4
Fév
09

L’obligation de résultats





resultatJe ne savais pas trop de quoi parler aujourd’hui alors je vais écrire une petite note de réflexion de fond sur l’obligation de résultats.

Dans le monde d’aujourd’hui, nous sommes tous soumis à l’obligation de résultats dans nos entreprises. Beaucoup d’employés n’en ont souvent pas conscience mais sans résultats probants, une entreprise est condamnée à moyen terme. Le problème est alors souvent d’être en mesure de fournir ces résultats, résultats qui permettent de développer de nouveaux produits, d’améliorer la rentabilité et de moderniser les moyens de production mais aussi disons le de rémunérer les actionnaires qui sans résultat finiraient par bouder la société qui perdrait alors de sa valeur ce qui grèverait durablement sa capacité de croissance.

Mais alors dans cette période charnière pour l’économie mondiale où les entreprises sont soumises à une décroissance forte liée à l’incertitude qui touche le marché, comment agir pour parvenir aux résultats?

Je ne vois pas 36 solutions. Ce n’est pas en travaillant moins qu’on produira plus. Martine Aubry croit probablement qu’elle était un précurseur en matière sociale en imposant les 35 heures. Presque dix ans après, force est de constater que personne ne l’a suivi. Comment cela se fait? Etait-ce une mauvaise idée?

Non, dans l’absolu, les 35 heures, c’est une super idée! Travailler moins, pensez donc, une libération! Le problème est que le monde n’était pas prêt. Alors ce qui est passé en France faute d’un patronat influent fait rigoler partout ailleurs dans le monde. C’est bien de vouloir jouer les motrices de TGV en matière de modèle de société mais il ne faut pas oublier d’accrocher les wagons sinon ils restent en gare et quand on arrive à destination curieusement, on se retrouve tout seul.

On a un peu trop tendance à croire en France qu’on a inventé la poudre en matière de droit social. On a surtout inventé un code du travail tellement complexe que même les avocats s’y perdent. Saviez vous par exemple qu’en cas de difficultés économiques, l’employeur peut décider de baisser le salaire d’un employé de son choix de manière unilatérale jusqu’au plancher de sa classe dans sa convention collective et si l’employé refuse, c’est le licenciement économique.

La France qui se veut être le pays des droits de l’homme et de la justice est en fait le pays de l’injustice sociale. En France, c’est horaire et salaire à la carte! A temps plein, tu peux bosser de 25h à 80h par semaine selon tes goûts. Si tu aimes les vacances, ça peut aller jusqu’à onze semaines (plus d’une semaine sur cinq)! Si tu n’es pas content de ta condition, tu peux faire la grève et bloquer le pays, en général, ça marche assez bien.

Mais voilà, ce que l’on oublie, c’est que les combats de nos anciens pour obtenir un certain nombre de droits n’ont aucun point commun avec les colères d’aujourd’hui de travailleurs aveuglés par les discours révolutionnaires de quelques irresponsables.

Il faut donc qu’à un moment, pour parvenir à cette fameuse obligation de résultats qui s’impose à nous aujourd’hui plus que jamais, chacun prenne ses responsabilités. Je suis convaincu que les syndicats peuvent avoir un rôle très positif dans la transformation de la société. Le problème est que trop longtemps, on a laissé la parole à des caricatures qui nous amusent beaucoup lorsqu’ils s’énervent sur les plateaux télés mais ne manquent pas de nous agacer lorsqu’ils passent à l’action.

Aussi il me semble essentiel de redéfinir le rôle des syndicats qui doivent avoir un rôle d’accompagnement mais certainement pas un rôle négociateur privilégié. Bernard Thibault est sûrement très bon pour gérer son épicerie à Montreuil mais lorsqu’il s’agit de lever la tête pour comprendre les rouages de l’économie mondiale, je crains qu’il ne soit un peu juste.

On ne peut plus rester dans un discours de sourds entre syndicats, état et patronnat. Le monde change plus vite que la France qui est aujourd’hui dans une situation de décalage. Cela m’amuse toujours de voir ces syndicats qui d’un côté tirent sans arrêt sur la corde pour obtenir toujours plus et qui de l’autre crient au scandale lorsqu’une usine ferme parce que la corde a rompu. Bah oui quoi, salauds de patrons, pourquoi vous ne voulez pas payer plus pour qu’on travaille moins alors que tout le monde fait l’inverse à l’étranger?

D’ailleurs, c’est pareil pour les banques, pourquoi on ne donne pas les milliards directement aux gens comme le suggère Martine Aubry? Moi je vais même plus loin, pourquoi est ce qu’on paye des impôts cette année? Pourquoi est ce qu’on n’arrêterait pas de les payer vu que c’est la crise? Cela permettrait de relancer la consommation? Ainsi, cela serait comme si tout le monde avait gagné au loto sans jouer, formidable! Et le déficit? On s’en fout puisqu’on a compris que de toutes façons, on ne rembourserait jamais…

Allons, soyons raisonnables, la situation est grave, ce n’est pas la première fois que je pointe du doigt un certain nombre de problèmes structurels en France mais je crois qu’aujourd’hui, nous avons une opportunité unique de profiter de cette crise pour changer radicalement le cours des choses.

Si on commençait par faire travailler tout le monde au minimum 39 heures, comme cela se fait un peu partout en Europe? Les 35 heures sont un fiasco. Il est temps d’en sortir afin de relancer la compétitivité de notre économie. La France n’a pas vocation à être seulement un fabricant de TGV et d’Airbus. Mais si l’on veut pouvoir recommencer à fabriquer des produits à faible valeur ajoutée, il faut travailler plus. Cela ne serait pas injuste vis à vis du reste du monde et pas injuste non plus vis à vis de ceux qui travaillent déjà 39 heures. Puisque nous n’avons pas réussi à imposer les 35 heures à l’humanité dans son ensemble, tirons en les conséquences et finissons en avec cette loi stupide qui a mis notre économie à genoux! C’était tout simplement beaucoup trop tôt!

Autre point, je crois qu’il est légitime d’attendre des politiques la même obligation de résultats. On ne peut plus accepter réforme sur réforme, prélèvement supplémentaire sur prélèvement supplémentaire, j’en passe et des meilleures sans aucun résultat probant et durable au final. De droite comme de gauche, que ceux qui ont failli laissent leur place et trouvent un poste à la hauteur de leur incompétence…

Il est insupportable de voir toujours les mêmes têtes depuis 20 ans avec trop souvent les mêmes échecs. Notre pays et notre jeunesse méritent mieux. Je crois que l’on a assez cotisé pour qu’ils acceptent de prendre leur retraite politique. Comme on n’a toujours pas trouvé le moyen de dupliquer l’or, je crois que la meilleure chose pour améliorer la situation est encore de travailler…







L'autre monde | Thème liquide par Olivier