28
Nov
05

En France, le chômage est t’il un frein à l’emploi?





Hier soir, j’ai vu l’émission Capital sur M6. Les sujets du jour étaient l’emploi et le chômage. Il y avait au début un premier reportage particulièrement choquant sur les abus. On y voyait un jeune homme qui profitait de sa période de chômage pour faire le tour du monde. Ensuite, on voyait comment certains escrocs utilisaient des faux chômeurs pour toucher de vraies allocations. Bien entendu, ces phénomènes sont très marginaux (0,5% de personnes rayées des listes en 2004 apparemment). Ceci dit, au delà de cela, j’ai été très choqué de voir la manière dont sont organisées l’Assedic et l’ANPE.

Tout d’abord, lorsqu’on s’inscrit, il suffit juste d’avoir une attestation de l’employeur et quelques bulletins de salaire. Il n’y aucune vérification faite auprès de l’employeur ou des services fiscaux pour voir que d’une part l’employeur a bien employé la personne et que d’autre part, ses salaires ont bien été déclarés au fisc. Nous sommes en 2005, à l’heure d’Internet, je suis très étonné qu’un recoupement aussi simple de fichiers informatiques n’existe pas. Du coup, quelques escrocs volent l’argent des français.

De plus, le contrôle sur les chômeurs est vraiment léger. Il suffit de se présenter à l’entretien qui a lieu une fois tous les six mois environ (cela devrait être une fois par mois en 2006). La personne pose deux-trois questions pour voir si la recherche d’emploi avance et ça suffit. Nul besoin de justifier qu’on a passé des entretiens ou que l’on recherche vraiment. Là encore, je pense qu’il faudrait appeler les entreprises ayant reçu en entretien la personne pour savoir comment s’est passé l’entretien et pourquoi la personne n’a pas été retenue, cela permettrait d’affiner la recherche, de recentrer le candidat mais aussi de mettre un peu plus de pression sur ceux qui se tournent les pouces.

Attention, je ne veux pas par cette note stigmatiser le comportement des chômeurs et tous les mettre dans le même panier. C’est dur d’être au chômage. Maintenant, je reproche au système de ne pas être très encourageant et motivant. Le chômeur est livré à lui même. Du coup, les motivés s’en sortent tant bien que mal et les pas motivés attendent chez eux que cela se passe. On voyait un haut fonctionnaire dans le reportage dire quelque chose comme : « nous, nous sommes là pour payer le chômage, pas pour fliquer le chômeur ». Oui, sauf que moi, quand je donne de l’argent à quelqu’un, j’attends toujours un minimum de justifications en retour, surtout lorsque cet argent n’est pas le mien mais celui de la communauté. Et bien non, on voyait des fonctionnaires tranquillement en train de remplir quelques formalités administratives et puis après, que le chômeur retrouve un emploi ou pas, après tout, c’est le problème du chômeur à la fin de la journée, pas le leur…

Il faut réformer le système des deux côtés. Tout d’abord, l’ANPE doit avoir des objectifs de résultats et non plus des objectifs de moyens. Il faut que chaque conseiller de l’ANPE soit payé en fonction du nombre de personnes qu’il réussit à reclasser, comme cela se fait dans le privé dans les agences d’intérim. Le conseiller de l’ANPE doit être moteur. Il est censé connaître le monde de l’emploi, il doit faire comprendre au chômeur que son intérêt est de retourner au plus vite dans le monde de l’emploi, pour son bien et celui de la société. Ensuite, il faut révolutionner l’état d’esprit d’une minorité de chômeurs qui pensent que le chômage est un dû. On ne doit pas se dire qu’on peut rester au chômage pendant des années sous prétexte qu’on a cotisé au préalable pendant longtemps. Il faut réhabiliter les vertus du travail. Le travail est un moyen de se développer personnellement. C’est aussi un moyen d’obtenir une reconnaissance individuelle au travers du collectif. Enfin, rester au chômage, c’est déstructurant, au bout de quelques mois, on tourne vite en rond et on a plus la motivation, c’est là que l’ANPE doit être là pour redonner confiance et motiver!

Le chômage coûte très cher à la France, il faut donc qu’il diminue. Certains secteurs d’activité ont des problèmes pour trouver des employés. D’autres secteurs souffrent d’un déficit d’image. Enfin, pour certains, être au chômage est plus rémunérateur que travailler, tout cela doit changer. L’emploi crée la croissance qui crée l’emploi ce qui au final fait diminuer le chômage. Il faut sortir du cercle vicieux pour rentrer dans un cercle vertueux.





Un commentaire pour “En France, le chômage est t’il un frein à l’emploi?”
  1. Draky dit :

    Faudrait peut-être aussi augmenter le nombre d’agents ANPE non ?
    Faire en sorte que chomeur, ce n’est pas mieux payé que travailleur.
    S’inspirer réellement du Danmark ? (où les charges sociales et les impôts sont beaucoup plus élevés pour un « meilleur » chômage)…



L'autre monde | Thème liquide par Olivier