14
Mar
09

Les petits boulots d’Envoyé spécial





Jeudi dernier, l’émission Envoyé Spécial nous a gratifié d’un reportage particulièrement choquant sur les petits boulots. On y voyait quatre personnes réinsérées dans la vie active suite à une longue période de chômage grâce à ce que le reportage appelait un petit boulot.

Le premier faisait régulateur des flux sur les quais du RER (il empêchait les accidents avec des personnes tentant d’entrer au moment de la fermeture des portes). Le second vendait des journaux à la criée dans une gare parisienne. La troisième était pompiste. Et la quatrième gérait le stationnement des véhicules sur un parking public. Ce qui m’a touché dans ce reportage, c’est le courage et la motivation de ces personnes pour s’en sortir. Ils faisaient des métiers assez difficiles, pas très enrichissants d’un point de vue intellectuel mais tous faisaient contre mauvaise fortune bon coeur. Ils étaient contents de travailler, d’être utiles et de gagner leur vie grâce à ce métier.

Et là, aussi incroyable que cela puisse paraître, en dépis de tout bon sens, le journaliste avait un ton extrêmement négatif leur demandant comment ils pouvaient accepter de faire cela, ironisant sur le fait que ce n’était pas un vrai boulot. J’ai trouvé cela vraiment insupportable. Au lieu de valoriser l’image de ces personnes qui se donnent du mal pour s’en sortir et y parviennent grâce à leur travail, la trame de fond du reportage était : « avec la crise, les gens sont obligés d’accepter n’importe quoi comme boulot, c’est vraiment pas une vie, ils auraient mieux fait de rester au chômage ». C’était insultant pour ces personnes et leur métier.

Il n’y a pas de petits métiers! Il n’y a que de petits esprits, comme ceux des journalistes ayant fait ce reportage scandaleux. Ils feraient mieux de se poser des questions autour des personnes qui ne font rien pour s’en sortir plutôt que de montrer du doigt ceux qui prennent leur destin en main et se donnent du mal. Moi je leur tire mon chapeau à ces gens là, c’est courageux vu leur parcours d’avoir la force de se remettre en cause pour accepter un job difficile plutôt que de rester au chômage. Ils démontraient une motivation sans faille, toujours avec le sourire alors on n’a pas le droit de dénigrer leur métier comme c’était fait dans ce reportage car ils sont bien plus utiles à la société que ces pseudo journalistes qui font leur beurre sur le dos de la crise.

Pour conclure, j’en ai vraiment marre de payer ma redevance pour financer ce genre de reportages. Lorsque la télévision publique se fait l’écho de l’extrême gauche, c’est la démocratie qui est bafouée! En période de crise, ils feraient mieux de valoriser et mettre en avant les bonnes initiatives pour s’en sortir. On voit bien là le but à peine voilé de ce genre de reportages : entretenir l’idée de précarité dans l’inconscient collectif. C’est le journalisme de la peur. Mais rassurez vous, sur France 2, ils ne connaissent pas la précarité…





10 commentaires pour “Les petits boulots d’Envoyé spécial”
  1. Medorius dit :

    Je suis d’accord avec toi, Olivier. Celà devient difficilement supportable de voir les journalistes nous déverser les crimes, les horreurs, les drames et presque jamais les réussites, le courage, les exemples, les atouts de la France.
    Dans ton commentaite à propos de ceux qui acceptent des « petits boulots »,tu dérives, n’est-ce pas Pascal?, à propos de la Guadeloupe,pour hurler, alors que tu pourrais te réjouir de l’accord intervenu, même s’il ne résout pas tout. J’attend donc avec interêt tes propositions.

    Il y a aussi, n’est-ce pas Gilles?, des jeunes qui sont heureux de travailler dans la restauration ou dans l’artisanat (il y a de nombreuses places à pourvoir!)et qui apprécieraient peu que tu les considères comme des esclaves.

    Si vous voulez changer la société, comment, à propos?, commencez par changer vous-même. La rancoeur, la stigmatisation de l’autre, la haine mènent à la dissolution du lien social,à la violence.

    Un vent de récrimination, de haine tous azimuths, de haro systématique sur un bouc émissaire,qui n’est pas plus responsable de la crise que les autres chefs d’Etat, se répand dans ce pays. Oui, la crise est là, mais le comportement gaulois râleur aussi. Car je n’observe pas la même attitude, au moins au même degré, chez nos voisins.
    Et le pire, il n’y a qu’à lire les commentaires de ton blog,saturé d’agressivité, à la limite de l’insulte, vis-à-vis du gouvernement (toute réforme declenche la grève)mais jamais ou presque -tu fais exception – de propositions!

    Dans ces conditions, j’augure mal – hélas!- de la capacité de la France de restaurer sa compétitivité, donc le pouvoir d’achat des Français.

    Pour ne pas subir la même critique que j’évoque, voici ma proposition: la réforme de l’enseignement, pour corriger cette honte des 20% d’élèves qui entrent illetrés dans le secondaire, une orientation qui dépende des atouts et des limites de l’élève et évite l’accumulation d’étudiants dans des filières ou ils échoueront ou deviendront chômeurs. Regardons comment font les autres, puisqu’ils font mieux. Mais celà passe par l’exigence et non « il est interdit d’interdire! ». Il suffit d’observer comment font les Finlandais, premiers de la classe européenne.
    Mais les résultats sont à long terme! Donc, ne tardons pas!

  2. Olivier dit :

    Tout à fait d’accord avec toi mon cher Médorius!

  3. Gilles dit :

    Il est balaise Médor, Pascal et moi n’avons pas commenté ce billet mais il sait ce qu’on va dire 🙂
    Medor(ius), il ose tout, c’est à ça qu’on le reconnaît 🙂
    Evite de m’insulter, sinon je te reconnaîtrais vite 😉
    Trêve de blabla, je n’ai pas vu Envoyé Spécial (je suis devant la TV après 21h en général, rarement avant) donc je ne commente pas.
    Je dirais juste que je suis content de payer la redevance quand je regarde, en ce moment, F2 le mardi à 20h35 (vive le magnéto virtuel), pour le reste, à part les infos un peu…
    Ha et si je dis quand même en rapport avec ce billet : les gars (Olivier et Médor), je parie que vous ne faites pas de « ptits boulots » ET que vous n’en n’avez jamais eu (obligation) à faire, pour vous exprimer ainsi.
    Rira bien qui rira le dernier 🙂
    Ouaf.

  4. Olivier dit :

    Tu te trompes, des « petits boulots », j’en ai fait régulièrement l’été quand j’étais plus jeune. Cela m’a appris deux choses : la première, c’est qu’il faut respecter les gens qui ont le courage de les faire car ce n’est pas facile et la seconde, que cela vaut la peine de faire des études pour avoir la chance de faire autre chose. Je ne dénigre pas pour autant ces boulots qui sont utiles et souvent difficiles.

  5. babeuh dit :

    T’as raison de douter sur le fait de payer une redevance pour ce genre de sujet mais de là à dire que la télévision publique se fait porte parole de l’extrême gauche, je pense que c’est pas justifié. Je dirais plutôt que c’est encore cet audimat et cette recherche d’audience, cette concurrence effrénée pour retenir le pékin moyen devant sa lucarne qui motive les journalistes à faire du misérabilisme. Et à savoir, dans Petits Boulots, ce qu’il y a de dégradant c’est le petit salaire, l’absence d’évolution, le manque de reconnaissance et la précarité du poste. Mais des petits boulots, chacun peut définir le sien, un salarié de chez Renault qui finit sa carrière à 1200 euros net, c’est pas un grand boulot pour moi. C’est de l’escroquerie légalisée par un contrat CDI.
    Qu’on ne m’accuse pas de ne pas savoir de quoi je parle, j’en ai collectionné des petits boulots avant de reprendre des études.
    Je suis d’accord avec toi : il n’y a pas de petits boulots, il n’y a que des petits esprits.

  6. Olivier dit :

    @Babeuh : merci de ta visite et de ton commentaire. Pour moi, la télé publique se doit d’être exemplaire dans la mesure où elle est financée par des fonds publics. Alors jouer ce genre de discours en période de crise, c’est grave…

    Petit ou grand boulot, chacun voit midi à sa porte mais beaucoup de gens sont contents de pouvoir bosser même si leur job est purement alimentaire. Tout le monde ne peut pas être Zinédine Zidane…

  7. Medor dit :

    Interessant, la réponse de Gilles, qui se sent insulté parce que j’accepte mal qu’il considère les petits boulots comme dégradants et ceux qui les font comme des esclaves. Qui insulte? C’est la paille et la poutre!
    Quant au procès d’intention, pour éviter le débat, c’est une technique risquée. J’ai fait un stage ouvrier dans mon adolescence, je sais ce que c’est que le travail de nuit et de week-end, même à plus de 60 ans et je crois préférable, à la retraite, de travailler bénévolement et de créer des emplois, donc de rendre ce qui m’a été donné, le privilège de pouvoir faire des études.

  8. Gilles dit :

    Me souviens même plus de ce que je disais mais bon insulté par Médor, c’est pas trop grave, ça va pas plus loin que ces réflexions 🙂

  9. Anne dit :

    Je l’ai vu ce reportage et je l’ai trouvé très intéressant !
    Moi même, depuis environ 15 ans , je fais des petits boulots , entre CES, CDD , APE , assedic ect… et il en faut du courage pour tenir (car on est pas reconnu) ! Mais bref , ces petits boulots ne restent que des petits boulots sans lendemain car toujours pas de CDI à l’horizon !
    Elle ne m’étonne pas la crise , je l’ai senti arriver depuis quelques années !
    L’avantage des petits boulots , c’est de profiter de périodes de chômage, comme là, je fais les travaux de la maison depuis janvier 2009 , que du bonus car je touche mes allocations chômage et après le déménagement , cet hiver, je vais rechercher un nouvel emploi !
    Et puis des petits boulots , il va y en avoir de + en + , la crise va aggraver la précarité !
    Et puis comme tu dis , ce n’est pas parce que l’on fait 1 petit boulot que l’on est illettré , nombreux sont ceux qui on fait des études !
    Ton blog est très intéressant , alors je vais te rajouter dans mes balades !
    Bonne soirée Olivier !

  10. Olivier dit :

    Merci Anne, c’est gentil!



L'autre monde | Thème liquide par Olivier