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Oct
10

Retraites : quel choix?





Petite réflexion de Nasa San Kabuto sur les retraites.

Aujourd’hui, le Sénat se saisit du projet de loi tant controversé. 1600 amendements sont annoncés! Parallèlement, les syndicats CGT, FO et SUD de la RATP déclarent une grève reconductible à partir du 12 octobre. La CGT de la SNCF menace de faire de même.

Le gouvernement se déclare prêt à des concessions, en particulier pour les femmes et les personnes handicapées. Un article du Lancet, la plus prestigieuse revue médicale, cité par le Monde, montre qu’on peut prévoir à 50 ans le handicap à 70 ans. Eric Woerth signe un article, dans le même journal, pour expliquer la réforme et son impact, en particulier sur les femmes. Les manifestants du 2 octobre se plaignent de devoir travailler plus longtemps pour avoir des retraites amoindries avec le projet du gouvernement. Certains sondages disent qu’une majorité de Français y sont opposés.

Alors, que faire? Une majorité des Français reconnaissent qu’on ne peut laisser le régime des retraites en l’état. Il faut donc réformer. D’un côté, il y a le projet gouvernemental, déjà sérieusement amendé, en particulier sur la question de la pénibilité. Il suffit d’une invalidité de 10% pour avoir une retraite à taux plein à 60 ans. 10%, c’est, par exemple, la perte de 7 dents. Y a-t-il un meilleur moyen, plus simple et plus juste d’évaluer la pénibilité? Sinon, toutes les professions vont se prévaloir de la pénibilité, y compris les enseignants, qui ont la plus grande espérance de vie.

L’augmentation progressive pour atteindre un âge plus avancé de 2 années pour avoir le droit de prendre sa retraite ou avoir une retraite à taux plein est-il une contrainte insupportable, quand l’espérance de vie a augmenté de beaucoup plus en 30 ans? Et c’est encore un moyen insuffisant, à terme de 10 ans, pour maintenir le niveau des retraites.

Les syndicats et la gauche nous disent qu’il faut faire payer les entreprises, dont la compétitivité ne cesse de baisser, entraînant des pertes d’emploi, du fait du faible temps de travail en France, comparé aux pays industrialisés et, plus encore, aux pays émergents.
Ou qu’il faut augmenter les impôts, source de baisse du pouvoir d’achat donc de la consommation, donc des emplois.

Reste la taxation de l’épargne et surtout des opérations financières. Ce serait la ponction la plus juste et elle est en marche, trop faiblement. Le problème est, qu’on le veuille ou non, que nous sommes en régime capitaliste et mondialisé (on n’a pas encore trouvé d’autre système qui n’aboutisse pas à la ruine, comme le communisme). Et si l’on veut actionner cette solution, une entente des pays riches est indispensable. Si la France agit seule, les capitaux s’enfuieront vers des pays plus acommodants, comme les Etats-Unis et la Chine.

Y a-t-il donc un projet de réforme alternatif crédible? Il est régulièrement annoncé, mais on en attend toujours l’argumentaire.

Alors, que signifie cette montée aux extrêmes des plus privilégiés, dont fait partie la RATP? N’a t-on pas consenti une prime supplémentaire aux condusteurs de RER qui, à ancienneté égale, gagnent aujourd’hui autant qu’un professeur d’université? Veulent-ils mettre à bas cette réforme, pour la remplacer par quoi? Assez de de destruction systématique de tous les projets de réforme gouvernementaux! Des propositions crédibles! Il est tard! Ne tardons pas.







L'autre monde | Thème liquide par Olivier