11
Fév
08

Que faire pour la banlieue?





On n’arrête pas de parler de la banlieue depuis des décennies, lieu méconnu qui cristallise tous les fantasmes journalistiques et populaires. Mais qu’est ce que la banlieue? Après tout, Neuilly sur Seine est une banlieue, au même titre que Sarcelles ou Saint Denis. Pourtant quand on se balade dans Neuilly, on n’a pas tout à fait le même sentiment qu’à Sarcelles ou Saint Denis. Je me souviens il y a quelques années, lorsque j’avais un job « itinérant », lors de l’un de mes déplacements en banlieue, j’avais été coursé en pleine rue commerçante par deux jeunes à Vitry (94) à 10h du matin. Une autre fois à Drancy, je revois le comité d’accueil avec les chiens en bas de ces barres d’immeubles qui erraient, je n’étais pas fier en passant devant eux. Cette faillite de la jeunesse, c’est celle du système scolaire.

Le système scolaire porte une très forte responsabilité dans l’échec de nos banlieues. Lorsqu’il n’y a pas de cadre à la maison, lorsque les parents démissionnent parce qu’ils ignorent tout de leur mission, il n’y a que le système qui puisse cadrer les brebis égarées.

Mais revenons sur la démission des parents, cela me semble important. L’autorité parentale, concept vétuste, est un ressort cassé dans notre société. Comment demander à des parents de faire respecter des règles dont ils ignorent l’origine et la portée? On ne prescrit pas l’autorité, on l’apprend et on la transmet. Pour suivre les règles d’un système, il faut d’abord les apprendre et les comprendre. C’est tellement simple qu’on l’a oublié mais lorsqu’une personne arrive dans un nouveau cadre, une famille, une entreprise ou une association, elle doit se plier au cadre pour se faire accepter. Le problème, c’est l’absence de cadre défini à certains endroits. Il faut donc rétablir ce cadre. Et il n’y en a pas 36 possibles. Par conséquent, ce n’est pas le rôle des médiateurs, des assistantes sociales ou des associations style « ni salope ni ta soeur » ou « encore l’inondation » de rétablir le cadre de la société. L’Etat doit assumer et rétablir l’ordre et le respect, le même pour tous. La première chose est de définir de manière claire ce qu’est le cadre. Ensuite, il faut l’apprendre à tous : les plus jeunes via l’instruction civique, les adolescents via des journées de participation à des activités sociales civiles, les paumés et les parents via des stages de civilisation. Je n’ai rien contre les associations ou les médiateurs mais je pense que ce ne sont que des pansements posés sur une jambe gangrénée. Ils permettent de ralentir la progression de la maladie mais ils ne la guérissent pas.

Je suis toujours frappé lorsque je me balade en pleine journée de voir le nombre de gens désoeuvrés dans la rue en pleine journée. Il y a pourtant plein de travail mais pas pour eux visiblement. Il ne faut plus laisser les jeunes sortir du système scolaire avant un certain âge. L’école est obligatoire. On ne doit plus pouvoir sécher les cours. Il faut rétablir les filières professionnelles par rapport à la filière générale. Je me souviens quand j’étais à l’école, on me rabâchait sans cesse que si je ne travaillais pas bien, je serais « orienté », pourquoi pas désorienté pendant qu’on y est? Pourtant, la France a plus besoin de maçons et d’électriciens que de BAC littéraires ou pire de lycéens sans BAC ou de BAC + 15 sans job. Je voyais l’autre jour à la télévision une pauvre caissière qui avait un BAC + 5 et se plaignait des gens qui disaient à leurs enfants à la caisse : « tu vois, si tu ne travailles pas à l’école, tu vas finir comme elle ». N’est ce pas la faillite d’un système que celui qui met derrière une caisse une personne avec un BAC + 5? Quelle triste résultat pour cette pauvre étudiante probablement bercée par le doux discours d’un prof de français lui promettant un avenir artistique florissant dans une filière bouchée. Ah ces profs de français, je pourrais écrire des pages dessus, la plupart des aigris se prenant pour d’illustres auteurs qui n’ont rien fait d’autre dans leur vie qu’écrire le roman de leur échec mais aussi celui d’une génération sacrifiée sur le ban de leur ambition à l’horizon incertain.

Mais alors que faire entre un système scolaire qui ne répond plus aux besoins de la société et des parents absents? Il faut imposer un cadre et permettre à chacun d’y trouver sa place et de se l’approprier. Le cadre, ce n’est pas la rue, ce n’est pas le trafic. Le cadre, c’est l’école et le travail, c’est le respect des règles. Ce n’est pas une alternative, c’est une obligation.

Et puis, il faut arrêter de demander des budgets et des subventions. On ne doit plus acheter la paix sociale à coups de terrain de foot et de locaux associatifs ou de zones franches. Il faut donner une perspective, expliquer que la vie est faite d’efforts et de difficultés, que c’est une réalité pour tous et donner à chacun la chance de s’en sortir. Cela commence par une école plus adaptée qui ne laisse personne sur le bord de la route et n’envoie personne dans des impasses. Pour cela, il faut former les professeurs et réformer les programmes scolaires. A quoi est ce que cela sert d’apprendre Mozart ou Picasso à des jeunes qui ne savent pas lire ou compter? Il faut être pragmatique à un moment et revenir à la réalité…





2 commentaires pour “Que faire pour la banlieue?”
  1. Gilles dit :

    Fermons les écoles et au boulot !
    Avec obligation de suivre des cours de français et de maths après les 8h de chantier (payées au SMIC).

  2. Olivier dit :

    Pour bosser, il faut d’abord apprendre un minimum de choses et en premier à s’exprimer, cela peut aider…



L'autre monde | Thème liquide par Olivier