10
Nov
08

Zone Interdite sur les accidents de la route





Comme tous les dimanche soirs, j’ai regardé M6 ce soir. Je ne sais pas ce que je ferais si un jour ils me suppriment Zone Interdite et Capital. Il faut dire que M6 a un savoir-faire unique en matière de reportages. Ils savent mêler l’émotion et l’information sans sombrer dans le voyeurisme. Les reportages de France 2 dans Envoyé Spécial sont d’une qualité bien plus inégale.

Le sujet de ce soir était les accidents de la route. Zone Interdite a fait de ce thème un sujet récurrent dans ses émissions. M6 a été un pionnier dans la mise en lumière de ce scandale national que représente la délinquance routière.

Dans l’émission de ce soir, une très longue partie était consacrée à Isabelle, une mère de famille approchant la cinquantaine lorsqu’elle fut propulsée à 32 mètres par un chauffard, tellement fier de son acte qu’il a pris la fuite. La vie d’Isabelle a alors basculé, tout comme celle de sa famille. Le reportage suit les progrès d’Isabelle au quotidien dans la rééducation mais également ses souffrances visibles et invisibles. On assiste notamment à un grand moment d’émotion lorsqu’Isabelle remarche pour la première fois. Les séquelles de cet accident sont terribles et ont des conséquences sur toute la famille d’Isabelle. D’un point de vue physique, Isabelle a une jambe complètement raide (impossible à plier), un bras en mauvais état, la boîte cranienne reconstituée et une infection nosocomiale. D’un point de vue mental, Isabelle a perdu la mémoire. Elle ne reconnaît plus son plus jeune fils et ne se souvient plus de son passé. Elle a également un certain nombre de troubles : trouble de la mémoire, trouble de la parole et trouble émotionnel.

J’ai été très impressionné par le courage de sa famille et notamment de son mari. Voilà un type pour qui les 35 heures se font plus en deux jours qu’en une semaine. Et je ne parle pas de la souffrance morale de cet homme qui comme il le dit très justement a perdu sa femme. Face à l’ampleur de la tâche à assumer au retour d’Isabelle à la maison, il est obligé de vendre son commerce. Le dernier fils d’Isabelle arrête ses études. Ce sont des dommages collatéraux de l’accident qu’il faudrait également indemniser.

En ce qui concerne le chauffard, il prend 9 mois de prison alors que le parquet avait requis 4 ans dont 2 ans ferme. Le parquet a fait appel de cette décision. En ce qui me concerne, face à un chauffard qui n’assume pas ses actes, il n’y a pas de faiblesse à avoir, cela doit être plusieurs années de prison ferme, la saisie de tous ses biens pour les vendre au profit de la victime et à la sortie de la prison, il bosse et son salaire doit être saisi pour améliorer le quotidien de la famille brisée.

Il y a un problème dans notre système de prise en charge des accidentés de la route. Au départ, on le voit très bien dans le reportage, c’est exceptionnel. Il y a des spécialistes de partout pour s’occuper de vous à l’hôpital, on pourrait difficilement faire mieux. Et puis du jour au lendemain, c’est le retour à la maison et là, la famille doit assumer le quotidien avec ses moyens et ses possibilités d’organisation. Autant dire que c’est pas simple à gérer. La famille d’Isabelle décrivait les difficultés pour obtenir un aménagement adéquat de leur appartement ce qui est quand même la base vu le handicap d’Isabelle. Il me semblerait normal que l’assurance prenne en charge les frais d’aménagement dès que la sortie est envisagée afin que cela soit fait bien en amont de cette sortie. Et puis on peut imaginer que les assurances prennent également en charge une aide à domicile tant que c’est nécessaire, il me semble que l’on paye des primes suffisamment élevées pour cela. En outre, cela sera bon pour la baisse du chômage.

En tout cas, chapeau bas à la famille d’Isabelle pour son courage, c’est beau. Vous me direz qu’ils n’avaient pas le choix. C’est vrai mais bon, chapeau quand même!

Plus tard dans l’émission, la question de l’indemnisation des victimes était abordée. Un avocat dénonçait alors le fait qu’une victime d’un milieu modeste serait moins indemnisé qu’une victime d’un milieu aisé car dans l’indeminisation, on évalue, outre la prise en compte de l’impact du handicap, la perte de chance. Et donc, on va chercher à compenser ce qu’aurait perdu l’enfantd’ouvrier destiné probablement à une carrière d’ouvrier et l’enfant de polytechnicien lui même destiné à une brillante carrière. Et là, grand numéro du directeur de la communication d’Axa qui nous dit que cela fait 18 ans qu’il travaille dans les assurances et qu’il n’a jamais entendu parler de ces pratiques. Là bien entendu, je m’étouffe. C’est vraiment du grand foutage de gueule. Que les assureurs aient des pratiques borderline, c’est une chose. Qu’ils ne l’assument pas et le nient malgré l’évidence, c’en est une autre.

Je ne suis vraiment pas très fan des assurances. C’est un peu comme Total. Pour moi les assurances sont un mal nécessaire, un peu comme l’essence de Total. Il faut régulièrement passer à la caisse, ça coûte toujours plus cher même s’il n’y a aucune logique derrière tout cela. Les assureurs se font plein de blé mais lorsqu’il s’agit d’indemniser, là il n’y a plus personne. On commence par sortir l’expert qui rendra ses conclusions quand il aura fini de les rédiger puis la lente machine judiciaire se mettra en branle et au bout de quelques années, c’est comme au loto, on touchera un petit chèque, sauf que là, on aurait bien aimé ne pas jouer! C’est cela qui est vraiment scandaleux dans l’affaire. Lorsque l’on paye les assurances, on ne leur demande pas une expertise pour justifier le montant des primes et la quantité des clauses suspensives. En revanche, lorsqu’il s’agit d’indemniser la victime, tous les moyens sont bons pour faire traîner la machine et limiter la casse.

Conclusion, si vous avez de l’ambition dans la vie ou que vous êtes en train de réussir, ne vous assurez pas chez Axa car en cas d’accident, vous ne serez pas indemnisés à votre juste valeur. En revanche, si vous êtes un jeune branleur fils de bonne famille, là foncez chez Axa car comme ils n’ont pas de barème, vous ne risquez rien, en cas d’accident, au pire, vous serez indemnisés comme le fils d’ouvrier.





2 commentaires pour “Zone Interdite sur les accidents de la route”
  1. boudet dit :

    Voila bientôt 10 mois que mon père est décédé c’était le 18 octobre 2009 dans un tragique accident de moto. A l’heure qu’il est aucune date de procès est fixé et il nous reste qu’a espérer qu’il nous arrive rien sinon on va se retrouver a la rue et ce qui me dégoûte le plus c’est que les coupables enfonce les victimes comme c’est le cas pour mon père et ils ont même pas le courage d’avouer leurs torts c’est tellement plus facile d’enfoncer une personne décédé qui ne peut rien prouver et de laisser une famille dans la peine sans que justice soit faite. Et imaginer les chacals que peuvent être nos assurances ils plafonnes les indemnités et sa couvre pas la totalité des frais que cela engendre(frais de succession,frais d’obsèques et pire encore les crédits d’une maison pas fini de payer) mais sa il faut le voir pour le croire. Mais ce qui me fait doucement rire en particulier c’est que l’affaire betancourt on en entend parler tout les jours et je trouve sa ignoble qu’il encombre les tribunaux alors qu’il n’y a visiblement pas mort d’homme et qu’il y a des chose beaucoup plus grave comme la mort d’un homme

  2. Olivier dit :

    La vie est par essence injuste. La justice est comme la vie, imparfaite et injuste. Face aux assurances, c’est malheureusement souvent le pot de terre contre le pot de fer. Essayez de vous faire aider par des associations de victimes, elles ont l’habitude.

    Bon courage!



L'autre monde | Thème liquide par Olivier