19
Août
07

Souffrances fécondes?





Un petit texte de Jean-Luc, fidèle lecteur de ce blog, écrit en janvier 2007 :

En ce matin gris, qui clôt ce premier mois de l’année, je pense à Michel, à Hélène, à Jean. Je pense, avec effroi, à leur souffrance. Je pense à leur acharnement héroïque à choisir la vie, quand d’autres succombent, parce que c’est vraiment trop dur.

Je pense au sens de leur souffrance. Pourquoi, comment lutter contre tant de cruauté imméritée ? Dans leur combat pour la vie, ils ont un point en commun : l’amour. Un amour d’une force saisissante, presque surnaturelle, face auquel on ne peut que s’incliner, ébahi par tant de courage. Fantastique leçon des patients, des personnes handicapées pour les « bien portants » que nous sommes ! Source vivifiante, toujours renouvelée, toujours surprenante, à laquelle je m’abreuve, jour après jour.

Et pourtant, que de douleurs, que d’injustice ! Comment tenir debout ? Donner, donner encore et toujours, jusqu’à l’épuisement… et la mort.

Je pense à l’abbé Pierre, à la fatigue qu’il appelait paresse et se reprochait. Je pense aussi à ce regard lumineux, lorsqu’il évoquait « les grandes vacances qui l’attendaient » « Mon royaume n’est pas de ce monde… il fallait qu’Il souffrît pour entrer dans Sa gloire ». Triste destin, transfiguré par l’amour… et la perspective, l’espoir d’une vie future, où il n’y aurait plus, pour reprendre les paroles mêmes de l’abbé Pierre « que l’amour… sans la souffrance. » Ce serait, en tout cas, une bien juste réparation pour ces blessés de la vie, d’une vie qui ne les a pas épargnés.

En tout cas, le Christ, puisqu’il faut l’appeler par Son nom, a, probablement mieux que tout autre, décrit cette plaie de la condition humaine qu’est la souffrance et proposé une réponse, qui peut paraître inaccessible, mais qui est peut-être la meilleure : « L’amour, par la croix » disait Claudel.







L'autre monde | Thème liquide par Olivier