13
Oct
10

Retraites : mobilisation en baisse…





Aujourd’hui, il n’y a guère que les lycéens et les cheminots pour se mobilier contre la réforme des retraites. Le plus amusant, c’est qu’ils ne sont pas directement concernés par cette réforme…

En effet, les cheminots bénéficient d’un régime spécial dont la réforme ne se fera pas avant plusieurs années. Et les lycéens, il faudrait déjà qu’ils aient le bac avant de songer à leur retraite…

La gauche l’a bien compris, ce sujet ne mobilise pas. Alors la seule manière de grossir les rangs des manifestants, c’est de faire venir des lycéens. Moi je les comprends les lycéens. Quand tu es jeune et que tu t’embêtes huit heures par jour à écouter un prof qui trop souvent au mieux n’en a rien à foutre de ta réussite ou au pire souhaite ton échec, c’est bien plus marrant d’aller avec les potes gueuler dans la rue contre un projet dont on ne comprend ni les tenants ni les aboutissants. On a l’impression d’exister, de se mesurer au système, on oublie que depuis longtemps, on vit dans le confort de ce système.

Mais bon, il faut un certain temps avant de se rendre compte que l’on crache dans la soupe qu’on a cuisiné. D’ailleurs, un certain nombre ne s’en rendent jamais compte.

Sur les retraites, comme sur la fiscalité, je pense qu’il faut une législation au niveau européen. Cela permettra d’équilibrer la concurrence au sein de l’union et cela rendra inévitablement la France plus compétitive. Vous n’en avez pas marre de voir toutes ces usines qui ferment? Ah ça c’est sûr, la SNCF et la RATP ne vont pas fermer demain. Avec la perfusion de l’Etatet le monopole, ils sont tranquilles, ils peuvent continuer de tirer sur la corde. Je pense qu’à un moment, cela serait bien que l’Etat utilise mieux ses crédits pour renforcer le secteur privé industriel qui prend en pleine tête la concurrence des pays asiatiques et des pays de l’est.

La solidarité, ce n’est pas de concéder toujours plus aux entreprises riches ne souffrant pas de la concurrence mais d’aider les plus soumises aux contraintes de la mondialisation.

Dernier point, je me marre quand je vois les décomptes des syndicats. Ils prennent vraiment les gens pour des cons. Ils ont montré ce soir sur Canal+ comment les syndicats comptaient les manifestants. C’était grandiose. Le gars voyait passer deux personnes devant lui, hop il passait de 300 à 500. Il semblerait que même le décompte de la police soit au dessus de la réalité. Certains journalistes ont fait des décomptes précis et il y avait 10 à 20% moins de manifestants que dans le nombre de la police. Alors autant dire que les syndicats peuvent revoir leurs méthodes, on est pas en Chine et leur propagande ne dupe personne. Il y avait moins 500.000 manifestants dans la rue, bref, tout le monde était au boulot, à part quelques lycéens et les cheminots…





Un commentaire pour “Retraites : mobilisation en baisse…”
  1. Barbosa dit :

    Je crois que tu pousses un peu, en disant que ce sujet ne mobilise pas. Les manifestations et grèves à répétition ne pourraient se réaliser sans un minimum de mobilisation populaire. Faut-il tenir pour nuls les sondages répétés?
    Je crois que les gens se crispent sur leurs avantages acquis et veulent manifester contre les réformes qui les dérangent et Nicolas SARKOZY, dont l’impopularité s’accroît.
    Celà dit, une alternative crédible manque sur les retraites et la gauche offre un spectacle navrant de démagogie, de dissociation. On entend beaucoup d’acerbes critiques du projet, des idées fausses (les vieux prendront la place des jeunes: c’est le contraire que démontrent les autres expériences européennes)et très peu de propositions!
    Il est vrai que la réforme n’a pas fait l’objet d’une concertation raisonnable: la responsabilité n’est pas seulement celle du gouvernement, mais aussi celle des syndicats et de l’opposition. Le débat démocratique régresse, proie de l’égoïsme catégoriel, de la vue à court terme, de la haine de l’autre, naturellement responsable, de l’absence de courage.
    Il faut donc que passe la réforme, même imparfaite, premier pas – pouvons-nous encore l’espérer? – d’une prise de conscience qu’il va falloir se serrer la ceinture et que ceux qui le peuvent (quand même la majorité) doivent travailler plus, plus longtemps et sans augmentation de salaire pendant des années, ce que les allemands ont fait, avec le succès qu’on sait.



L'autre monde | Thème liquide par Olivier