que restera t’il après leur passage sur terre ? Des cendres.

  8. Olivier dit :

    Je suis d’accord avec toi, ceci dit, le monde est ainsi, très imparfait… L’argent et le pouvoir attirent un grand nombre de vautours, c’est ainsi depuis la nuit des temps. Nous sommes dans un monde où il n’y a pas besoin d’être compétent et intelligent pour être patron. On peut le déplorer mais en même temps, cela donne beaucoup d’espoir à ceux qui n’en ont pas les capacités d’arriver un jour à cela 😉

  9. garoloo dit :

    Eh oui, c’est ça la « solidarité » à la française : les gens qui disposent d’un patrimoine et d’épargne importants continueraient de partir à la retraite à 60 ans, en touchant comme argent de poche une pension certes réduite … payée en partie par les cotisations de ceux de leurs AINÉS qui n’ont que la sécu et seront obligés de courir jusqu’à 65, 67 ans après des durées de cotisation à ralonges pour avoir une retraite « à taux plein » dont ils auront besoin pour vivre.



L'autre monde | Thème liquide par Olivier