12
Fév
06

Ma religion n’est pas violence





Je suis stupéfait de voir la vague de violence qui déchire une fois de plus notre pauvre planète ces derniers temps. Ceci m’a poussé à mener une longue introspection et j’ai décidé de poster ici le fruit de cette réflexion.

Si l’on regarde autour de nous, on se rend vite compte qu’en ce moment, tous les conflits ou presque sont liés aux religions. Du proche Orient à l’Irak (je parle là de la guerre civile, pas de l’invasion américaine), les conflits entre les religions ou même entre les courants d’une même religion perdurent. Pourtant, s’il est bien un principe fondateur de toutes les religions, c’est la non violence! Je suis donc outré de voir comment certains pseudos dignitaires auto-proclamés de la pensée religieuse interprètent tel ou tel texte pour en détourner le sens originel au nom d’une ambition sanguinaire. Rappelons nous ces paroles « Si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l’autre » (Matthieu 5,22). De la même manière, le Dalaï Lama prône la non violence sans relâche, il a d’ailleurs obtenu le prix Nobel de la Paix en 1989. Y aurait t’il donc une vertu à la non violence? C’est évident, si la violence détruit, la non violence apaise. La violence ne fait pas que détruire sa destination, elle détruit aussi celui qui la commet.

Voilà que sont donc démontrés les fondements pacifiques des religions. Comment les appliquer à présent dans notre monde moderne? Probablement en rendant plus forte les communautés d’intérêts réciproques par rapport aux points de frictions. Je comprends bien qu’il n’est pas possible pour chacun d’atteindre d’emblée l’état de grâce engendré par le renoncement définitif à la violence. Et il n’y a pas de vanité dans ces propos, je suis loin moi même d’avoir renoncé à toute forme de violence, pauvre de moi. Il faut donc trouver des chemins pour ne plus être touché par cette violence et rester pacifique face à ses manifestations.

A la réflexion, je crois que ce n’est pas si compliqué que cela. Il ne faut pas se sentir agressé par le non respect de nos convictions profondes. Respectons nous toujours tout ce qui nous entoure? Bien sûr que non. Alors pourquoi répondre de manière violente lorsqu’on s’en prend à telle ou telle chose? J’ai souvent par le passé été attaqué à cause de mes convictions (ni religieuses, ni politiques) parce qu’elles n’étaient pas celles du plus grand nombre, parce qu’aussi elles étaient facilement attaquables. J’en ai parfois été frustré mais au fond, lorsqu’on finit par accepter l’attaque comme le pendant de la force d’une chose, on se sent beaucoup plus renforcé dans sa conviction. Autrement dit, si l’on m’attaque parce que je pense telle ou telle chose, c’est probablement parce que c’est suffisamment important pour que l’on m’attaque dessus. Je crois que l’on peut toujours essayer de faire sauter les portes du château, le trésor reste bien caché et inacessible pour le combattant ignorant. Pourquoi? Parce que la pensée, parce que l’âme ne se matérialise pas. La suprématie d’une idée sur une autre ne se fait jamais par la violence, l’histoire l’a démontré à chaque fois.

Vous profanerez ma sépulture,
vous bafouerez ma mémoire,
vous ironiserez sur mes pensées,
mais mon âme jamais vous ne toucherez.





8 commentaires pour “Ma religion n’est pas violence”
  1. Isabelle dit :

    Il me semble que la violence vient beaucoup du sentiment d’appartenance et de l’illusion que nous avons de détenir la vérité. De ces sentiments découle le besoin de les défendre… Si nous cessions de nous identifier à nos croyances, nous pourrions commencer de prendre conscience de qui nous sommes vraiment. Le problème est que les églises ont plus défendu des dogmes que les pensées de leurs initiateurs. Comment l’Eglise, pour ne prendre que celle de Rome, peut-elle prêcher la paix, l’union, et en même pratiquer l’exclusion: des homos, des divorcés, excommunications, limbes, etc…La société actuelle nous montre que tout ce qu’elles prêchent ne fonctionne pas parce qu’elles nous demandent d’adhérer à des lois avant d’adhérer à notre Être profond. « Moi, je ne juge personne » a dit le Christ. Nous avons du chemin à faire jusque là…

  2. Olivier dit :

    Isabelle,

    Ton commentaire est très juste. L’Eglise catholique romaine est régie par un certain nombre de lois qui sont probablement incompatibles avec la constitution originelle. Maintenant, s’il existait une religion parfaite, tout le monde y adhèrerait. Il faut prendre la religion pour ce qu’elle peut apporter, comme toute croyance, elle a ses dérives…

  3. Isabelle dit :

    Oui…et non? est-il vraiment nécessaire d’appartenir à quoi que ce soit? religion, parti politique, etc… ?
    Merci!

  4. Olivier dit :

    Tout dépend de l’idée que l’on se fait de la vie en société, en communauté aussi…
    Il n’est pas forcément nécessaire d’appartenir à quoique ce soit, par contre, cela peut être utile non?

  5. Isabelle dit :

    De mon point de vue, c’est inutile, pour les raisons exposées dans mon premier commentaire: appartenance,identité, etc… Maintenant, si la conscience individuelle est suffisamment ouverte pour éviter ces pièges, et si la conscience d’être partie d’un groupe beaucoup plus large, l’humanité toute entière, prévaut, alors oui. Encore que cela dépende vraiment des valeurs et objectifs qui animent le petit groupe auquel on adhère. Adhérer n’étant pas appartenir. Car appartenir revêt pour moi un danger important d’oublier son identité individuelle, que le je s’efface devant le nous. Il suffit de regarder les hommes politiques, qui finissent par adopter la même phraséologie, le même ton, la même façon de parler que leur leader; ils se ferment à tout ce qui n’est pas ce « nous », et l’on en arrive au clivage à mon avis stupide que nous connaissons, gauche/droite, où, ni d’un côté ni de l’autre, il n’est question de même écouter les suggestions de l’autre « bord ». Idem en religion: il y a nous, et les autres.
    Oui, il peut être utile de se rassembler autour d’idées communes, à mon avis si ces dernières servent l’humanité, c’est-à-dire le groupe ultime. Vous me direz que nombre de groupes pensent être dans cette optique. Oui, mais regardons les résultats: est-ce que ça fonctionne? pas vraiment. Sans doute parce que le pouvoir a pris le pas sur le bien commun.
    Merci de cet intéressant échange!

  6. Olivier dit :

    Isabelle,

    Tes commentaires sont très intéressants. Je ne suis pas sûr d’avoir atteint un tel degré de réflexion, probablement à cause de mon jeune âge.

    Je pense que la religion est une nourriture intellectuelle mais également un refuge psychologique pour beaucoup. Sans la religion, beaucoup d’âmes erreraient faute de croyance. Je pense qu’il faut avoir une très forte confiance en soit et une vie très remplie pour ne pas avoir besoin d’une certaine part de mysticisme dans sa vie.

    Après est ce que le clivage entre les religions est nécessaire ou inéluctable? Difficile de le dire… On pourrait disserter là dessus pendant des heures je crois.

    En ce qui concerne la politique et la pensée unique, c’est vrai qu’il y a un certain formatage. Il est probablement excessif mais tout aussi nécessaire. La politique, c’est un peu comme le foot, on a tous notre composition d’équipe et notre idée sur la tactique. Pourtant, il faut bien qu’à un moment, cela converge sinon on n’avance pas.

    Le problème du poids du pouvoir par rapport au bien commun est lié à l’humain mais aussi à ce que l’on a fait du pouvoir. Le pouvoir est élitiste dans notre société au lieu d’être universel et partagé.

  7. Isabelle dit :

    Jute un dernier mot: le mysticisme, et plus généralement la spiritualité, sont-ils indissociables de la religion? Pas de mon point de vue. 🙂

  8. Olivier dit :

    Du mien non plus mais après c’est vraiment une question de termes…



L'autre monde | Thème liquide par Olivier