13
Oct
08

Zone Interdite sur l’autisme





J’ai regardé hier soir comme presque tous les dimanche soirs M6. L’émission du jour était Zone Interdite consacrée à l’autisme. En France, entre 100.000 et 600.000 personnes (suivant les sources) seraient touchées à divers niveaux par l’autisme. C’est un handicap très lourd mais relativement ignoré du grand public car il est vrai que l’on ne croise pas souvent des autistes en société, leur handicap limitant grandement les interactions sociales.

Comme d’habitude, les différents reportages étaient très bien faits. Il mêlaient une certaine émotion sans sombrer dans un voyeurisme malsain. On y découvre plein d’aspects de l’autisme et notamment la grande variété des troubles possibles d’un autiste à un autre : ainsi certains ne parlent pas, d’autres s’expriment avec une grande difficulté et d’autres ne présentent pas de graves troubles en apparence.

J’ai été saisi par le courage de ces familles. On sentait une grande complicité avec leur enfant malgré les difficultés à communiquer. Les autistes ne sont pas clairement pas des débiles mentaux comme parfois on a pu les présenter. Ils sont enfermés dans un monde intérieur dont ils sont les seuls à détenir les clés. J’ai également été impressionné par la patience du personnel soignant qui s’occupait des autistes, quelle patience!

Le plus choquant dans cette affaire, c’est le faible niveau de la prise en charge de l’autisme dans notre pays. Alors que l’on dépense des fortunes pour fournir des logements à certains cas sociaux, on laisse la plupart du temps les familles d’autistes livrées à elles mêmes. Songer qu’il n’y a que 400 places en centre d’accueil pour les autistes. 400 places pour une population d’au moins 100.000 autistes, n’est ce pas une honte? Même les prisons n’ont pas un tel problème de surpopulation.

On laisse reposer sur certaines familles le poids terrible de cette maladie en se disant toujours : « ça n’arrive qu’aux autres ». Cependant, avec plus de 100.000 cas d’autisme en France, on peut imaginer qu’un jour ou l’autre, de près ou de loin, chacun peut y être confronté. L’Etat doit assumer un rôle qui est majoritairement pris en charge par des associations aux moyens très limités.

Pour finir sur une note positive, si je puis dire, il y avait un reportage sur des personnes atteintes du syndrome d’Asperger. C’est une forme d’autisme un peu particulière où la personne présente un intérêt et une capacité exceptionnels pour un sujet. Ainsi, on découvrait un passionné d’architecture, un mathématicien informaticien parlant une dizaine de langues et un étudiant en philosophie. Tous présentaient des capacités exceptionnelles, très largement supérieures à la moyenne. Ils avaient un côté très attachant dans leur manière d’être et de s’exprimer. On comprenait assez vite leurs difficultés à s’insérer dans la société du fait de leur discours et de leur comportement difficile à appréhender pour le commun des mortels. Ils présentaient de légers troubles de la parole et étaient dans une routine rassurante et indispensable pour eux. Ils avaient du mal avec certains bruits. On en voyait notamment un souffrir en silence dans le métro, c’était saisissant.

Ce reportage sera rediffusé mardi soir en deuxième partie de soirée et sur M6 Replay pendant une semaine.





19 commentaires pour “Zone Interdite sur l’autisme”
  1. devaine dit :

    bonjour,

    nous avons regardé l’émission sur l’autisme et, notre fille de 6 ans passés souffre du symptome « Trouble envahissant du Développement » et donc elle est atteint d’un autisme léger mais, voilà, l’école ou elle va 3 h par semaine vient de nous dire il y a 15 jours : « Votre fille n’a pas les compétences d’un enfant de cp général » et, en tant que parents, cela fait très mal d’entendre ceci surtout de la part d’un directeur d’école alors que les gens devraient comprendre cette maladie, et bien, la preuve, il y en a qui ne le comprend toujours pas et qui en plus, sont méchants avec les parents.

    Sur Poitiers, quelles solutions ai-je pour l’an prochain hormis CLIS ou IME?

    Si vous en avez une réponse, doite le nous. Merci.

    Mais, l’émission était tout à fait exacte sur leur comportement mais, les parents sont très mal orientés dès le début.

    Aurevoir.

  2. Olivier dit :

    Bonjour,

    Malheureusement, je ne dispose pas des informations nécessaires. Je vous conseille de contacter une association et pourquoi pas « les amis d’Arthur » qui était citée dans le reportage.

    L’attitude de ce directeur d’école est un peu désolante mais malheureusement, ils ne sont pas formés pour appréhender ce genre de troubles donc ils font comme ils peuvent même si cela ne les dispense pas de faire preuve d’un peu d’humanité.

    Je sais que dans certains établissements scolaires, il existe des classes avec un rythme « adapté » et des enseignants spécialement formés. Peut être devriez vous regarder de ce côté là. Cela vous permettrait de laisser votre enfant dans une structure classique où elle serait normalement socialisée tout en bénéficiant d’un accompagnement adapté à son rythme et ses besoins.

    Quoiqu’il en soit, bon courage à vous!

  3. pascal dit :

    @DEVAINE
    Mon fils aujourd’hui agé de 13 ans souffre de troubles austistiques.
    Quand il a fallu admettre qu’il n’aurait pas une scolarité normale ce fut très dur à entendre.On a tenu bon jusqu’au CE2. Il est allé 2 ans en clis. Ensuite hopital de jour avec une scolarité limitée evidemment. Il sera intégré dans un IM pro en janvier pour y apprendre un métier.
    Tout ça pour vous dire qu’il faut aussi croire les professionnels quand ils vous disent que votre enfant ne peux pas suivre une scolarité normale.Le laisser peut le faire souffrir s’il se rend compte qu’il ne peux pas faire comme les autres.
    Ilfaut l’encourager,l’entourer et le soutenir.Mais pas absolument vouloir qu’il soit comme les autres si ce n’est pas le cas.
    Bon courage.

  4. Olivier dit :

    Merci pour ton partage d’expérience Pascal.

  5. Francois dit :

    ATTENTION, l’ecole ne peut refuser l’admission d’un enfant handicapé, du fait de son handicap. La loi protege nos enfants contre ces abus. Vous devez exiger une AVS (auxiliaire de vie scolaire) attitrée. Ca aussi c’est la loi. Nos enfants sont capables de suivre une scolarité « adaptée » avec beaucoup de stimulations. Il ne faut jamais lacher prise, ne pas ecouter les psys et faire confiance aux gamins. Ne jamais les mettre en echec. Mon fils Asperger de 16 ans est en college normal, il fait du kart, de l’aviron, de l’haltérophilie, il ecrit des nouvelles, il tient un blog, un forum internet. Il se déplace, va au café avec ses potes, joue dans un groupe de rock, etc…
    Ne jamais les abandonner aux tenant de l’autisme psy, c’est une regle absolue.
    Rapprochez vous d’Autisme France ou d’Asperger Aide.
    Soyez combatifs et confiants, nos enfants le mérite grandement.
    La France est un pays arriéré en matière d’intégration, souvent condamnée par les instances Européennes. Elle pratique l’exclusion systématique et la discrimination.
    Cette emission a eu le mérite de faire apparaitre cet etat de fait au grand jour!

  6. Olivier dit :

    Tout à fait d’accord avec toi François, merci pour ton message plein d’espoir.

  7. Gilles dit :

    Moi, dans cette émission, le coup de l’auxilliaire qui s’en va m’a fait penser aux propos tenus lors du débat télévisé entre Ségo et Sarko, à propos des aides et assistants dans les écoles.
    Je crois qu’il y a aussi un souci de rentabilité : on n’en forme pas car une personne pour s’occuper d’un handicapé, bof.
    Monde de merde.

  8. Olivier dit :

    L’auxiliaire en question arrêtait car elle voulait un job mieux payé je crois…

  9. pascal dit :

    @FRANCOIS
    On peut être d’accord avec toi evidemment.Je voulais simplement dire qu’il faut réfléchir à ce que l’on veut exactement? Le bonheur de notre enfant handicapé ou une image le plus comforme possible à la normalité (si cela à un sens ) ? S’il peut suivre et avoir des amis dans un collége classique,tant mieux.Mais avant tout penser à lui et SON bonheur,pas au notre.
    C’est comparable à vouloir absolument que notre enfant fasse un bac « S » alors qu’il serait plus a l’aise en faisant un BEP.toujours penser à LUI,c’est leur vie,pas la notre !!

  10. Gilles dit :

    Dans ce cas, Pascal, j’ai toujours dit que je l’orientrais selon ses choix. A condition qu’ils soient réfléchis 😛
    Avec un fils de 13 mois, ce genre de reportage fait un peu peur au passage.
    Et s’ilavait été diagnostiqué pendant la grossesse… je n’aurai pas eu le courage.

  11. pascal dit :

    Moi non plus je n’aurais pas eu le courage……
    Mais quand tu t’aperçois du probléme au alentours de 3 ans il faut faire avec..
    Et assumer.Les enfants ne demandent rien.Il ont juste droit au bonheur comme toi et moi….
    je n’aime pas trop ce genre d’émission à la télévision.
    Il font croire que tout est possible avec de la volonté..Ce n’est pas aussi simple.
    Et la majorité des cas est bien plus triste que cela.

  12. Gilles dit :

    Je te crois, on ne mesure pas le courage des gens.
    On a bien « les boules » sur des sujets de contrariétés envers les enfants (mon fils est enrhumé : il ne mange ni le midi ni le soir, heu à part attendre, je peux rien faire) du genre bénin alors quand c’est grave comme ça.
    En plus tu rajoutes une société inadaptée…

  13. Olivier dit :

    Bien que je n’ai pas d’enfant autiste (et pas d’enfant tout court), je me permets de donner mon modeste point de vue. Je pense que le courage face à une situation ne peut pas se prescrire à priori. La plupart du temps, si on te disait, tu vas vivre ça ou ça de terrible dans ta vie, tu te dirais : « oh non, jamais je n’y arriverai, c’est trop dur, trop injuste ».

    Et puis quand tu te retrouves face à la situation, c’est très dur mais la plupart du temps, tu arrives à vivre avec. Je ne dis pas que c’est une partie de plaisir, loin de là. Mais l’homme a une extraordinaire capacité d’adaptation aux pires difficultés.

    Après, il est certain qu’être confronté au handicap, qui plus est de son propre enfant, ce n’est pas simple à accepter puis à gérer. Cela fait relativiser un certain nombre d’autres difficultés du quotidien.

    Je me suis souvent demandé comment je réagirais si un jour j’attendais un enfant et qu’on lui diagnostiquait un handicap lourd. Je ne suis pas fan à priori de la sélection des foetus en fonction du handicap à venir, je trouve cela un peu contre nature de dire : « toi tu ne vivras pas car tu es comme ci et toi par contre, tu es le bienvenue ». Maintenant, quand on se retrouve face à la situation, je pense que cela doit être un choix atroce à faire et je suis bien incapable de dire ce que je ferais.

    Je n’ai pas trouvé que l’émission de M6 faisait croire que l’on pouvait résoudre l’autisme juste avec de la volonté. Le reportage semblait relativement réaliste sur l’ampleur des difficultés.

    Il est clair que l’on ne facilite pas la vie des handicapés dans notre pays. C’est un peu la double peine. Une honte dans un pays développé comme le nôtre…

    Je suis d’accord avec toi Pascal, il faut soutenir son enfant dans la voie qu’il souhaite et qui semble la meilleure pour son bonheur. Le Bac S n’est en rien la voie royale pour une vie idéale. C’est celle qui est véhiculée par les médias et soutenue par l’éducation nationale, incapable de valoriser correctement les autres filières mais pourtant, ce n’est pas la panacée, surtout lorsqu’on voit ce qu’on y apprend… Moi de ma scolarité de collège et de lycée, il ne me reste absolument rien, même pas des méthodes de travail car je ne foutais presque rien.

  14. devaine dit :

    rebonjour,
    voilà la réunion entre l’empe, l’école de ma fille, l’enseignante référente et les parents eu lieu ce matin même et, résultat qui nous ont sortis : la mettre en ime car notre fille est hyper active; en tant que parents, on ne voit pas le rapport; nous nous préférons une clis plutot qu’une ime car notre fille évolue très positivement alors, quel autre choix avons-nous? Les parents qui ont eu de telles réflexions, manifestez-vous svp.

  15. Olivier dit :

    Avez vous songé à partir dans une autre région où il y aurait une structure plus adaptée?

  16. devaine dit :

    coucou olivier,
    bien eu ton mes mais, désolé mon mari a un travail ici donc on ne peut pas partir ainsi alors, trouvez-nous une autre solution, svp.

  17. Olivier dit :

    Je ne sais pas trop ce que vous avez cru mais je ne suis pas vraiment en mesure de vous apporter une solution, tout au plus quelques suggestions. Après, il faut voir vos priorités…

    Bon courage.

  18. devaine dit :

    bonjour,

    je recherche des associations sur les TED aux alentours de Poitiers alors si certains parents veulent correspondre avec nous, c’est ok …car c’est vrai que l’handicap de notre propre enfant est dur à accepter.

  19. estelle dit :

    Evident que d’entendre que son enfant, de par son handicap, ne pourra suivre un cp,
    evident d’avoir du mal à accepter que son enfant est handicapé,
    évident d’entendre la colère des parents face à l’absence de structures adéquates à l’enfant handicapé,
    évident d’entendre la voix des enseignants, face à la difficulté de l’enfant handicapé dans sa classe, de ne pouvoir s’en occuper correctement,
    évident de comprendre la réticence des parents d’enfants non handicapés à avoir un enfant handicapé dans la classe de leur enfant et des troubles que cela occassionnne,
    évident d’entendre la crainte des parents face à l’avenir de leur enfant dans une société où la différence qu’elle quelle soit, se trouve inacceptée,

    … sans doute le plus évident, le constat que l’handicap, et ce depuis la nuit des temps et malgré une amélioration au cours des années, soit tabou…

    … a quand un véritable débat, tous problèmes confondus, autour d’une table, personnes concernées ou non, et autres…



L'autre monde | Thème liquide par Olivier