30
Juil
09

New fabris : la fin approche…





C’est demain la fin du mois de Juillet. Si les New Fabris n’obtiennent pas satisfaction, ils ont promis de faire sauter leur usine. Ils réclament une indemnité de départ de 30 K€.

Je suis solidaire des New Fabris. Je pense qu’ils représentent les derniers maillons d’une chaîne industrielle très tendue qui est proche de se rompre définitivement. Depuis des années, les constructeurs automobiles se reposent sur des sous traitants qu’ils essorent. Ces sous traitants ne disposent pas de la trésorerie pour faire face à une baisse brutale de leur activité.

Leur activité se concentre souvent sur quelques clients dont ils dépendent complètement. Ceci crée un rapport de force complètement déséquilibré en faveur des clients qui peuvent imposer leurs conditions.

La situation que connaît aujourd’hui New Fabris est en partie liée à l’incapacité des constructeurs automobiles à innover depuis 20 ans. Ils ont maintenu le moteur thermique dans tous leurs plans de développement en dépit du bon sens. Résultat, lorsque la crise arrive et que l’innovation n’est pas là pour maintenir un minimum d’avance sur la concurrence, c’est tout le secteur qui trinque. Les gros s’en sortent grâce aux aides gouvernementales et les petits disparaissent dans le silence.

Je pense qu’il est temps de demander des comptes aux patrons de Renault et PSA durant ces 20 dernières années. Ils ont fait des choix stratégiques sous la pression du lobby pétrolier qui aujourd’hui vont jeter des milliers de familles à la rue. Ce sont les vrais responsables et ils doivent endosser cette responsabilité. Comme il sera difficile de les poursuivre devant un tribunal, commençons par exiger qu’ils rendent des comptes publiquement. Sous la pression populaire, peut être qu’ils pourraient faire un geste… Le salaire 2006 de Louis Schweitzer, ancien patron de Renault, fut de 11,9 M€ d’après wikipedia. S’il avait la dignité de le reverser aux salariés de New Fabris, cela ferait 35,4 K€ par personne sachant qu’ils sont 336 soit un peu plus que ce qu’ils demandent. Est ce que cela n’est pas cela la justice sociale? Demander aux patrons d’assumer les conséquences de leurs décisions, qu’elles soient directes ou indirectes?

Entendons nous bien, je suis contre la grève et le blocage systématique qui est un sport nationale dans certaines entreprises comme La Poste, la RATP, EDF ou la SNCF. Ils passent leur temps à pleurer alors qu’ils ont un poste à vie avec un nombre conséquent d’avantages. Mais la situation des New Fabris est bien différente. Voilà des ouvriers qui vont se faire jeter comme des merdes parce que quelques patrons surpayés ont pris des décisions foireuses. C’est profondément injuste et donc je soutiens leur combat pour obtenir justice, il me semble légitime.

J’espère qu’ils ne feront pas sauter leur usine car cela serait une triste fin mais s’ils le font, on ne pourra pas leur reprocher de ne pas avoir cherché à dialoguer. A Renault et PSA de prendre leurs responsabilités dans cette affaire! Ils ont touché des milliards de l’Etat pour les aider sous forme de prêt. Ils ont un devoir de protection de leurs sous traitants qui ne sont pas de simples fournisseurs occasionnels mais de véritables filiales externalisées à une époque où l’on se débarassait de cetaines tâches industrielles pour ne pas avoir à assumer derrière l’impact des baisses d’activité.





2 commentaires pour “New fabris : la fin approche…”
  1. Barbosa dit :

    Je ne suis évidemment pas favorable à la mise en oeuvre du projet de faire sauter l’usine. N’encourageons pas, même du bout des lèvres, une action terroriste aux funestes conséquences!
    Mais je suis solidaire de ces ouvriers qui pâtissent,non seulement des fautes stratégiques des dirigeants des groupes automobiles, mais aussi et surtout de l’inadmissible incurie des banques, responsables de la crise et qui continuent comme par le passé à se « sucrer » de manière indécente, tandis que des millions d’employés se retrouvent au chômage par leur faute!
    L’Etat français ne peut visiblement pas grand’chose si la régulation sanctionnante n’est pas concertée avec les Etats-Unis, responsables au premier chef.
    Je dois dire que je suis un peu surpris que les victimes de la crise ne descendent pas dans la rue pour exiger de leurs gouvernements respectifs ces mesures de rétorsion indispensables, vis-à-vis des banques, si l’on ne veut pas que les mêmes crises se reproduisent demain.

  2. Olivier dit :

    En effet, il serait grand temps de sanctionner ces patrons qui prennent des décisions stratégiques foireuses, partent avec les parachutes dorées et mettent des centaines d’employés dans la merde ensuite à cause de la crise du secteur…



L'autre monde | Thème liquide par Olivier