15
Jan
10

« Bright Star », un message de délicatesse et de poésie dans un monde de violence





Je passe la parole à Veaceslav pour une note sur « Bright Star ».

Hier, au cinéma MK2 du canal de l’Ourcq, nous avons choisi « Bright Star », en français l’étoile brillante.

De la douzaine de films projetés, c’était celui qui attirait le moins de clients! Contrairemnt à Avatar, Black Dynamite, La merditude des choses,Max et les maximonstres: la violence et la vulgarité attirent les foules!

Et juste avant la projection de « Bright Star », un déferlement d’images précipitées de meurtres, d’agressions, de hurlements, de bruit étourdissant, de sang, de délire, de dessins animés hideux, d’arnaque, d’ insultes. On s’étonne que les enfants et les adolescents des écoles remplacent le dialogue par le racket, la violence, voire le meurtre!

Après ces préludes insupportables, qui excitent les instincts les plus bas et entraînent le public vers le retour à la barbarie, le film est rafraichissant.

On savait Jane Campion experte à dépeindre la beauté des paysages, la délicatesse des sentiments. Bright Star, c’est l’histoire du grand poète romantique anglais John Keats, mort de la tuberculose à 22 ans. Il vit un amour partagé avec une couturière du bocage. Comme souvent, hélas!, la souffrance de la maladie et de la mort accompagne cet amour magnifique qui la sublime. Comme l’écrit Franz-Olivier Giesbert, l’amour – trop souvent! – ne va pas sans souffrance. Mais la souffrance peut susciter et exalter l’amour.

Les deux acteurs sont admirablement dirigés. Tout ce qu’ils expriment est délicat, subtil, suggéré. L’amour les transfigure, dans un décor de verdure et de fleurs, qui rappelle un très beau film des années 60, sur le même thème: Elvira Madigan. Même en version originale, la musique et les images que suscitent les vers de Keats bercent le spectateur.

J’espère que le public reconnaîtra la beauté de ce film, comme il a apprécié les choristes. J’espère que des jeunes iront voir Bright Star et seront sensibles à la délicatesse des sentiments, à une vision de l’amour qui grandit au lieu d’abaisser. Ils étaient presque absents dans la salle!





Un commentaire pour “« Bright Star », un message de délicatesse et de poésie dans un monde de violence”
  1. Gilles dit :

    Mettre « Max et les maximonstres » dans la même phrase que « violence et vulgarité, faut le faire 🙂
    Tes invités se surpassent (même si Médor reste mon préféré 😉 )…



L'autre monde | Thème liquide par Olivier