Le plan de relance décidé par Nicolas Sarkozy est relativement ambitieux mais on aurait pu aller encore plus loin. C’est probablement une opportunité historique que nous vivons en ce moment dechanger radicalement le cours des choses. Travail, logement, automobile, environnement, le temps n’est plus aux mesurettes mais à une nouvelle politique, beaucoup plus volontariste. Je vais détailler secteur par secteur mon propre plan de relance. J’avais déjà évoqué un certain nombre de ces mesures par le passé.
Dans le secteur de l’automobile, c’est bien de donner de l’argent pour mettre à la casse les vielles poubelles. Cela va permettre de relancer un peu la vente de voitures neuves et de diminuer la pollution liée aux vieux moteurs. Mais est ce que le jeu en vaut la chandelle? Est ce juste de perfuser une fois encore le secteur de l’automobile? Non, c’est injuste. La situation catastrophique de l’industrie automobile française ne doit en effet rien au hasard. Elle est le résultat d’une politique de rentabilité à court terme des constructeurs historiques qui ont tout parié sur le moteur diesel au détriment de l’hybride et des énergies alternatives. Le résultat? Une industrie vieillissante offrant des véhicules inadaptés aumarché. Toyota est le parfait exemple de l’entreprise qui a su anticiper l’évolution du marché. Résultat, aujourd’hui, elle évite la crise grâce à sa Prius à moteur hybride. Il ne faut pas oublier la manière dont les constructeurs français ont écarté au début des années 2000 les énergies alternatives au profit du tout pétrole. Ils ne parlaient alors que d’une seule voix avec les pétroliers, comme si leurs destins étatientliés à jamais. Ce discours leur a permis de faire de gros bénéfices et d’éviter de lourds investissements en R&D. Mais ce n’était que reculer pour mieux sauter. Et quelques années plus tard, c’est encore l’Etat qui vole au secours de ces entreprises. Bien sûr, il faut sauver les emplois mais cela ne doit pas se faire gratuitement. Ces mesures coûtent cher au budget et ne profitent qu’à quelques entreprises. Alors il faut d’une part que les dirigeants de ces entreprises quittent leur poste (il faut bien que les responsables de cette situation l’assument) et d’autre part que l’argent injecté dans le secteur le soit sous forme de prêt remboursable dans quelques années lorsque le cap technologique aura été franchi et que cela ira mieux. Il faut que l’Etat cesse d’injecter gratuitement de l’argent dans des secteurs si ciblés. Cela n’encourage pas ces entreprises à mener des politiques responsables puisqu’il y a toujours l’Etat pour rattraper le coup en cas de coup de dur. Il faut donc arrêter la perfusion systématique et commencer à demander des comptes sinon, le jour où il n’y aura plus de pétrole, Total va demander des sous pour se relancer avec dans la balance la menace de fermer ses raffineries, comme si la fin du pétrole était arrivée brusquement un matin d’hiver…
En ce qui concerne le travail, c’est clair et net. Je suis pour l’abrogation pure et simple au 1erjanvier 2009 des 35 heures dans toutes les entreprises publiques et privées. 2009, 220 ans après 1789, cela sera la fin des privilèges! Au nom de quoi est ce qu’un employé d’une TPE travaillerait 39 heures parce que son entreprise n’a pas les moyens d’être aux 35 heures alors qu’un employé d’une grosse boîte travaille 35 heures parce que sa boîte a de multiples succursales dans des pays low cost ce qui permet de lisser les coûts? Il faut mettre fin à cette injustice une bonne fois pour toutes. Comme cela ne peut pas se faire en mettant tout le monde aux 35 heures (certains étant déjà aux 25 ou aux 32 heures), il faut remettre tout le monde aux 39 heures!
Pour le logement, je préconise la suppression des droits de mutation (vous savez cette taxe prélevée au profit des collectivités locales au moment de l’achat d’un bien). Cet impôt est beaucoup trop lié à la conjoncture. Certaines municipalités comme Paris en ont abusé et elles se retrouvent aujourd’hui forcées d’augmenter les impôts locaux faute de rentrées suffisantes avec l’explosion de la bulle immobilière. Ensuite, je préconise la création d’un label environnemental unique géré par le ministère du logement. Les logements répondant aux critères qualitatifs de ce label pourront bénéficier des avantages fiscaux (prêt à taux 0% doublé, crédit d’impôt pour les intérêts d’emprunt, TVA réduite, etc…). Enfin, je suis pour une refonte complète de la loi SRU avec la mise en place d’objectifs chiffrés sur la construction d’immeubles neufs et la destruction des immeubles anciens sur les 5 et 10 années à venir pour chaque commune. Voilà une mesure qui aura un impact positif sur le logement, l’emploi et l’environnement! En construisant plus, on construira moins cher et à terme on économisera sur les dépenses énergétiques.
En ce qui concerne les transports, je soutiens la politique de grands travaux sur les lignes TGV qui est nécessaire et bénéficiera à toute la population. En revanche, pour ce qui est de l’achat de nouveaux trains, là encore, l’impact sera localisé sur quelques entreprises, est ce vraiment juste?
Pour le pouvoir d’achat, la prime de 200€ est intéressante même si cela peut sembler dérisoire par rapport aux difficultés rencontrées par certaines personnes. C’est quand même mieux que rien en attendant le RSA au 1er juillet 2009.
Dernière mesure de mon plan de relance : virer Christine Lagarde! Elle est aussi forte que madame Soleil pour prédire la croissance. Elle nous sort un nouveau chiffre chaque semaine. Elle a perdu toute crédibilité. Il est temps de changer…