19
Jan
09

L’etat ne connait pas la crise…





J’ai suivi avec un très grand intérêt l’émission Capital d’hier soir sur M6. L’émission du jour était consacrée au train de vie de l’Etat. Différents sujets étaient consacrés en particulier à l’Elysée, au Sénat et au parc automobile.

A la fin de l’émission et même si je n’ai pas découvert de truc incroyable, il en reste malgré tout une impression assez malsaine. L’Etat vit clairement au dessus des moyens actuels fournis par la société française. Voici quelques chiffres : 1.032 fonctionnaires rien qu’à l’Elysée, 140.000 voitures dans le parc automobile de l’Etat, et près de 1.800€ d’indemnités mensuelles de retraite pour un sénateur ayant eu un seul mandat de six ans.

On a l’impression d’un Etat du 18e siècle vivant dans le faste de Louis XIV avec des budgets aux contours aussi flous qu’importants…

Je suis très attaché à la justice sociale. Je n’ai rien contre les privilèges mais je crois qu’il n’est de vrai privilège que celui que l’on s’offre par son travail et non celui dont on dispose de manière démesurée de par sa fonction. Le député qui prend la voiture de fonction pour faire 500m et traverser la Seine pour aller déjeuner chez Ledoyen, je dis non! Le Général qui fait la tronche parce que sa voiture de fonction est blanche parce que ça coûte moins cher à l’Etat, je dis non et non! Enfin, le questeur du Sénat qui loge royalement dans un hôtel particulier, là c’est le pompon! Un certain nombre d’usages mis en lumière dans les différents reportages de l’émission prêteraient à sourire si la dette ne se creusait pas chaque année de 60 milliards d’euros…

Ce qui choque dans certaines pratiques serait tout simplement considéré comme de l’abus de biens sociaux dans toute entreprise. Il semble que les choses aillent dans le bon sens mais lorsque je vois le sourire béas de ce cher Seguin, premier président de la Cours des Comptes, je me dis qu’on est pas sortis de l’auberge. Transparence et contrôle, certainement mais n’allons pas jusqu’à adopter la position des allemands! Le contrôle est là pour attester de la sincérité des comptes, pas pour dénoncer l’exagération de certaines dépenses. Autrement dit, il n’y a aucun problème à payer une 607 et à s’offrir du Le Nôtre pourvu que l’on roule vraiment en 607 et que l’on mange vraiment du Le Nôtre! Bah oui, si on ne roule qu’en 306 et qu’on ne mange que du Mac Do, c’est que la différence est passée quelque part et là, ça va plus…

Voilà où nous en sommes actuellement au niveau du contrôle et il ne faut pas compter sur ceux qui ont profité pendant des années de ce système pour le modifier maintenant qu’ils le contrôlent. La Cours des Comptes sert à vérifier que la pépite est bien en or et qu’elle est de la bonne taille. Après, peu importe que l’on dépense une pépite de plus, on n’est plus à ça prêt!

J’ai pourtant le sentiment que les choses sont doucement en train d’évoluer au moins au niveau des dépenses. Il semblerait que l’on se serre un peu la ceinture. Oh bien sûr, nos sénateurs auront toujours un bon gibier à midi. Mais il semblerait que l’on commence quand même à y regarder à deux fois pour un certain nombre de dépenses. Maintenant, le problème est que c’est difficile de tailler à la hache dans un système sur lequel on se repose. Mais bon, avec le temps et la disparition des crédits, on peut penser que la cure de jouvence ne peut que s’imposer… Espérons le en tout cas pour la justice, le parent pauvre disséqué dans un des reportages du jour. Les enseignants pleurent mais le budget de l’éducation nationale, 60 milliards d’euros paraît énorme par rapport à celui de la justice qui n’est que de 6 milliards d’euros. 350 affaires traitées chaque année par un magistrat. On pourrait en refiler quelques unes aux enseignants, pour les vacances scolaires, les petits délits civiques de collégiens par exemple 😉







L'autre monde | Thème liquide par Olivier