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Oct
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Surcouf, c’est fini





Ah Surcouf, c’est toute ma jeunesse. Alors quand j’ai appris hier soir que la célèbre enseigne allait fermer, ça m’a filé un coup de vieux. Surcouf, j’ai été un de leurs premiers clients, lorsqu’ils étaient Boulevard Voltaire à Paris dans les années 90. J’étais fasciné de voir qu’on pouvait consacrer une surface aussi grande à la micro informatique, cela me semblait être à la fois très précurseur et visionnaire à l’époque où les grandes surfaces n’étaient pas ce qu’elles sont aujourd’hui.

J’étais très intéressé par la technologie à l’époque, un vrai geek. J’avais l’impression que mon PC serait bien plus rapide en passant du Pentium 4 au Pentium 5. Les jeux vidéos étaient alors sur des disquettes 3″1/2. Le vendeur du stand jeux vidéos de Surcouf était un brave type, un supporter du PSG qui avait fini par coller des affiches derrière son stand à la gloire de ce grand club. Je l’avais même vu deux-trois fois s’époumoner au Parc. A chaque fois que je lui demandais si un jeu était bien, il me répondait : « ah non mais attends là, ce jeu, c’est le hit de l’année, c’est la dernière nouveauté, c’est une tuerie. Et puis, je vais te dire, il m’en reste que deux et ça part comme des petits pains depuis ce matin, alors vas y parce que y en aura pas pour tout le monde! ».

Surcouf, c’était aussi une certaine notion du SAV et du service client. J’en ai fait l’amère expérience à quelques reprises. Une fois, un vendeur m’avait survendu un produit en me promettant des caractéristiques qu’il n’avait pas et comme Internet n’existait pas à l’époque, j’avais vite déchanté en commençant à l’utiliser. J’avais fait un scandale et je me souviens de la réaction du responsable de l’époque : « écoutez Monsieur, ici, on est pas là pour faire des cadeaux aux clients, nous sommes une entreprise commerciale! » Et comme j’avais un peu ronchonné. Il avait dit à son collègue : « Vas-y Maurice, donne lui un pin’s Surcouf, ça va lui faire plaisir ». Sans commentaires…

Une autre fois, un vendeur m’avait vendu une carte mère, soit disant le top du top. Je mets le processeur dedans, ça rentre pas bien. Je force un peu et crac, le levier en plastique est pété. Une carte mère à 900 francs, j’étais fou. Je retourne au magasin et le gars me dit après 45 minutes de queue au SAV : « ah non mais là on peut rien faire monsieur, vous l’avez explosé, Asus nous la reprendra jamais! Mais si vous voulez, allez en acheter une autre et je vous monte le processeur dessus ». Sans commentaires…

Globalement, j’achetais quand même très souvent chez eux jusqu’à ce que je découvre Materiel.net qui est maintenant ma boutique fétiche pour les composants PC, ce sont les meilleurs et de loin. Donc j’ai épuisé quelques PC achetés chez Surcouf. J’appréciais le côté « salon de l’informatique » où il y avait plein de marques différentes et on pouvait choisir vraiment ce qu’on voulait. J’appréciais beaucoup moins leur succès car depuis qu’ils étaient Avenue Daumesnil, à chaque fois que je voulais y aller, je tournais pendant une heure pour trouver une place pour me garer, l’enfer! Et puis les magasins chinois ont poussé comme des champignons autour et ont bouffé une partie de la clientèle, à l’image de ce qui se passe aujourd’hui dans d’autres pans de l’économie française. Ce phénomène était d’ailleurs stupéfiant. Ils s’ouvraient des magasins de 10m² chaque semaine à une période. Mais bon, la qualité était assez aléatoire et le SAV, n’en parlons pas (j’ai des sacrés souvenirs de LCDI).

Enfin bon, voilà, la fermeture de Surcouf, c’est symptomatique d’une entreprise qui a raté le virage d’Internet et s’est retrouvée dans le fossé numérique. C’est triste car à une époque, c’était vraiment une référence, une vraie success story. Mais c’est ainsi, dommage…





2 commentaires pour “Surcouf, c’est fini”
  1. Medorius dit :

    Le service après vente est un critère essentiel de qualité et de confiance. Ce n’est pas un scoop, mais les services publics, comme les entreprises privées et aussi les employés, dont la responsabilité n’est rarement mise en cause (ce sont toujours les patrons qui sont accusés!) feraient bien d’y faire attention.
    Histoires vécues:
    Allez donc demander à Peugeot de venir réparer votre pare-brise vandalisé? Mieux vaut appeler Carglass!
    Allez donc demander un rendez-vous rapide de spécialiste dans un hôpital de l’Assistance Publique, sans être obligé de recourir au service privé avec les dépassements d’honoraires non remboursés?
    Allez donc demander à France Télécom de réparer un bug, sans risquer d’y perdre votre journée et de vois toutes vos installations bloquées par les conseil d’un « technicien » délocalisé gentil mais incompétent.
    Les trains et les métros sont sales, en retard ou en grève.

  2. Gilles dit :

    Perso, j’ai acheté un seul truc chez eux : mon premier lecteur CD-Rom 2x 😀
    Après, j’ai découvert les chinois tout autour 😉



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