3
Jan
11

Pour la gauche aussi, les 35 heures ont vécu…





Manuel Valls vient de jeter un pavé dans la marre des 35 heures de Martine Aubry. Il a déclaré : « Oui, nous devrons déverrouiller les 35 heures » puis « Cela doit permettre aux Français, pour ceux qui ont la chance d’avoir un emploi, de travailler davantage, deux heures, trois heures, sans avoir recours forcément aux heures supplémentaires qui ont beaucoup coûté à l’Etat et à l’économie française ».

En clair, il propose purement et simplement de permettre de revenir rapidement aux 39 heures sans avoir recours aux heures supplémentaires. Je pense que Manuel Valls est l’un des rares socialistes à être capable de prendre des positions pragmatiques, en phase avec le monde qui change.

Il est clair que cela ne va pas faire rire Martine Aubry mais bon, elle aussi devrait évoluer sur ce sujet puisqu’après tout, il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis.

2012 verra donc la fin des 35 heures, que cela soit un candidat de droite ou de gauche qui passe. C’est une très bonne nouvelle! Espérons que ce changement s’appliquera à tous, privé comme public afin de ne pas creuser un peu plus le fossé des injustices sociales entretenu par la gauche depuis des décennies entre le secteur public et le secteur privé.





13 commentaires pour “Pour la gauche aussi, les 35 heures ont vécu…”
  1. pascal dit :

    C’est amusant comme l’idée d’être un grand chanceux d’avoir du travail fait son chemin..
    Après les privilégiés du secteur public,voici venir les nantis de l’emploi..
    Quand aux cons qui n’ont pas peur de changer d’avis,je te propose d’adhérer aux 35h hebdomadaires,véritable avancée sociale enviée par de nombreux travailleurs de tous les pays.
    Manuel Valls cherche à exister en allant chercher du soutient vers les électeurs centristes,il se cassera les dents comme d’autres…

  2. Olivier dit :

    Tu penses que le PS français est assez fort pour imposer les 35 heures au monde entier et faire en sorte que l’industrie française relocalise ensuite?

    Bonne année au fait 🙂

  3. pascal dit :

    Bonne année Olivier !!
    Je pense que les 35 heures sont une avancée sociale notable et qu’a plus ou moins long therme les pays que je concidère comme sous dévellopés devront faire évoluer leur politique sociale,salaire,temps de travail….
    Sous peine de révolution.
    En France cela à créé des emplois nottament dans le secteur des loisirs.
    Nous sommes aussi les champions de la natalité !!Trés important quand un pays ne veux pas mourir..
    Je suis sur que le temps de travail n’y est pas pour rien ( non pas pour les performances,quoique…)mais en effet,quand on ne vit pas pour travailler on peut se consacrer à une famille..

  4. Olivier dit :

    Le problème, c’est le terme… Il est certain que globalement, avec l’industrialisation et l’automatisation, on tend inéluctablement vers une baisse globale du temps de travail. Mais avant que cela soit généralisé et au niveau où on est arrivés en France, il va probablement se passer encore quelques années (entre 30 et 50 à louche selon moi).

    Je pense qu’avec les 35 heures, la France a accéléré le mouvement des délocalisations. Cela me rend fou de voir toutes ces usines qui ferment les unes après les autres pour des problèmes de compétitivité. Il n’y a pas de secret, lorsqu’on travaille moins et qu’on est payés plus, on a beau être très productifs, cela ne suffit pas à compenser l’écart avec certains pays…

    Les salaires et les conditions de travail s’améliorent dans les pays en voie de développement mais le retard à combler est immense donc cela prendra beaucoup de temps.

    On peut toujours créer des emplois dans les secteurs de service qui ne sont pas facilement délocalisables. Mais globalement, c’est l’industrie qui fait le plus gros des emplois et la stabilité de l’économie. La France ne peut pas vivre que du tourisme…

    Pour la natalité, on avait déjà un taux plus élevé que nos voisins bien avant les 35 heures.

    On peut quand même s’occuper d’une famille en travaillant 40 heures par semaine. Beaucoup y arrivent correctement.

  5. Rebecca dit :

    J’ai lu un article qui expliquait que même à droite, il n’y a plus de sujet « 35h ». Revenir sur l’organisation actuelle ne serait pas sérieusement envisagé.
    Je te rassure, je suis contractuelle dans le public, avec une moyenne annuelle de deux réunions en soirée par semaine non rattrapée, parfois je démarre ma journée au bureau à 7h. Régulièrement, je finis mes réunions à 23h ou plus.Je n’arrive pas à poser mes RTT, … Je ne me plains pas car mon boulot est passionnant!!! Je crois vraiment que tant dans le public que dans le privé, ceux qui veulent bosser bossent et ceux qui glandent, glandent. Non? Mais j’avoue, j’ai envie de passer dans le privé…

  6. Olivier dit :

    J’ai toujours bossé dans le privé mais j’ai beaucoup travaillé avec le public. Ma vision est qu’il est plus facile de se planquer et glander dans public. Dans le privé, quand tu glandes, cela finit par se voir et se savoir et le jour où la roue tourne, tu es le premier à dégager.

    Dans le public, au pire, tu n’avances pas aussi vite que les autres dans les échelons mais ça va pas plus loin. Le manque de reconnaissance et de perspective, les difficultés structurelles amènent un certain nombre à faire le choix de la glande, parce que c’est plus simple, moins fatiguant et moins frustrant…

  7. Rebecca dit :

    Oui, là en effet, j’avoue que je partage assez cette vision… Mais ne jetons pas la pierre au secteur public en général!

    En France, j’ai lu que nous avions une très bonne productivité, au regard d’autres pays, non soumis au 35h.

  8. Olivier dit :

    En effet, c’est une idée assez répandue. Difficile de dire si elle est réaliste ou suggérée pour se donner bonne conscience. J’ai quand même du mal à croire qu’on puisse produire autant de valeur en 35 heures qu’en 40 ou plus… Même si la fatigue fait baisser la productivité, 5 heures, c’est beaucoup, cela fait quand même environ 150 heures sur une année.

  9. Gilles dit :

    Olivier : http://fr.wikipedia.org/wiki/35_heures
    Pour la prod., et pour le reste.
    Mêmes les USA sont moins productifs avec leurs 15j de vac / an maxi 🙂
    Quand on aime son boulot, on le fait plus ?

  10. Olivier dit :

    Je cite Wikipedia : « toutefois l’amélioration de la productivité horaire n’a pas été suffisante pour compenser la baisse du temps de travail »

    Après, Wikipedia pouvant être mis à jour par n’importe qui, cela vaut ce que cela vaut…

    Au delà de la productivité, il y a la compétitivité… Une usine en France va avoir besoin de machines très couteuses et automatisées pour être aussi productive qu’une usine moins automatisée des pays de l’est. Au final, ce n’est pas rentable du tout de produire en France car tu as besoin de plus d’automatisation pour réduire le coût de la main d’oeuvre.

  11. pascal dit :

    De toute manière les machines couteuses et automatisées, les chinois voudront se les procurer aussi à un moment ou un autre..l’appat du gain (de pruductivité ) n’a pas de limites!!
    On ne peut pas fonctionner que sur des critères de productivité.Tout le monde sait et est d’accord pour dire que c’est une course sans fin qui tue beaucoup de gens pour peu d’élus.
    C’est pourquoi je continue de penser que la semaine de 35 h était un acte politique courageux et ambitieux.

  12. Olivier dit :

    C’est certainement très populaire comme acte politique mais peu courageux à mon sens. Il n’y a pas de risque politique local à prendre ce genre de décisions à court terme. Après, si un jour, on se retrouve dans la situation de la Grèce ou de l’Irlande, les gens vont peut être réfléchir aux bienfaits des 35h sur leur pouvoir d’achat et leur emploi…

  13. Barbosa dit :

    Je me doutais bien que les 35 h entraîneraient un pic d’échanges sur ce blog.
    N’oublions pas que les 35 h, en 2000, étaient plus envisageables au moment où la croissance française était tirée par la croissance américaine. Certes, il y a eu des emplois à la clef et la productivité horaire a – un peu – augmenté. Il est contraire à toutes les études de dire que nous sommes plus prooductifs que les Américains, avec nos 35 heures, nos 5 semaines de congés, nos multiples fériés et les RTT. C’est ainsi que nous avons reperdu – et au delà – les emplois créés, perdu notre compétititivié, creusé notre dette. Si l’on ajoute l’effet de la crise, alors oui, Valls a raison. Pourquoi faut-il qu’un seul, qui s’oppose à ce dogme mortifère des 35 heures, soit qualifié de démagogue? Est-il indécent de penser qu’il a du courage et de la lucidité?
    Détrompez-vous, le maintien des 35 heures n’aura pas été un gain social, mais un recul par le chômage et la dette qu’il aura entraîné.
    Je ne dis pas que, dans 20 ou 30 ans, on ne pourra pas y revenir. Mais aujourd’hui, c’est suicidaire!
    Et, au fond, est-ce invraisemblable de faire travailler 39 heures un jeune de 25 ans, quand il a la chance d’avoir un travail? Il pourra permettre de payer les retraites de ses enfants et les allocations des chômeurs. Je suis stupéfait et attristé du désinvestissement des Français au travail. Les chômeurs envient ceux qui ont un travail.
    En calculant bien, travailler 39 h sans augmentation de salaire constituerait probablement la solution la plus efficace pour redresser le pays, au moins pour ceux qui sont au dessus du SMIC. Horreur! Que n’ai-je pas dit là!
    Je voterais sans hésiter pour l’augmentation de la taxation des riches et des transactions financières. Le problème, c’est que la première mesure ne suffira pas et que la deuxième n’est pas possible sans un consensus international, dont on ne voit guère le début.
    J’ai été un travailleur enthousiaste du service public, pendant 44 ans. Hélas, le service public est en train de se déliter: tout dysfonctionne. Et ne me dites pas que c’est la diminution des fonctionnaires: la fonction publique d’Etat a – discrètement – diminué. Mais les collectivités locales et la santé se sont envolées: entre 50 et 75 % de plus en 15 ans!

    Comment croire que nous ne devons pas nous serrer la ceinture? Sinon, plus dure sera la chute!
    Pour instaurer la rigueur nécessaire, une chose est essentielle: des dirigeants vertueux qui disent la vérité, inspirent confiance et répartissent aussi équitablement que possible l’effort nécessaire. Hélas, ce n’est ni le cas du pouvoir, ni de l’opposition.



L'autre monde | Thème liquide par Olivier