Scène de la vie quotidienne…


Ce soir, je rentrais de Blois à Paris par le train. Départ différé de 30 minutes, bravo la SNCF! Je m’installe dans un compartiment où un jeune homme d’origine africaine est déjà installé, près de la fenêtre. Le train part enfin. Quinze minutes avant l’arrivée à Paris, le contrôleur du train arrive dans notre compartiment. De bonne humeur, je décide de m’abstenir de l’agresser verbalement pour lui demander comment je peux me faire dédommager par la SNCF pour les 30 minutes de retard sur un trajet d’une heure et demi. Je lui tends donc mon billet spontanément, il le troue et se tourne vers le jeune africain. Il lui demande son billet, le jeune répond avec un grand sourrire amical qu’il n’en a pas. Le contrôleur lance de manière fataliste : « Evidemment, bon montrez moi vos papiers. ». Le jeune sort alors de sa poche quelques photocopies de papiers provisoires délivrés par une ambassade ou une préfecture (je ne sais pas trop). Le contrôleur inspecte les papiers et s’exclame : « Mais ce n’est pas vous sur les papiers ». Le jeune rigole, fait mine de ne pas trop comprendre ce qui lui arrive. Le contrôleur sort furax du compartiment avec les papiers du jeune. Il revient quelques minutes après, lui fait signer un papier (probablement un reçu de contravention) et lui lance pour conclure : « Il n’y a pas besoin d’être un abruti pour se rendre compte que ce n’est pas vous sur les papiers ». Le jeune sourit et l’échange se termine.

J’ai songé à m’interposer pour remettre le contrôleur à sa place. Je pensais lui dire : « Ecoutez, vous n’allez pas emmerder ce pauvre sans papiers, c’est le rôle social de la SNCF de véhiculer les personnes, avec ou sans papiers. Tout comme c’est le rôle de la SNCF de fournir un emploi à des tocards comme vous qui n’avez d’autre ambition dans la vie que d’être à la limite de l’humiliation et du racisme avec vos clients. ». Et puis, je me suis abstenu. Je me suis dit que ce n’était pas approprié, que cela risquait de mal se terminer et que ce faible QI ne méritait pas que j’use ma salive pour lui faire la leçon.

Ceci dit, cela pose le problème du rôle de la SNCF par rapport au transport. Est ce que la SNCF doit transporter tout le monde, qu’il paye ou non? Je ne crois pas. Mais alors, pourquoi est ce que la SNCF ne met pas en place un système de contrôle préventif en amont avant de monter les trains plutôt que de faire de la répression bidon dans les trains. Je crois que c’est parce que la SNCF se doit socialement de transporter tout le monde, ils font un peu de répression pour le principe mais cela ne va pas loin et cela ne sert à rien. Du coup, ils feraient mieux de s’abstenir…




7 commentaires pour “Scène de la vie quotidienne…”
  1. Draky dit :

    La SNCF est une entreprise, son rôle est le transport de passager.
    Le social, je ne vois pas en quoi il devrait y être.
    Et au passage, c’est toi qui paye en partie le billet du passager.
    Après, chaque entreprise a son lot de cons.
    J’en ai dans la mienne (et ce n’est pas une entreprise privée)…

    Sinon, la SNCF dédommage s’il y a plus d’une heure de retard je crois.
    Quand tu achètes un billet, c’est un contrat que tu acceptes dont celui de laisser la SNCF « pas responsable » pour les retards…
    Et je rappelle que si tu payais le vrai prix de revient du billet… ça serait 2x plus cher ;)

  2. Olivier dit :

    Cela serait peut être 2x plus cher mais je payerais en moyenne chaque année de 250€ d’impôts en moins (moyenne sur chaque contribuable de l’impôt SNCF)…

  3. Jules dit :

    D’accord avec Draky, la SNCF n’a aucun rôle « social ». J’imagine qu’il n’y a rien de tel dans ses statuts…

    Et il existe des lois dans notre République : les transports ne sont pas gratuits, il faut avoir un ticket de transport valide pour les enprunter.
    Ce contrôleur de la SNCF aurait dû contacter la police et celle-ci aurait dû intercepter le contrevenant à la première station…

    On penser ce que l’on veut, nous sommes en République, il y a des lois, il faut les respecter. Ce ne sont pas les lois d’un Ett autoritaire fasciste ou je ne sais quoi, mais des lois votées par le Parlement. C’est aussi cela le « vivre ensemble », la sauvegarde du « lien social », etc : respecter la loi, et faire respecter la loi.

  4. Olivier dit :

    Je pense que la SNCF a un rôle social plus ou moins clairement enraciné dans son histoire, dans son lien avec l’Etat. Je ne dis pas que c’est justifié, je crois que c’est incompatible avec la nécessité d’un rendement minimum mais c’est un constat que je fais, que je déplore aussi…

    Si la SNCF était une entreprise privée, elle aurait une attitude bien différente à bien des égards. Etant sous la coupe de l’Etat, elle conserve un rôle social menant à des situations tordues comme celle décrite ci-dessus.

  5. Draky dit :

    Vu que le rôle social de l’Etat change d’un gouvernement à l’autre…
    Si la SNCF était privée, le prix du billet serait plus cher, les trains/rails moins entretenus, les cimetières plus remplies (nos amis anglais te le confirmeront)…
    Sinon je pense qu’entre « avoir un rôle social » et « traiter un passager avec un a-priori négatif » il y a une marge, que ce contrôleur aurait pu utiliser…

  6. Olivier dit :

    Tout à fait, c’est ce que j’ai voulu souligner dans l’article, le délit de faciès…

  7. Nonox dit :

    Moi je suis d’accord pour dénoncer le délit de faciès ! intolérable

    mais je défends aussi la Sncf trop souvent au centre des attaques de déçus du transport ou autres services publics.

    d’une certaine manière c’est un objectif du gouvernement de droite de s’arranger pour provoquer les grèves et brider le public contre la sncf ; ainsi ça sera plus simple de privatiser avec le peuple et l’état main dans la main.

    mais comme le soulignent certains les prix augmenteront de toutes façons pour améliorer la rentabilité et ceux qui ont les plus petits moyens ne prendront plus le train !

    la fracture sociale aussi dans les transports donc…

    si c’est ce monde là que vous voulez…



L'autre monde | Thème liquide par Olivier