15
Sep
08

Nicolas Sarkozy, presqu’à mi-pente





Je passe la parole à Hadrien, illustre empereur romain (ou ce qu’il en reste) qui nous parle de Nicolas Sarkozy.

« Le meilleur point de vue est à mi-pente », disait Nietzsche.
 
À un an et demi du début de son nouveau quinquennat, est-il trop tôt pour apprécier? Je n’épouserai pas l’impatience des Français qui, comme souvent, réclament des résultats quasi- immédiats. Et cette aptitude du président à apporter une réponse, précisément quasiment immédiate à chaque demande, ce déferlement de réformes, cette persévérance à vouloir augmenter le pouvoir d’achat des Français induisent, d’une certaine manière, ces réclamations incessantes.

Il faut dire aussi que la conjoncture – je veux parler de la crise économique qui frappe tout particulièrement les Etats-Unis et l’Europe – n’a pas favorisé la mise en œuvre des projets du président. Et il faut reconnaître que presque personne n’avait prévu l’ampleur de cette crise.

On peut reconnaître à Nicolas Sarkozy une capacité exceptionnelle de communication, une rapidité de réaction, qui lui confèrent une place à part et une vraie stature dans les relations internationales.

En revanche, sa personnalité est entravée – le défaut de sa qualité ! – par cette frénésie, cette précipitation qui gênent la prise de hauteur, la réflexion au plus long cours, l’élaboration progressive des décisions difficiles, le choix hiérarchique des urgences et des décisions  stratégiques. Ainsi en va-t-il, après les agressions commises par des patients sur les infirmiers psychiatriques, de la décision de traduire en justice des malades mentaux, livrant à la vindicte publique, sinon au prétoire – on peut l’espérer – les personnes handicapées dont le niveau de conscience ne leur permet pas l’accessibilité à la sanction. Ainsi en va-t-il également de la décision de soumettre au test ADN les mères d’enfants africains pour vérifier la filiation. Projet bien mal ressenti par les Africains eux-mêmes.
 
La volonté et la sensibilité, comme la générosité du président ne sont pas en cause. Mais ses difficultés à percevoir et à prendre en compte le ressenti de l’interlocuteur constituent précisément un second travers de la personnalité du président. J’ai été frappé par le récent article de Henri Guaino, dans Le Monde. Il s’efforçait de justifier les propos qu’il avait très probablement suggérés au président, lors de son intervention à Dakar. « L’homme africain est passé à côté de l’histoire ». Il y développait ses arguments pour justifier cette assertion qui n’est pas absolument inexacte. Fallait-il pour autant la prononcer, lors d’un voyage aussi symbolique, où Nicolas Sarkozy souhaitait reconsidérer, à l’orée de son quinquennat, les relations traditionnelles entre la France et l’Afrique, la fameuse « Françafrique », qu’il avait à l’occasion brocardée ?

Visiblement, ni Henri Guaino ni le président n’avaient mesuré et pris en compte l’effet désastreux que pourraient avoir de tels propos, fussent-ils en partie justifiés.

Cela rappelle un autre événement, qui a malheureusement contribué à altérer les relations – déjà bien détériorées – entre Nicolas Sarkozy et les « jeunes des banlieues » auxquels il veut pourtant et, je le crois, très sincèrement, donner une nouvelle chance.

Rappelons-nous ces circonstances dramatiques – un enfant de 11 ans tué par balle en Seine-Saint-Denis et Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, confronté à la douleur d’un père. D’une fenêtre de l’immeuble au bas duquel il se trouve – mais cette image sera occultée de façon perverse par la télévision – une habitante interpelle un ministre : « Quand allez-vous nous débarrasser de cette racaille ? ». Nicolas Sarkozy répond en reprenant le mot, dont s’affublent d’ailleurs volontiers ces jeunes des banlieues.

Faute compréhensible, dans le contexte, dont il aurait pu, à mon avis, s’excuser, en expliquant les circonstances à forte densité émotionnelle – dans lesquelles il avait lâché le mot « racaille », en réponse à celle qui l’avait initialement prononcé.

Lorsque Arlette Chabot l’a interviewé à ce sujet, il avait l’occasion, tout en maintenant son objectif de combattre la délinquance dans les banlieues, ce que tout le monde comprend, de regretter s’il avait blessé une communauté qui souffrait elle-même de cette situation. Par ce regret, il se serait probablement grandi. Malheureusement, il a persisté et signé!

Enfin, on ne peut qu’être frappé par cette prétention à vouloir trop régler les problèmes par lui-même, à limiter les délégations, à humilier un premier ministre qui n’a pas démérité. Comment François Fillon peut-il accepter que le président de la République réunisse régulièrement un groupe privilégié de 7 ministres, en son absence?

Ces travers de personnalité retentissent sur ses décisions, en particulier en matière économique. Il ne cesse de chercher les moyens d’augmenter le pouvoir d’achat des Français, de réduire les impositions, tout en puisant dans les caisses, dont il reconnaît lui-même qu’elles sont vides, alors même que la conjoncture contribue à aggraver les déficits, que la dette se creuse.

Ainsi, la compétitivité des entreprises est-elle remise en question, des marchés à l’exportation perdus les uns après les autres, déséquilibrant chaque année un peu plus la balance commerciale! Car on ne nous montre que les coups d’éclat, certes remarquables, d’Areva ou d’EADS.
 
Je conseille la lecture du livre de Jean Peyrelevade « L’erreur historique », qui explique le danger de ce pari, qui consiste à penser que les réformes suffiront à ramener la croissance d’ici à la fin du quinquennat. On ne peut pas restaurer une économie délabrée et, dans le même temps, augmenter le pouvoir d’achat des ménages. Il va bien falloir entrer dans la rigueur. Le mot est de plus en plus prononcé pour être aussitôt récusé par le pouvoir, comme ce ministre qui, dans un passé où il étaient en difficulté, clamait « je ne démissionnerai pas », annonçant par là même qu’il allait démissionner!

Peyrelevade pousse le bouchon un peu loin. Le peuple français sait rebondir. Mais il ne semble pas encore prêt à la cure de rigueur nécessaire – plus de travail moins d’argent –. Il est triste d’entendre des politiciens dits responsables penser qu’il faut taxer les entreprises. Mais la rigueur n’est pas acceptable sans la protection des plus démunis. Souhaitons la réussite du RSA!





7 commentaires pour “Nicolas Sarkozy, presqu’à mi-pente”
  1. seb du massif central dit :

    ben oui le bilan est nul
    gouvernement nul .

    On attend des résultats, ou sont les vrais réformes, du vrai travail, du vrai pouvoir d’achat,l’écologie,les exportations ????

    sarko on attend toujours:réformes des départements,taxe carbonne en augmentant la Tva pour tous les produits polluants, pouvoir d’achat, les loyers ?, ou sont les entreprises qui exportent ? en Chine ?

    Franchement Sarko t’as encore du boulot, change ton gourvement !?
    tourne t’as veste et tape du point sur la table !

  2. Olivier dit :

    Tu veux mettre la France dans la rue Seb?

  3. seb du massif central dit :

    c’est pas le but de ton site ?(mdr)

  4. Olivier dit :

    Non pas vraiment, le but de mon site est justement de faire sortir les français qui manifestent de la rue en les ramenant à la raison 😉

  5. Gilles dit :

    « Faire sortir les Français en les ramenant à la maison » ?
    Heu tu es sur que c’est Français ? Tu montes en bas, toi ? 😀

  6. Olivier dit :

    c’est « faire sortir de la rue les français qui manifestent »… tu es prof de français toi maintenant? 😉

  7. Hadrien dit :

    Dites, les gars, au lieu de critiquer à tout va, que feriez-vous, que suggérez-vous?
    La seule proposition que je lis
    est la suppression des sépartements: c’est une bonne idée, mais sûrement de nature à mettre dans la rue tous les fonctionnaires: ce n’est pas le moment!

    Il y en a marre des analyses, plus encore des critiques, sans proposition!
    Si je suis critique sur SARKOZY, au moins réforme-t-il comme aucun ne l’a fait. Et comment avoir l’illusion d’attendre des résultats immédiats, dans l’état actuel des finances, encore aggravé par la crise mondiale?

    J’attends toujours les propositions constructives du parti socialiste. Je ne parle pas de celles de la CGT ou de Besancenot, qui critiquent à juste titre le capitalisme, mais n’ont que des propositions dont sait qu’elles n’ont jamais marché et ont conduit au désastre



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