10
juin
05

Quotas sur l’immigration : chance, honte ou réalisme?

Il est évoqué ces derniers jours la possibilité d’une mise en place d’un système pour une immigration « choisie » en France. Le principe serait d’accueillir les étrangers en fonction des besoins de l’économie française. Pour Dominique Galouzeau De Villepin, il faut « passer d’une immigration subie à une immigration choisie ».

Ce sujet de l’immigration est toujours très sensible. Parler de l’immigration, c’est un peu remettre en cause la présence de l’étranger et c’est assez mal vécu, surtout en France, pays réputé pour être la Terre des Droits de l’Homme, terre d’accueil par excellence s’il en est.

La réalité selon moi est que si la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde (ce n’est pas de moi mais de Michel Rocard il y a quelques années déjà), la France a besoin d’une certaine immigration, parce que certains emplois ne sont pas pourvu par des français (notamment dans le bâtiment par exemple) mais aussi parce que l’équilibre démographique français est fragile, le renouvellement démographique est très difficilement assuré et l’immigration contribue à ajuster cet équilibre. Alors maintenant, choisir qui on veut et qui on ne veut pas voir arriver en France, cela me paraît un peu limite comme attitude et cela me fait penser au discours du F.N. (Front National) il y a quelques années déjà qui disait bien vouloir des étrangers mais que de ceux ayant une certaine qualification pouvant apporter une richesse à la France. Alors quand la droite s’approprie quelques années après les thèses du F.N., c’est un peu gênant. Certes il faut enrayer l’immigration clandestine, certes il faut probablement limiter l’immigration régulière avec des quotas mais de là à effectuer une sélection sur la qualification qui va forcément avoir un impact sur l’orgine et donc discriminer certains, je pense que ce n’est pas bien et qu’il y réfléchir autrement.

La France est et doit rester une terre d’accueil, maîtriser les flux migratoires est forcément une bonne chose mais cela ne doit pas se faire au détriment total d’un esprit humaniste. La France doit continuer d’être une terre d’asile, il faut juste contrôler un peu plus les conditions d’accueil pour que tout le monde ne se sente pas asilé politique.


8
juin
05

Le rappel à l’ordre européen

José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a mis aujourd’hui en garde les différents acteurs suite aux rejets français et néerlandais de la constitution européenne : « Ne nous cachons pas derrière des différences idéologiques. Toute tentative pour imposer aux autres un modèle social, un système de marché, une pensée unique européenne, est vouée à l’échec ».

Je pense que ce rappel à l’ordre vient à point nommé. Il est important que chacun comprenne les enjeux de ces rejets de manière globale. Nous formons une union européenne et lorsqu’une des parties dit « non« , il ne faut qu’elle s’attende pour autant à pouvoir imposer sa vision des choses au plus grand nombre. Si la négociation est nécessaire, elle doit bénéficier au plus grand nombre et non pas aux intérêts particuliers de minorités. Autrement dit, les minorités françaises qui se sont unies pour rejetter cette constitution ne représentent pas la majorité de l’avis européen. Il est important d’écouter ces minorités, de prendre en compte leur avis mais il est encore plus déterminant d’avancer quite à vexer certains.


7
juin
05

1200 jours de captivité pour Ingrid Betancourt

Ingrid Betancourt vient de passer son 1200ème jour en captivité. Elle a en effet été enlevée par les FARC (Force Armée Révolutionnaire Colombienne) le 23 février 2002. Elle est détenue depuis comme près de 3.000 personnes en Colombie. Sa famille lutte pour qu’une libération soit obtenue avec un courage hors du commun. La situation est complexe, entre pressions politiques, diplomatie et interventions militaires, les possibilités de faire évoluer la situation sont aussi multiples que risquées. Quoiqu’il en soit, j’aimerais que l’on parle d’Ingrid Betancourt autant que l’on peut parler de Florence Aubenas, parce qu’elle a mené une action courageuse dans un pays en proie à la guerre civile. Cette femme de poigne a tout fait pour faire évoluer la situation de la Colombie, elle a mis sa personnalité au service d’une politique courageuse et cette situation n’a que trop duré. Alors libérez Ingrid, maintenant!

Le site d’Ingrid Betancourt :

http://www.ingridbetancourt.com/


6
juin
05

Bayrou… chef de l’union des futés pas très futé

Pour bien commencer la semaine, je vous propose une petite réflexion sur François Bayrou, l’homme du frémissement permanent. Je m’explique, en 2002, alors qu’il caracole à 5-6% dans les sondages pour le premier tour de la présidentielle, à trois semaines des élections, Monsieur commence à sentir un frémissement et il se voit déjà au deuxième tour. J’imagine que ce grand visionnaire a dû perdre la vue lorsqu’il a découvert les résultats et malheureusement, depuis, il n’a pas retrouvé tout l’usage de ce sens pourtant si important en politique qu’est la vision. Depuis, il se permet de critiquer l’action gouvernementale sans pour autant proposer une quelconque participation de ses troupes ni offrir une quelconque alternative. Seul ce pauvre Gilles De Robien a participé courageusement au gouvernement et a mené une action efficace au sein du ministère des transports

Il est vrai qu’il est très facile d’être dans la contestation permanente mais on attend plutôt là des partis de gauche qui paradoxalement font souvent des propositions plus concrètes que Mr Bayrou lui même. Alors Mr Bayrou, si vous voulez être un peu plus crédible, sortez des rangs de la contestation, ils sont déjà assez bien fournis comme cela en ce moment et tentez de proposer, de participer, votre place n’est pas dans la contestation mais dans l’action, cela sera plus utile et plus constructif. Je comprends bien qu’une position active ruinerait vos espoirs pour 2007 mais un homme politique se doit d’agir pour son pays, pas de contester pour se rendre sympathique et espérer se faire élire plus tard. Les français se souviendront de ceux qui auront changé le pays, pas de ceux qui passent leur temps à critiquer Pierre, Paul ou Jacques (voire même Pierpoljak!).


5
juin
05

A Marie-Georges et Olivier : paroles… et actes!

Deux éléments m’ont paru manquer, dans le débat référendaire de la semaine dernière : votre crédibilité et les nouveaux entrants dans l’Europe.

Quelle crédibilité avez-vous, lorsque vous nous annoncez,avec le non,des lendemains qui chantent?

Madame, vous êtes communiste : vous portez le nom d’un régime qui a suscité un grand espoir, qui s’est effondré dans l’horreur de ses crimes, la privation de liberté et l’appauvrissement des peuples qui l’ont vécu. Que nous proposez vous aujourd’hui? Vous vous dites européenne, mais vous et votre parti avez milité contre toutes les étapes de l’essor de l’Europe. Vous susciteriez un grand élan populaire? Contre l’immense majorité des syndicats européens, contre les pays de l’Est, qui ont tant aspiré à quitter l’empire soviétique pour rejoindre la maison commune? Pour quoi faire? La vérité, c’est que vous n’avez aucun plan B et que votre ritournelle -généreuse et sympathique au demeurant- est bien loin d’un programme à soumettre aux peuples européens.

Monsieur, que nous proposez-vous, avec une incontestable éloquence? Remplacer le capitalisme -dont les soit-disant communistes chinois sont les hérauts les plus efficaces- par la révolution communiste? Les peuples n’en veulent plus. Est-ce un nouvel avatar séduisant de cette idéologie? Vous proposez de donner sans délai le SMIC français aux polonais : ils savent bien que ce serait ruiner leur pays, alors que l’entrée dans l’Europe leur permettra d’y accéder dans un certain nombre d’années, comme les espagnols et les portuguais.

Quittons le protectionnisme réactionnaire que vous nous recommandez, hélas!… comme l’extrême droite! Ecoutons les nouveaux entrants que sont les pays de l’Est, qui ont choisi, entre le communisme qu’ils ont vécu, eux, et l’Europe que vous décriez tant. Leur enthousiasme, leur espoir, leur richesse qui s’accroît, fruit de leur travail et de leur liberté nouvelle, vous montrent le chemin, à vous qui voulez encore travailler moins et protéger nos privilèges. J’ai honte du refus des français de travailler un jour de plus pour les handicapés et les personnes âgées.

Si la France va moins bien, qu’elle ne s’en prenne pas à l’Europe : que serait notre agriculture sans elle? Qu’elle saisisse la chance d’une avancée qui s’efforce de remédier aux injustices du capitalisme par plus de démocratie, au prix, c’est vrai, d’un effort de travail et de générosité. Qu’elle tourne le dos à ceux qui n’ont rien à lui proposer que démagogie et négativisme et n’aboutiront, en voulant sanctionner le gouvernement, qu’à faire sanctionner notre superbe par des peuples qui perdront ainsi confiance dans notre pays . D Strauss-Kahn l’a dit avec pondération, écoute et respect de l’interlocuteur… et arguments à l’appui. Lui était crédible.


5
juin
05

La Suisse dit Oui à Schengen

Les Suisses viennent de se pronnoncer à 52% en faveur leur entrée dans l’espace Schengen. C’est un « oui » timide mais tout de même un « oui » et après la folle semaine que nous venons de vivre, et même si ce référendum n’avait pas la même importance pour la construction européenne que ceux en France et aux Pays Bas, cela constitue toutefois une avancée majeure. Il ne faut pas s’y tromper, la Suisse est un pays très indépendant, connu pour sa neutralité et la discrétion de son système bancaire, cette entrée programmée dans l’espace Schengen marque un tournant dans les relations entre la Suisse et l’Union Européenne.

L’accord de Schengen (1985) supprime les contrôles systématiques aux frontières (sauf dans les aéroports). Le visa unique de Schengen permet aux étrangers non européens de voyager à travers l’espace. L’espace Schengen comprend actuellement 13 pays de l’Union Européenne (la Grande Bretagne et l’Irlande entre autres n’en font pas partie).

Pour rappel, la Suisse a lancé en 1992 une demande d’adhésion à l’Union Européenne. En 2001, suite à un référendum, les négociations ont été suspendues. Il est donc peu probable que la Suisse rejoigne rapidement l’Union.


4
juin
05

Par ici la sortie…

Pour Laurent Fabius, il est des lendemains de victoires qui sonnent comme des défaites. Près d’une semaine après la victoire du « non » au référendum sur le projet de traité pour la constitution européenne, Laurent Fabius vient de perdre son siège au conseil national du parti socialiste pour avoir fait campagne pour le « non » allant ainsi contre le vote des militants qui s’étaient exprimés pour le « oui » à la majorité lors du référendum interne au parti quelques mois plus tôt.

On peut s’interroger sur la liberté d’expression qui règne au sein du parti socialiste et la stratégie à moyen terme. S’il est vrai que Laurent Fabius se mettait dans une position délicate en faisant campagne contre l’avis de la majorité des militants, il n’en est pas moins vrai qu’en tant que dirigeant politique de premier plan, il était probablement de sa responsabilité de faire campagne en fonction de ses propres idées. On voit mal un homme politique faire campagne contre ses idées profondes, cela ne serait pas très honnête (même si cela a du déjà se produite). Maintenant, quel avenir pour Laurent Fabius et les siens? Soit lors du prochain congrès du parti au mois de novembre 2005, François Hollande est remis en cause et dans ce cas tout est possible. Soit Laurent Fabius devra faire la course tout seul et s’il voulait l’investiture d’un parti pour 2007, il est probable que cela ne sera pas celle du PS et qu’il devra créer avec ses lieutenants un courant voire un parti dissident. En tout cas, pour les socialistes, l’avenir s’assombrit. La crise est profonde, une fois de plus le parti est divisé et il sera bien difficile de rassembler tout le monde pour 2007.

Si vous souhaitez avoir plus d’informations sur l’actualité de Laurent Fabius, n’hésitez pas à visiter son site web :

http://www.laurent-fabius.net/


3
juin
05

Le Blog de DSK

Dominique Strauss-Kahn, membre du bureau politique du Parti Socialiste, proche de François Hollande et ancien ministre, commente l’actualité, parle de son actualité sur son blog. Ce blog est assez vivant, beaucoup de gens réagissent dessus.

Voici l’adresse du blog de Dominique Strauss-Kahn :

http://www.blogdsk.net


2
juin
05

SNCF : Le droit de grève plus fort que le devoir de service minimum

Une nouvelle fois, de nombreux usagers des transports en commun en France ont eu à souffrir d’une grève de quelques syndicalistes irréductibles de la SNCF. La grève qui a touché le pays ce jeudi a été suivie par 25 à 30% des cheminots suivant les sources. C’est quand même la troisième grève du genre depuis le début de l’année 2005. Les revendications sont les suivantes : revalorisation salariale de plus de 1% (le 1% étant garanti mais il n’est pas suffisant), dénonciation du plan « fret », lutte contre les suppressions d’emplois et lutte contre la mise en place du service garanti les jours de grève.

Etudions ces différentes revendications de plus près. Je trouve scandaleux que les cheminots exigent une revalorisation salariale de plus de 1%. Ils devraient déjà s’estimer heureux d’avoir 1% garanti. Et bien non, cela ne leur suffit pas, il leur en faut toujours plus. Bien entendu, aucune contre partie, aucun objectif de résultat pour ces braves gens, non, il faut une augmentation importante et c’est tout. Dans mon entreprise, les augmentations ne se font que lorsque la société gagne de l’argent et que lorsque l’employé donne pleine satisfaction et dépasse ses objectifs. La SNCF perd de l’argent depuis des années, est sans arrêt sous perfusion de l’Etat qui renfloue ses caisses. Les grèves sont régulières et souvent infondées et il faudrait en plus leur donner des augmentations. Je dis non, il y en a marre, le contribuable n’est pas une vâche à lait, il faut cesser d’augmenter des cheminots qui ne travaillent déjà pas 35h. Il faut plutôt augmenter ceux qui se tuent à la tâche, ont des emplois pénibles et aucune assurance du lendemain.

Bien entendu, il faudrait imposer une service minimum garanti aux cheminots. Je vois bien dans ma boîte les gens dire certains jours : « bon aujourd’hui, on ne bosse pas, peu importe si les clients sont en rade, ils se débrouillent, cela mettrait un sacré bordel ». Les cheminots ont des devoirs avant d’avoir des droits. Ils ont le devoir de rendre un service public de qualité. Le contribuable paye pour cela et il paye très cher chaque année (plusieurs centaines d’euros sur chaque feuille d’impôt sur le revenu vont directement à la SNCF). J’en ai assez de voir des gens en rade sur les quais parce qu’ils ne peuvent pas monter dans le train, j’en ai assez d’entendre des gens dire qu’ils ont du prendre des jours de congés forcés parce qu’ils n’ont pas pu se rendre à leur travail un jour de grève, tout cela est scandaleux.

Ce que j’aime aussi à la SCNF, c’est la grève préventive. L’idée est la suivante : « on fait grève parce que l’on sent qu’il y a quelque chose de pas très bon pour nous qui se prépare, on sait pas quand, ni comment mais il y a des rumeurs« . C’est tout à fait ce qui se passe avec les suppressions d’emploi. Je n’ai jamais entendu parler de plan social à la SNCF, rien de tel n’est prévu à l’avenir. Au pire, certains départs à la retraite ne sont pas remplacés. Il faudrait que les cheminots reviennent sur Terre, le fait d’ajuster les effectifs dans une société est quelque chose de courant et légitime. Pourquoi une boîte emploierait 500.000 personnes si elle n’a besoin que de 200.000 personnes. La SNCF n’est pas l’armée du salut, elle n’a pas vocation à fournir un emploi à des personnes qui ne pourraient rien faire d’autre. La SNCF n’est pas une maison de retraite ou un club de vacances mais une entreprise commerciale ayant pour but de satisfaire ses clients par un service de qualité.

Il y a aussi la grève solidaire. L’idée c’est : « je fais grève parce que certains camarades dans d’autres secteurs d’activité sont menacés ». Ils ont trouvé le moyen de mettre en oeuvre ce processus lors du débat sur la réforme des régimes de retraire. Ils n’étaient pas concernés puisque leur régime n’était pas en cause mais ils ont quand même fait grève, par solidarité, c’est pas beau ça? C’étaient presque les seuls à faire grève d’ailleurs… Pendant ce temps là, les autres travaillent. Et oui, il faut bien payer les retraites des cheminots, elles coûtent bien cher vu qu’ils partent très tôt à la retraite.

Tout cela m’écoeure. Quand je pense aux pompiers, aux médecins et aux infirmiers qui bossent autant que deux ou trois employés de la SNCF dans des conditions bien plus précaïres pour un salaire bien inférieur avec des qualifications souvent largement supérieures, je me dis que la justice sociale est un concept bien particulier en France.

En fait, tout ceci reflète un certain égoïsme d’une partie des fonctionnaires (loin de moi l’idée de vouloir généraliser). Cela reflète aussi quelque chose d’humain et de plus profond qui veut que lorsqu’on est habitué à une situation, aussi incroyable et délirante soit t’elle par rapport au reste de la société, on veut tout faire pour la conserver même si c’est surréaliste. On en veut toujours plus et on en donne toujours moins. Peu importe que l’autre travaille comme un dingue, qu’il y ait des chômeurs, que la crise économique perdure, moi j’ai mes avantages, ils ont été obtenu de longue date par mes camarades, je me dois de les défendre même s’ils ne sont plus légitimes. Je comprends cette attitude à défaut de la soutenir ou de l’apprécier. Je pense que lorsque l’on a toujours été habitué à peu travailler, à bénéficier d’avantages incroyables, il est impensable de s’en détacher. Cependant, la réalité de notre société est là, dure et quotidienne et il y a fort à croire que si l’on ne change pas un peu l’équilibre aujourd’hui, il sera bien plus douloureux de le faire demain car l’ajustement sera brutal et plus important. Maintenant, c’est une question de responsabilité civile et civique. Quels mondes voulez vous pour vos enfants demains? Quelle France souhaitez vous? La question est posée.

La blogosphère en ébulition :

Agoravox


2
juin
05

Le blog d’Alain Juppé

A l’occasion de la visite d’Alain Juppé à Matignon ce matin, visite qui marque peut être son retour aux affaires après une longue traversée du désert, si vous désirez connaître le point de vue d’Alain Juppé (ancien premier ministre de La France) sur l’actualité, n’hésitez pas à vous rendre sur son blog qui est mis à jour de manière assez régulière :

http://www.al1jup.com/


Page 153 sur 155« Début...102030151152153154155
L'autre monde | Thème liquide par Olivier